Catégorie : De mes yeux vu

Forte fièvre

J’ai longtemps été fan des Canadiens. Et de René Lecavalier, ciel que ce fabuleux commentateur de la soirée du hockey me manque! Mais ça, c’est une autre histoire! Je me souviens encore très clairement de la dernière victoire de la Coupe Stanley du CH, en 1993. J’étais dans un bar avec mon frère, ma belle-sœur et des amis. Quelle soirée enlevante!

Je suis demeurée fan pendant quelques années, puis j’ai lentement perdu intérêt. Cela ne m’empêchait pas de continuer à regarder un match de temps en temps, ni à surveiller du coin de l’œil le classement annuel. Et de me laisser embarquer quand ils participaient, de temps en temps, à une série éliminatoire. Mais pas de gros enthousiasme. 

Depuis l’an dernier, ils ont à nouveau attiré mon attention. Tous ces nouveaux, jeunes et talentueux joueurs, menés par un entraîneur qui semble lui aussi avoir beaucoup de cœur au ventre.

Cette année, je me suis vraiment fait prendre! J’ai regardé plusieurs matchs avec intérêt, j’ai embarqué dans l’émoi autour de la performance de Caufield et ses 50 buts (51 au final). J’ai même suivi l’équipe du Canada aux Olympiques.

Mais c’est là aussi que j’ai commencé à trouver que plusieurs fans étaient beaucoup trop intenses. Et mettaient beaucoup trop de pression à ces jeunes joueurs. En fait, je trouve que ces fans ont perdu de vue ce qu’est être un fan, sûrement en bonne partie à cause des réseaux sociaux, probablement. Et de la possibilité de dire tout ce qu’ils veulent, quand ils le veulent et à qui ils le veulent.

Être un vrai fan, c’est soutenir l’équipe qui nous rejoint, celle à qui on choisit d’accorder notre attention, notre temps et notre intérêt. Qui nous emporte avec elle, nous donnes des ailes. Nous fait profiter de son talent, de ses momentums. Mais c’est aussi être là pour la soutenir dans les moments moins faciles, dans l’adversité, quand elle commence à être fatiguée, surtout quand elle dépasse déjà toutes les attentes.

Et ce que j’ai pu lire ou entendre récemment de la part de supposés fan m’a confirmé qu’ils avaient complètement perdu cette notion. Tant que le CH gagne, tout baigne, Go Habs go! ON va gagner, ON est les meilleurs, ON va les battre. ON crie sur tous les toits, ON ovationne, ON déborde d’enthousiasme! Cela m’hérisse un peu le duvet, car dès qu’il y a une erreur (surtout qu’on sait à quel point c’est humain, et que nous en faisons toutes et tous!) : C’est inacceptable! ON le juge sévèrement, haut et fort! Un jeune et talentueux joueur qui arrive à son 49e but, et qui doit patienter quelques parties avant d’atteindre le fameux 50 et ON s’impatiente et ON lui crie des bêtises?!? Vraiment? Non mais, pour qui se prend-ON??? J’ai honte pour ces prétendu(e)s fans!

Et c’est un peu le but de ce billet. En fait, le double but, sans jeu de mots poche.

D’abord, de remercier le CH pour ces deux belles dernières années, qui m’ont à nouveau fait complètement vibrer. Il me semble qu’on en avait tant besoin, en plus! MERCI de nous faire rêver, MERCI de nous transporter avec vous, MERCI de nous tenir en haleine, MERCI de nous éblouir, MERCI aussi de tomber et d’avoir chaque fois le courage et l’énergie de vous relever ! Vous êtes forts, vous êtes persévérants, vous semblez tissés serrés et c’est franchement formidable de vous voir aller. Peu importe jusqu’où vous vous rendrez cette année… vous êtes déjà rendus beaucoup plus loin que tout le monde l’avait prédit. Et vous êtes la seule équipe canadienne toujours en liste. Un ÉNORME BRAVO pour ces accomplissements !

Ensuite, de demander à toute l’équipe du CH d’excuser ces fans qui se sont visiblement égarés dans tout ce tourbillon de la fin d’année régulière et des séries. Clairement, ils ne savent plus ce qu’ils disent, et ce qu’ils font. Et surtout : ils ont COMPLÈTEMENT oublié l’essentiel : ON ne joue pas chaque match, les joueurs du CH les jouent! ON ne gagne ou ON ne perd pas ces matchs, les joueurs du CH le font. ON EXCLUT COMPLÈTEMENT LES PERSONNES QUI PARLENT, qui écrivent, et surtout qui jugent beaucoup trop, sans en avoir la légitimité, à mon humble avis.

Est-ce qu’on peut se replacer un peu les pendules et retrouver le rôle de fan, avec ses hauts et aussi ses bas ? C’est normal d’être déçus, on y croit, on se projette chaque fois plus loin, on l’imagine déjà, c’est un réflexe normal.

Mais cela n’enlève pas tout ce que cette jeune équipe a accompli et surtout, ils ne méritent pas moins notre soutien lorsqu’ils font face à une équipe probablement plus forte ou expérimentée. Ça arrive! Et ça fait partie de la game, comme on dit. Ce ne sera jamais un long fleuve tranquille, alors faites-vous à l’idée! Et ils ont encore plusieurs bonnes années devant eux, calmons-nous le pompon!

Moi, juste de les voir continuer de se battre, dans cette 3e ronde et avec autant d’efforts, ça m’émeut au plus haut point. Je pense que ce que ces prétendus fans ont oublié, est qu’aussi fiers/enthousiastes/déçus peuvent-ils être, ce n’est assurément pas comparable à ce que ces joueurs doivent vivre. Et endurer. Et malgré tout, ils se présentent chaque fois, peu importe la situation. Et c’est là que les fans peuvent, eux aussi, contribuer à leur donner des ailes, en continuant de les encourager sans jugement et sans trop plein de pression.

Bonne continuation à toute l’équipe des Canadiens et oui : Go Habs go! Encore et toujours !

A star is born

Crédit : Youtube - Official trailer
Crédit : Youtube – Official trailer

Je n’avais rien lu sur le film, et je n’avais donc pas vraiment d’attente.

J’avais surtout envie de partager ce moment avec ma belle amie qui aime tant la musique.

J’avoue d’abord avoir été soufflée par les performances de Lady Gaga et Bradley Cooper. Et ce, sans même avoir lu le générique et donc sans savoir tout ce qu’ils ont respectivement à leur crédit (performances vocales et musicale, écriture, réalisation, production, etc.).

Le film est long, mais sans longueurs. Je suis complètement entrée dans l’histoire, je me suis laissée porter et toucher. Vraiment beaucoup.

La justesse de leur jeu, des plans, en spectacle comme dans l’intimité, on se croyait parfois presque dans un film-réalité. Mais avec beaucoup de moyens, par contre, dans ce cas-ci !

Cette rencontre tellement improbable mais belle aussi, cette compatibilité incroyable mais naturelle. Ces deux belles âmes plutôt authentiques, dans le contexte.

La trame musicale est très bonne et vient ponctuer le recit de belle façon, et encore plus à la toute fin. Et pas seulement parce que l’histoire est celle de ces deux chanteurs-compositeurs-interprètes. En fait, la musique est vraiment un personnage, omniprésent, essentiel.

Je ne raconterai pas davantage l’histoire de cette relation pleine de défis entre ces deux fragiles artistes, mais je confirme que le film nous a habitées un bon moment après…

Et c’est là que j’ai réalisé que c’était la 4e version de ce film. Et que j’avais vu 3 des précédentes.

Un autre des attraits de ce film est de l’avoir autant actualisé. Beau travail d’adaptation, qui ajoute évidemment à la crédibilité et à l’intérêt du propos.

Au cas où ce ne serait pas clair… je le conseille!

A Star Is Born, Réalisation : Bradley Cooper. Avec Sam Elliott, Andrew Dice Clay. Production Warners Bros. 2018.

Inexplicable

J’ai le cœur gros depuis plus de deux semaines… Depuis l’annonce d’un décès. J’ai une réelle peine. Et pourtant, toute sérieuse et irréversible soit la mort, je ne connaissais même pas cette personne. Mais il s’agissait donc d’une personne ‘connue’, de notoriété publique. Et qui a à mon sens était douée d’extraordinaires talents, d’abord comme acteur de cinéma (un très grand acteur, selon moi), comme réalisateur et comme acteur de la scène, mais que je n’aurai malheureusement jamais la chance de découvrir dans le dernier cas. Et j’en suis d’autant plus triste que je suis convaincue que cela aurait été un grand moment (pour moi). J’ai encore de la difficulté à le réaliser vraiment, ainsi que tout l’impact de cet événement. Je parle bien sûr du déjà très regretté Philip Seymour-Hoffman, un de mes acteurs cultes depuis Happiness.

Et c’est ce phénomène que j’essaie de saisir depuis. Comment on peut ‘s’attacher’ à une personnalité publique… et donc vivre un deuil à sa mort. C’est fascinant, même si de façon tellement négative et cruellement incompréhensible, surtout à son trop jeune âge.

Je pense que ce deuil est en fait proportionnel à l’impact ou plutôt l’importance que cette personne a eu pour moi. Dans son cas, il m’a fait vivre de grands moments de cinéma, mon domaine de prédilection culturel par excellence. Il m’a touchée, m’a fait pleurer, m’a fait rire aussi (pour mon plus grand bonheur et avec une certaine surprise). Il m’a dérangée, parfois un peu rebutée (je parle ici de ses rôles), m’a troublée, m’a fait réfléchir. Mais donc il m’aura profondément marquée. Et donné par là l’impression (on ne peut plus fausse) de le connaître. Et donc d’être maintenant privée de sa présence, ou bien égoïstement, du grand plaisir de le voir à nouveau dans une œuvre, de le découvrir encore sous plusieurs autres angles de jeu, que je suspecte mais ne pourrai jamais confirmer. Un si grand talent, il me semble, aurait nécessairement continué de se développer, c’est le propre des gens si doués dans leur domaine. Comme si le talent dicte le parcours. Ou le devrait. Mais je le réalise, là aussi, rien de plus faux.

Ce qui est également très bouleversant est la fatalité de cette issue. Son côté irréversible. J’ai toujours en tête qu’il s’agit d’un accident aussi imprévisible que la mort est fatale, à savoir qu’il aurait très bien pu être évité, juste ne pas se produire, si une chose avait été différente. Et probablement une toute petite chose… Et c’est ce qui me révolte le plus. Sans le savoir au fond, je crois que ce n’était pas son choix, sa décision. Qu’il a simplement manqué cruellement de perspective, de lumière, d’amour (quel qu’il soit) et qu’il a été victime d’une grosse béquille qui ne pardonne pas et aura eu raison de lui.

Je voudrais tellement pouvoir revenir dans le temps, et qu’il sache à quel point il était apprécié, important dans son apport. Et espérer que cela puisse faire une différence… Alors qu’en fait, probablement pas. C’est le propre (et le très sale et très laid) des accidents. Y a rien à comprendre. Et pour moi, c’est très difficile d’accepter ce qui ne se conçoit pas, ne se comprend pas. Mais ça, c’est mon problème. Pas le sien.

J’espère quand même qu’il puisse un tout petit peu sentir le grand deuil et le grand vide qu’il a générés. Comme si cela lui permettrait d’avoir moins mal? Ou en fait, toute l’admiration et le respect que les gens lui ont portés? Je donnerais beaucoup pour que cela soit possible… mais là encore, c’est mon problème, pas le sien. Reposes en paix, PSH… Et merci pour tous les grands moments que tu m’as fait vivre.

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Dallas Buyers Club

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Je voulais le voir depuis le FNC. Je l’ai finalement vu avant Noël, avec ma copine Jani.

Nous en avions beaucoup entendu parler, en bien. Nous n’avons pas été déçues.

Un film très bien réalisé par Jean-Marc Vallée, de façon très réaliste, crédible, directe. Sans artifices et surtout, avec beaucoup d’impact. Je me dois de souligner l’incroyable transformation de Matthew McConaughey, qui a complètement assumé ce rôle en perdant bien 30 livres, et en personnifiant complètement la maladie qu’il défend dans le film. C’est vraiment impressionnant de voir à quel point un acteur peut s’engager dans une production. Bravo pour le courage. Son acolyte, joué par Jared Leto, est également phénoménal dans sa transformation physique mais surtout, dans son jeu. Ils sont vraiment excellents. Leurs récentes nominations en témoignent heureusement.

J’ai beaucoup aimé l’idée de nous raconter l’histoire des débuts du SIDA au É.U., mais cette fois de façon très différente, intéressante, et méconnue (pour nous, en tous cas), à travers une histoire vraie. Celle de Ron Woodroof, un électricien, cowboy, playboy et homophobe raciste du Texas qui contracte le virus aux tous débuts de la vague dans les années 1980. C’est ce qu’on peut appeler un choc. En fait, un triple choc, puisqu’il apprend du même coup que ce magnifique cadeau n’est plus exclusivement réservé aux homosexuels, qu’il lui reste moins d’un mois à vivre et qu’il devra prendre en main les prochaines étapes s’il veut espérer avoir une petite chance.

Woodroof fera donc une incursion aussi rapide que profonde dans le monde du VIH, des médicaments disponibles et surtout de tous ceux qui ne le sont pas, à cause du contrôle très strict de la FDA à ce moment. Et la faim (ou plutôt la mort imminente) nécessitant les moyens, il ira au Mexique, au Japon et dans quelques autres pays chercher et rapporter les cocktails de médicaments, vitamines et suppléments nécessaires au traitement de cette impitoyable maladie. Il décidera donc d’en faire un ‘business’. Et il viendra du même coup en aide à la communauté gaie américaine, en démocratisant l’accès à ceux-ci à travers ce ‘club d’acheteur’, où la seule façon de pouvoir le faire légalement est de vendre un ‘abonnement’ (et non des substances illégales). Pour ce faire, il se trouvera donc un surprenant partenaire gai et travesti, Rayon, joué par Jared Leto. Et une complice inespéré, une femme médecin dépassée par l’inaction des hôpitaux et médecins, jouée par Jennifer Gardner, également très bonne.

Il est également très troublant , mais ô combien rassurant, de constater que de tels drames peuvent au moins avoir raison de préjugés, aussi énormes et puissants soient-ils, au passage. Non sans le fruits d’efforts titanesques, mais quand même. Tant qu’il y a de la vie, apparemment, il y a aussi de l’espoir. Si petit soit-il au départ…

Un film à voir, qui a été en projet depuis le milieu des années 1990, et qui a finalement vu le jour fin 2013.

Réal.: Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Young Victoria, Café de Flore),  É.U., 2013.

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The Perks of being a wallflower

Tellement mon genre de film. On m’avait dit beaucoup de bien du livre (que je n’ai pas lu), mais la pochette du film me laissait un peu perplexe. Pourtant, même dans la signature artistique, on sentait vraiment le film d’auteur, l’histoire atypique et intéressante, l’humour intelligent et absurde. TOTALEMENT mon genre!
Et cela résume effectivement bien le film. Avec en plus, une jeune et très, très talentueuse distribution. Charlie, le rôle principal, (joué par Logan Lerman – qui avait aussi le rôle principal dans ‘Percy Jackson & the Olympians’) est renversant d’authenticité, de sobriété, de vérité même. On dirait presque un documentaire, parfois. Emma Watson (qui joue Sam) est excellente, touchante, sincère. Tout comme son acolyte et demi-frère dans l’histoire, Ezra Miller (qui joue Patrick). Un très beau rôle, assez complexe dans le propos, joliment rendu.
L’histoire est simple mais tellement vraie et même universelle dans son thème principal: les difficultés que Charlie, jeune étudiant du secondaire, rencontre: celles de vouloir à tout prix appartenir à un groupe, avoir des amis, faire partie prenante de cet univers non seulement du point de vue académique, mais social, sportif et bien sûr, amoureux. Après un début d’année difficile il fera la rencontre du duo improbable mais très original, assumé et inspirant que Sam et Patrick forment, un peu en marge mais complètement intégré dans cet environnement. Et ils prendront avec eux (et le reste de leur groupe) Charlie, tel qu’il est, sans pitié mais en ayant la maturité (improbable mais tellement souhaitable à cet âge) de le respecter et le guider dans plusieurs premières expériences.
J’ai souri, j’ai ri, j’ai été vraiment touchée, intéressée et jamais je n’ai décroché de l’histoire. Pas de flafla, pas d’exagération et surtout pas d’aberrations comme les films américains en sont parfois truffés. Et la musique est partie prenante du film, comme il se doit dans cette période-clé de la vie.
Je vous laisse sur cette citation si pleine de sagesse de Charlie à son extraordinaire professeur de littérature anglaise (joué par le très beau et tout aussi talentueux Paul Rudd): ‘Mr Anderson? (…) Why do nice people choose the wrong people to date?’. Tout est dit…
Réal.: Stephen Chbosky, USA, 2012. Il a également écrit le scénario et co-produit le film. C’est ce que je me dis toujours: tant qu’à avoir du talent, pourquoi ne pas l’exploiter au maximum sur chaque projet?!? 😉
En fouillant sur IMDB, j’ai découvert que ce réal a également fait un autre film en 1995, The four corners of nowhere. J’espère qu’on peut le trouver, car déjà le titre m’inspire!En même temps… ça remonte quand même à presque 20 ans… Faut voir!