Entre ses mains || Broken Flowers
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Un autre film sorti tout droit du FNC en octobre dernier. Un film très attendu, dont j'avais entendu beaucoup de bien et qu'on avait même qualifié d'incontournable (petit clin d'oeil à Julie, ici, ma complice cinoche par excellence!!!).
D'où une partie de ma déception, probablement, soit de grandes attentes. Mais pas seulement. En fait, pour être très honnête et probablement fort humble (au sens d'amateure, je veux dire), je dois avouer être vraiment restée sur ma faim. Et sur la fin. À savoir, avec un sentiment de m'être endormie et d'avoir manqué les 40 (apparemment essentielles) dernières minutes du film. J'exagère un peu, mais ça, on le savait déjà!
Un film intéressant, certes, et qui nous tient/nous intrigue du début à la fin. Avec de très bon comédiens dans les rôles-titres, soient Daniel Auteuil (mais qui en fait un peu trop, à mon goût) et la belle Juliette Binoche (très juste), dans les rôles respectifs d'un intellectuel animant une émission de télé et d'une libraire, conjoints et parents d'un jeune garçon. Ils se mettent à recevoir de troublantes cassettes montrant essentiellement l'extérieur de leur maison familiale, puis des dessins mystérieux et même quelque peu lugubres.
Un film qui aborde le thème de la culpabilité, à travers celui de la violence, mais dont je n'ai pas trop saisi le chemin emprunté ou alors, la démonstration, disons. Comme si tout ce qui est suggéré, ou latent, se révèle en fait bien peu consistant versus ce que l'on présageait. Ou alors je suis trop entourée de cette même violence, je m'y suis fait et j'en suis maintenant sinon indifférente peut-être blasée?!? (j'espère que non!).
Les dialogues sont bons, le traitement est simple, la caméra complice de la tension et de l'intrigue. Mais à nouveau, comme un certain manque de conviction.
Reste que nous sommes ressorties de la projection pleines de questions, dérangées, troublées, même. Mais non sans une certaine appréciation, donc.
Réal.: Michael Haneke, France/Autriche/Allemagne/Italie, 2005.
publié le 24 février | 13h21
De mes yeux vu / Petite deception
Commentaires
Bon, je comprends ta réaction: j'ai été moi-même pour le moins perplexe à la fin du film quand on sort avec la nette impression qu'une résolution au conflit vient d'être escamotée. Encore un autre film européem 'weird' qui finit en queue de poisson. Or, là, je vais me permettre des divagations d'intellectuelle, mais ma première nette impression s'est subrepticement, mais rapidement, vue remplacée par une autre à savoir que le propos du film n'est justement pas la culpabilité, le passé caché que nous portons tous, mais plutôt que le film tentait une réflexion sur le pouvoir des images, sur la façon qu'elles ont de pénétrer dans nos vies et de nous envahir.
Deux fortes sensations visuelles me sont restées après le film: premièrement, le rôle joué par la télé, la publicité, bref, l'image, comme je le disais plus haut, dans la vie quotidienne. Daniel Auteuil joue après tout le rôle d'un journaliste télé qui travaille pour une émission dont le décor ressemble en tout point à son salon. Quand le couple constate que leur fils n'est pas rentré à la maison, ils ont une conversation étrange que le spectateur a peine à suivre parce que la télé est allumée et l'écran (et le son!) fait bloc entre les deux personnages. On se demande même si les images du bulletin de nouvelles n'auraient pas un rapport caché avec la conversation puisqu'elles l'enterrent presque. Quand Auteuil se promène dans la ville, on voit constamment des images publicitaires défiler sous nos yeux ce qui est d'autant plus dérangeant que la caméra est souvent fixe; les images ou panneaux publicitaires high-tech quant à eux bougent et distraient, détournent du vrai propos, semble-t-il.
La deuxième forte impression est le sentiment d'enfermement qui se dégage des lieux physiques, particulièrement de la maison qu'habite les personnages. Je n'ai jamais vu des gens triper autant sur des portes fermées. Tout le monde s'enferme dans ce film. Comme s'il y avait une contradiction intrinsèque à ce mode de vie: plus on s'enferme et on veut protéger son intérieur, plus on est envahi malgré nous par un monde extérieur menaçant qui n'a trouvé d'autres moyens pour nous envahir que la bande vidéo. D'où je crois l'inutilité de se creuser la cervelle pour déterminer mais qui diable a pu envoyer ces bandes vidéo. À la limite: who cares? Là n'est pas le propos selon moi.
Comme si Haneke (qui ne semble pas faire dans l'entertainment facile si je me fie à son film précédent, le joyeux et léger 'La pianiste') avait voulu se taper un trip de cinéaste qui livre au spectateur une intrigue plus ou moins bidon au premier degré pour se faire plaisir en misant sur le deuxième degré, véritable métalangage sur le cinéma. Pour la germanophile que je suis, rien d'étonnant: les Allemands (je pense à Wenders, Herzog) et Autrichiens donnant souvent dans l'übercérébral...
Écrit par: Sophie le 5 mars 2006 à 13h58
MY GOD! Venant de terminer l'écoute de la cérémonie des Oscars, tiens!, j'ai envie de te décerner le prix du commentaire le plus articulé/étoffé qui soit (à ce jour!) ! Je suis assez d'accord avec tes deux impressions, surtout la 2e. Et j'avais un peu oublié que c'est lui qui nous a donné «La pianiste». Mais je crois que ton premier constat, en ce qui me concerne, a beaucoup à voir avec la surdose de violence et la banalisation de celle-ci dans la société. Thanks, Doc! ;-)
Écrit par: DMYV le 6 mars 2006 à 00h38
Bonjour. Je suis alle voir le film hier soir en anglais car je suis actuellement en Ecosse. Les dialogues n'ont pas du tout ete complique a comprendre, en plus c'etait sous-titre, mais ce que je n'ai pas compris, c'est ce que le realisateur a voulu faire passer comme message (s'il y en a un) en coupant la fin. J'ai trouve le film tres bon mais il me manque juste de comprendre la fin pour l'apprecier pleinement.
Merci d'avance
Écrit par: benoit le 23 juin 2006 à 11h25
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