Le plus important

Une défunte écrivaine québécoise (d’origine Polonaise) a écrit la très jolie chose suivante, qui témoigne bien d’une bonne partie de ma propre raison d’être en ce bas monde:
«Ce qui est le plus important dans la vie, c’est de donner à quelqu’un un peu de bonheur.»
Alice Parizeau – Extrait du «Blizzard sur Québec» (1987).
Et c’est ce qui fait toute la différence, en bout de ligne, non? En tous cas, ça l’est pour moi.
Et sans s’oublier soi-même…
PS – C’est elle qui a aussi écrit (entre autres) la trilogie commençant avec «Les Lilas fleurissent à Varsovie» (1981).

…Pas d’bas

Samedi soir, je suis allée voir le film «Monstres de la mer en 3D» avec mes neveux-chéris. Que nous avons beaucoup aimé, en passant, qu’est-ce que c’est bien fait le 3D avec IMAX. Les deux ptits loups s’étendaient les bras pour essayer d’attraper les poissons. Trop cute!
Sur le chemin du retour, nous avons remonté la rue St-Laurent, et son chic secteur près de la rue Ste-Catherine.
C’est là que mes deux neveux ont aperçu des «photos de madames-tout-nues», se demandant bien –en riant d’un savant mélange de surprise/gêne- ce qu’elles faisaient là, exposées aux yeux de tous?
Je leur ai donc expliqué qu’il s’agissait de bars, où les hommes allaient parfois prendre une bière et admirer les «madames-tout-nues» danser.
Re-fou rire général, toujours teinté de gêne/surprise mais soudainement aussi empreint d’une grande curiosité/incompréhension.
Charles me l’explique ainsi: «Wouach! C’est dégueulasse!».
Et Julien, plus subtil, me demande plutôt: «Mais pourquoi elles font ça, «danser-tout-nues» devant TOUT LE MONDE? Ça doit pas être le fun… Ça doit être gênant!?!».
Maintenant prise avec cette belle petite boîte remplie de petits vers grouillant –et rigolants- dans tous les sens, fraîchement ouverte par moi-même, je me devais donc de répondre de mon mieux, afin d’en refermer au plus tôt le petit couvercle (du moins temporairement – mon frère et ma belle-soeur pourront s’occuper des prochaines questions…).
J’ai donc opté pour le créneau le plus «répandu et accepté socialement», soit celui de l’obligation.
Je leur ai expliqué que certaines femmes faisaient ce travail parce qu’elles ne trouvaient pas autre chose, pour payer leur loyer, leur épicerie, pour faire vivre leur famille, même. Parce qu’aussi, parfois, elles voulaient justement payer leurs études dans le but utlime de faire autre chose un jour/gagner leur vie autrement.
Parce que parfois, elles n’avaient pas fait beaucoup d’études, parce qu’elles n’avaient pas eu beaucoup de chance, parce qu’elles n’avaient pas beaucoup de sous.
Et Charles d’ajouter, très philosophiquement: «Et pas beaucoup d’chandails!».

Les 3 p’tits cochons

Le premier film de Patrick Huard (en tant que réalisateur), vu tout récemment en très enthousiaste (mais non moins agréable) compagnie.
On en avait tellement entendu parlé, et tant de fois j’ai tenté d’aller le voir sans que cela ne soit finalement possible. La table était donc mise pour une potentielle déception.
Qui n’arriva pas: j’ai bien aimé.
Le scénario est intéressant et le rythme est assez bien maintenu. Le prémisse de base convenue mais efficace: trois frères en mal de couple/relation/amour, faisant face aux aléas on ne peut plus normaux (habituels? fréquents???) de la vie en ce domaine et leur façon d’y réagir.
Trois frères aussi différents que l’analogie le suggère. Mais qui sont tout de même liés par le sang, leur mère dans le coma et leurs quêtes respectives du bonheur, qui s’entrecroisent elles-mêmes très étroitement .
Beaucoup d’humour, de rebondissements. Les éternels clichés y figurent, mais sont traités avec auto-dérision et une bonne dose d’humanité. Malgré leurs caractères pas toujours très édifiants, disons, les personnages n’en sont pas moins attachants et souvent touchants. C’est surtout vrai pour les personnages masculins, par contre, car les femmes y sont dépeintes de façon beaucoup plus négative voir même hostile.
Même si ma préférence va assurément à Claude Legault (je sais, je n’en suis même plus crédible), j’ai trouvé tous les comédiens et comédiennes assez bons. Mention spéciale pour Guillaume Lemay-Thivierge, qui m’a même surprise par la justesse et le niveau de son jeu. Seul petit bémol à ce chapitre: Rémi (Paul Doucet) dont la crédibilité du personnage face à ce qu’il vit m’a un peu dérangée vers la fin. Mais je n’en dis pas plus, l’intérêt premier résidant assurément dans l’histoire.
Du reste, une des plus grandes qualités du film provient à mon humble avis de son absence de jugement/morale vs les sujets et situations traités. Et qui devient par la suite une bonne base –et ouverture- à discussions.
Huard a assurément un talent pour le côté visuel, sa caméra étant aussi intéressante que belle.
Réal.: Patrick Huard, Québec, 2007.

Des idees et des hommes

Une très pertinente et intéressante citation, sur laquelle je suis tombée lors de la prépration d’un pitch:
«An idea is something you have the desire to remember.»
Philippe Michel, BBDO France
Effectivement, ce n’est pas fou!
C’est d’autant plus vrai puisque nous avons tous, de façon générale, une mémoire plutôt sélective.

Ice Cream

J’ai classé ce film dans «Non, parce que…», tout simplement parce que, justement, la catégorie «épouvantable» n’existait pas.
MY GOD!
Je suis encore totalement sous le choc. Je capote, littéralement.
C’est le premier (et si Dieu existe, le dernier) film de Jean Leclerc (feu Jean Leloup), qui était présenté ce soir en ouverture du Festival du nouveau cinéma, mon adoré FNC. Quoique là, j’avoue qu’il vient de baisser un petit peu dans mon estime, celui-là.
Je ne comprends pas ce que ce film faisait là.
Honnêtement, en lisant le synopsis (assez bizarre/pété merci), je m’attendais à un film difficile, violent et totalement «fucké».
Mais pas du tout. C’est un film pourri, à tous les niveaux.
Vraiment, ça me fait mal au coeur de devoir écrire cela car j’aime Jean Leloup, le chanteur, le musicien et même le personnage lui-même, je le trouve sincère, attachant, authentique, flyé, drôle, avec une naïveté touchante.
Mais là… L’histoire n’en est pas une, il y a même des narrations écrites à quelques reprises pour tenter (en vain) de nous aider à comprendre un tant soit peu ce qui se passe. C’est décousu, ennuyant, carrément mauvais.
Les comédiens sont également vraiment mauvais et la direction de ceux-ci ma foi… inexistante. Je n’en reviens toujours pas. Et je pense que ça va vraiment me prendre un grand bout avant d’en revenir.
Les images ne sont même pas belles, le montage est totalement dénué d’intérêt.
Très honnêtement, je n’ai aimé que deux petits bouts de musique (genre 2 x 2 minutes) ici et là de la trame musicale. C’est tout. Pour vrai!
Au début j’ai eu peur, puis j’ai très fort espéré une pseudo-auto-dérision-parodie de quoique ce soit, mais non. Impossible. C’est juste très très mauvais. Et interminable.
Je suis presque en douleurs, physiquement, tellement j’étais à bout de nerfs pour un film de 90 petites minutes mais dont j’ai eu l’impression qu’il en avait duré 300. Et 300 de trop.
Je n’ai pas trouvé l’info en ce qui concerne le financement, mais j’espère de tout coeur que ce film n’a pas reçu de fonds publiques pour se faire. Mais j’ai bien peur que oui. Auquel cas c’est véritablement un scandale!
La preuve que même les artistes les plus talentueux ne peuvent être bons dans tout. En fait, c’est vrai pour tout le monde. Mais c’est plus évident quand des personnalités de cassent ainsi la gueule, et tiennent à le faire publiquement.
Leclerc est venu présenter son film, avec sa folie habituelle, son humour, sa candeur, presque. Ça aussi, ça a été un des seuls autres bons bouts de la soirée. Qu’est-ce qu’il me fait rire, qu’il ne se prend pas au sérieux (heureusement, dans ce cas-ci).
Quand la projection a fini (nous avons enduré cela jusqu’au bout par curiosité malsaine, je crois, ou par incrédulité tout aussi malsaine), je pensais que les gens seraient trop mal à l’aise pour applaudir. MAIS NON! Il y a même eu quelques envolées soutenues! J’Y-CROIS-PAS!
J’espère seulement ne pas lire une bonne critique sur le sujet, parce que vraiment, je serai dans l’obligation de protester publiquement (oui, bon, même si je le fais déjà…).
Je termine avec un peu de tristesse, tout de même, car je suis un coeur tendre, et que je pense maintenant à Leclerc et je suis réellement déçue pour lui qu’il ait choisi de commettre -et montrer- ce navet ultime. Vraiment, triste pour lui quand même car il me donne parfois l’impression qu’il ne sait tellement pas ce qu’il fait, au fond…
J’espère seulement pouvoir dormir ce soir. Ce n’est pas gagné…
Ah oui! J’oublais! Autre moment fort de la soirée! Mes formidables M. et Mme Dumas (hihihi!), avec qui j’ai quand même bien rigolé et échangé (avant la projection) et avec qui je me suis défoulée/scandalisée/exprimée après celle-ci.
Honnêtement, je pense qu’être allée voir (subir?) ce film seule, j’aurais été dans l’obligation de me faire hara-kiri en ressortant…
PS – Les gens qui me connsaissent un tant soit peu savent que j’ai l’exagération facile, et heureuse. Mais dans ce cas-ci: désolée! Je suis même restée polie!
PPS – J’ai essayé de vous raconter un peu le scénario mais j’ai abandonné pour 4 raisons:
1) Il n’y en a pas vraiment/j’aurais été incapable de résumer quoi que ce soit
2) Il est pourri
3) Je ne voulais pas vous faire ça
4) J’ai mal au coeur, rien que d’y repenser!