Lourd et léger

J’ai le cœur, à la fois… 

Léger par l’admiration, l’évolution tout de même incroyable, les étapes, les constats, les rires, les petites danses improvisées, des habitudes qui reviennent doucement…

Lourd de tout ce qui n’est plus, que je n’arrive pas à accepter et à traverser complètement, car ma tête retourne toujours il y a deux ans, où tout allait si bien. Où déjà on appréciait vraiment le moment présent, la vie et tous ses défis, sans se douter de tout ce qui allait à nouveau être complètement chamboulé… mais de la plus terrible façon qui soit…

Léger par l’été, après un autre hiver plein de défis, confrontant. Léger par la chaleur qui enveloppe, qui apaise, qui me rassure. Par l’eau de la piscine qui me sauve chaque jour. Privilège.

Lourd pour tous les autres petits deuils à venir, les choses et les échanges qui ne seront plus jamais. Lourd par l’inquiétude que je sens toujours pas loin, latente. 

Léger par la chance que j’ai, moi. Et dont je dois profiter, c’est presque une obligation. Mais pas facile en même temps… Un peu paralysant.

Lourd par la peur de ce qui pourrait ne plus être pour moi aussi, un jour.

Léger par la vie. Le vent sur mon visage, les couchers de soleil rosés. Un bon souper, mon chéri et mon chien-chien. Toute ma famille d’amour et mes amis d’amour aussi, la famille que j’ai si bien choisie. Énorme privilège qui me porte au quotidien.

Lourd par la cruauté de la science, et des AVC.

Léger par l’espoir, qui est essentiel. Et qui heureusement, ne meurt jamais…

Léger par la force de la résilience et de la détermination, lourd par le poids, parfois, de l’hypersensibilité.

Léger et lourd

Forte fièvre

J’ai longtemps été fan des Canadiens. Et de René Lecavalier, ciel que ce fabuleux commentateur de la soirée du hockey me manque! Mais ça, c’est une autre histoire! Je me souviens encore très clairement de la dernière victoire de la Coupe Stanley du CH, en 1993. J’étais dans un bar avec mon frère, ma belle-sœur et des amis. Quelle soirée enlevante!

Je suis demeurée fan pendant quelques années, puis j’ai lentement perdu intérêt. Cela ne m’empêchait pas de continuer à regarder un match de temps en temps, ni à surveiller du coin de l’œil le classement annuel. Et de me laisser embarquer quand ils participaient, de temps en temps, à une série éliminatoire. Mais pas de gros enthousiasme. 

Depuis l’an dernier, ils ont à nouveau attiré mon attention. Tous ces nouveaux, jeunes et talentueux joueurs, menés par un entraîneur qui semble lui aussi avoir beaucoup de cœur au ventre.

Cette année, je me suis vraiment fait prendre! J’ai regardé plusieurs matchs avec intérêt, j’ai embarqué dans l’émoi autour de la performance de Caufield et ses 50 buts (51 au final). J’ai même suivi l’équipe du Canada aux Olympiques.

Mais c’est là aussi que j’ai commencé à trouver que plusieurs fans étaient beaucoup trop intenses. Et mettaient beaucoup trop de pression à ces jeunes joueurs. En fait, je trouve que ces fans ont perdu de vue ce qu’est être un fan, sûrement en bonne partie à cause des réseaux sociaux, probablement. Et de la possibilité de dire tout ce qu’ils veulent, quand ils le veulent et à qui ils le veulent.

Être un vrai fan, c’est soutenir l’équipe qui nous rejoint, celle à qui on choisit d’accorder notre attention, notre temps et notre intérêt. Qui nous emporte avec elle, nous donnes des ailes. Nous fait profiter de son talent, de ses momentums. Mais c’est aussi être là pour la soutenir dans les moments moins faciles, dans l’adversité, quand elle commence à être fatiguée, surtout quand elle dépasse déjà toutes les attentes.

Et ce que j’ai pu lire ou entendre récemment de la part de supposés fan m’a confirmé qu’ils avaient complètement perdu cette notion. Tant que le CH gagne, tout baigne, Go Habs go! ON va gagner, ON est les meilleurs, ON va les battre. ON crie sur tous les toits, ON ovationne, ON déborde d’enthousiasme! Cela m’hérisse un peu le duvet, car dès qu’il y a une erreur (surtout qu’on sait à quel point c’est humain, et que nous en faisons toutes et tous!) : C’est inacceptable! ON le juge sévèrement, haut et fort! Un jeune et talentueux joueur qui arrive à son 49e but, et qui doit patienter quelques parties avant d’atteindre le fameux 50 et ON s’impatiente et ON lui crie des bêtises?!? Vraiment? Non mais, pour qui se prend-ON??? J’ai honte pour ces prétendu(e)s fans!

Et c’est un peu le but de ce billet. En fait, le double but, sans jeu de mots poche.

D’abord, de remercier le CH pour ces deux belles dernières années, qui m’ont à nouveau fait complètement vibrer. Il me semble qu’on en avait tant besoin, en plus! MERCI de nous faire rêver, MERCI de nous transporter avec vous, MERCI de nous tenir en haleine, MERCI de nous éblouir, MERCI aussi de tomber et d’avoir chaque fois le courage et l’énergie de vous relever ! Vous êtes forts, vous êtes persévérants, vous semblez tissés serrés et c’est franchement formidable de vous voir aller. Peu importe jusqu’où vous vous rendrez cette année… vous êtes déjà rendus beaucoup plus loin que tout le monde l’avait prédit. Et vous êtes la seule équipe canadienne toujours en liste. Un ÉNORME BRAVO pour ces accomplissements !

Ensuite, de demander à toute l’équipe du CH d’excuser ces fans qui se sont visiblement égarés dans tout ce tourbillon de la fin d’année régulière et des séries. Clairement, ils ne savent plus ce qu’ils disent, et ce qu’ils font. Et surtout : ils ont COMPLÈTEMENT oublié l’essentiel : ON ne joue pas chaque match, les joueurs du CH les jouent! ON ne gagne ou ON ne perd pas ces matchs, les joueurs du CH le font. ON EXCLUT COMPLÈTEMENT LES PERSONNES QUI PARLENT, qui écrivent, et surtout qui jugent beaucoup trop, sans en avoir la légitimité, à mon humble avis.

Est-ce qu’on peut se replacer un peu les pendules et retrouver le rôle de fan, avec ses hauts et aussi ses bas ? C’est normal d’être déçus, on y croit, on se projette chaque fois plus loin, on l’imagine déjà, c’est un réflexe normal.

Mais cela n’enlève pas tout ce que cette jeune équipe a accompli et surtout, ils ne méritent pas moins notre soutien lorsqu’ils font face à une équipe probablement plus forte ou expérimentée. Ça arrive! Et ça fait partie de la game, comme on dit. Ce ne sera jamais un long fleuve tranquille, alors faites-vous à l’idée! Et ils ont encore plusieurs bonnes années devant eux, calmons-nous le pompon!

Moi, juste de les voir continuer de se battre, dans cette 3e ronde et avec autant d’efforts, ça m’émeut au plus haut point. Je pense que ce que ces prétendus fans ont oublié, est qu’aussi fiers/enthousiastes/déçus peuvent-ils être, ce n’est assurément pas comparable à ce que ces joueurs doivent vivre. Et endurer. Et malgré tout, ils se présentent chaque fois, peu importe la situation. Et c’est là que les fans peuvent, eux aussi, contribuer à leur donner des ailes, en continuant de les encourager sans jugement et sans trop plein de pression.

Bonne continuation à toute l’équipe des Canadiens et oui : Go Habs go! Encore et toujours !

La mammo

Je n’avais vraiment pas prévu écrire sur ce sujet. Mais en racontant ma dernière expérience à un ami, et devant son amusement empreint de curiosité spontanée, je me suis dit que ça pouvait être d’intérêt, et démystifier un peu la chose.

Une femme chanceuse passera sa première mammographie seulement à 50 ans, si elle adhère au très bon programme de dépistage gratuit du gouvernement.

J’en ai passé une ce matin. Pas de quoi écrire à sa mère, comme on dit, mais en même temps cela demeure une expérience quand même spéciale. Surtout en temps de pandémie, my god, comme si les gens qui travaillent dans le système de santé manquaient de défis… Mais vraiment, la clinique où je suis allée applique un protocole impeccable, doublé d’une grande efficacité. Ce qui n’est pas mince affaire.

J’ai toujours pensé que ce devait être plus difficile pour une femme ayant des seins très volumineux. Et c’est probablement souvent le cas. En fait, la technologue qui me l’a fait passer m’a confirmé que chaque femme vivait une situation particulière. Selon la grosseur de ses seins, bien sûr, son degré d’aisance, son niveau de sensibilité et évidemment aussi parfois, sa prédisposition la dite journée.

Ayant des seins au volume plus modeste, je me réjouissais à l’idée qu’il y avait quand même quelques avantages à ceci, dont assurément une mammo en deux temps trois mouvements. Quelle ne fut pas ma surprise, en réalisant que ce ne serait pas si simple, finalement. Là où le plantureux sein doit facilement s’installer, mais en baver de se voir ensuite coincé serré entre deux surfaces afin de bien se dévoiler l’intérieur, le plus petit, lui, doit à l’inverse donner tout ce qu’il a (ou n’a pas?) pour bien prendre sa place et la conserver, dans le même contexte. Autrement dit, il faut tout bien ramasser et étendre ce dernier, afin de le maintenir bien en vue. On se retrouve alors à faire littéralement corps avec la machine, le désagréable mais court temps de prendre la radio, de chaque côté, en deux angles différents.

Même si ce fut prenant pour moi, à tout le moins, c’est vraiment la technologue qui s’est donnée le plus, ai-je constaté avec surprise au final! C’est elle qui avait le délicat rôle de tout manipuler, placer, contrôler, sécuriser avant de partir prestement appuyer sur son bouton pendant qu’on retient son souffle! La mienne en avait de légères sueurs après les 4 clichés! Comme quoi, la grosseur n’est vraiment garante de rien, une fois de plus! Et petite précision importante (qui est également un certain défi) : quand un des seins souris pour la photo, l’autre doit absolument sortir du cadre, et vice-versa! Question de ne pas brouiller les clichés.

Fait que je ne savais pas non plus, on nous applique de petits collants métalliques sur le bout de chaque sein, ainsi que sur tout accro-cordon, afin d’éviter les erreurs d’interprétation ou les mauvais diagnostics. Cela fait un peu accessoire de film de science-fiction, mais à petit budget! haha!

Reste plus qu’à attendre les résultats. Là aussi, j’ai envie de me dire qu’il y a des avantages à ma situation, et que je l’aurais assurément senti s’il y avait quoi que ce soit qui clochait. L’avenir me le dira, mais je suis confiante, et je ne pense pas avoir de surprises, cette fois!

La perspective

Cela fait 3 ans aujourd’hui que tu nous a quittés, et pas une journée n’est passée sans qu’un air de musique, une chanson, un article, une question, un parallèle, que sais-je encore?, me ramène à toi.

Bien sûr, les grosses vagues laissées par ton départ si soudain et tragique se sont calmées. La véhémence du vide, aussi. Avec le temps qui a passé. Et les souvenirs ont repris leur place. Lentement, profondément.

Mais jamais je n’aurais imaginé me dire qu’il est préférable que tu sois partie. Et pourtant, c’est ce que la pandémie m’a fait réaliser. Comme quoi toute difficile puisse être une situation, elle entraîne inévitablement des conséquences ou des effets plus positifs.

Parce qu’il aurait été bien impossible pour toi de comprendre ce qui se passe, et complètement insoutenable pour moi de te savoir seule, d’être si impuissante devant les événements. Et parce que tu aurais assurément sombré encore plus profond, croyant à tort que nous t’avions abandonnée. J’ai peine -et mal- juste à y penser…

Mince consolation, mais qui en est quand même une. En fait, ce fut un apaisement, pour moi. Quelque chose qui permet de mieux accepter cette fatalité, toute triste et grande fut-elle.

Pas une journée non plus sans que je ne te fasse un clin d’oeil, que je te parle. Je ne sais pas ce qui se passe quand on meurt, je suis athée, mais j’ai quand même besoin ou envie de me dire que tu es là, pas loin, que tu m’entends, que tu veilles un peu sur nous. Et que tu as retrouvé tes propres parents, et ta petite soeur que tu aimais tant.

Tout ça pour te dire que tu me manques, que tu me manqueras toujours. Que c’est plus fort que moi, chaque année à cette période (et à d’autres, aussi), j’ai le cordon du coeur qui traine à terre. Mais je sais aussi maintenant que c’est en souvenir de tous les beaux moments que nous avons vécus, de tout ce que nous avons partagé aussi, même les choses les plus difficiles.

Parce que tu nous as tissés serrés, et nous le sommes toujours, même s’il manque notre maître d’oeuvre. Tu as laissé ta marque indélébile, et je t’en remercie beaucoup. C’est aussi pour cela que cette foutue pandémie me pèse tant, justement, parce que le reste de la famille me manque cruellement (ainsi que mes précieux amis). Qui aurait cru que nous vivrions ce genre de choses?

Mais je sais aussi que cela démontre à quel point je suis privilégiée. D’être si bien entourée. Et cela, je me le répète chaque jour, depuis presqu’un an maintenant. En fait, depuis toujours. C’est dans ma nature. Mais j’avoue que la dernière année me l’aura fait encore plus apprécier.

J’espère que tu es en paix. Je sais que c’est très égoïste (et assurément idéaliste), mais j’ai besoin de croire que nous existons toujours pour toi. Et comme j’aimerais que l’on puisse se serrer dans nos bras, en se tapant doucement le dos simultanément, et en t’entendant rigoler sur mon épaule. Je t’aime tant!

A star is born

Crédit : Youtube - Official trailer
Crédit : Youtube – Official trailer

Je n’avais rien lu sur le film, et je n’avais donc pas vraiment d’attente.

J’avais surtout envie de partager ce moment avec ma belle amie qui aime tant la musique.

J’avoue d’abord avoir été soufflée par les performances de Lady Gaga et Bradley Cooper. Et ce, sans même avoir lu le générique et donc sans savoir tout ce qu’ils ont respectivement à leur crédit (performances vocales et musicale, écriture, réalisation, production, etc.).

Le film est long, mais sans longueurs. Je suis complètement entrée dans l’histoire, je me suis laissée porter et toucher. Vraiment beaucoup.

La justesse de leur jeu, des plans, en spectacle comme dans l’intimité, on se croyait parfois presque dans un film-réalité. Mais avec beaucoup de moyens, par contre, dans ce cas-ci !

Cette rencontre tellement improbable mais belle aussi, cette compatibilité incroyable mais naturelle. Ces deux belles âmes plutôt authentiques, dans le contexte.

La trame musicale est très bonne et vient ponctuer le recit de belle façon, et encore plus à la toute fin. Et pas seulement parce que l’histoire est celle de ces deux chanteurs-compositeurs-interprètes. En fait, la musique est vraiment un personnage, omniprésent, essentiel.

Je ne raconterai pas davantage l’histoire de cette relation pleine de défis entre ces deux fragiles artistes, mais je confirme que le film nous a habitées un bon moment après…

Et c’est là que j’ai réalisé que c’était la 4e version de ce film. Et que j’avais vu 3 des précédentes.

Un autre des attraits de ce film est de l’avoir autant actualisé. Beau travail d’adaptation, qui ajoute évidemment à la crédibilité et à l’intérêt du propos.

Au cas où ce ne serait pas clair… je le conseille!

A Star Is Born, Réalisation : Bradley Cooper. Avec Sam Elliott, Andrew Dice Clay. Production Warners Bros. 2018.