Catégorie : De mes yeux vu

Aurore

Mise au point qui s’impose: j’ai eu envie de parler de ce film même si je ne l’ai PAS VU… et que je ne voyais pas l’intérêt de créer une catégorie juste pour ça. Et aussi parce que je ne pense pas en prendre l’habitude (i.e. de parler de films que je n’ai pas vu). Mais comme ce site est très personnel, pourquoi pas! En fait, soyons plus juste, j’ai eu envie de dire POURQUOI je ne verrai pas ce film. Oui, c’est plutôt cela.
C’est un ami qui me demandait tout juste si je l’avais vu et ce que j’en avais pensé, donc. Et ça m’a fait réaliser que, volontairement, pour plusieurs -bonnes ou mauvaises- raisons, je ne l’ai effectivement pas vu, mais par choix. Pas parce que je n’ai pas eu le temps ou l’occasion. Je n’ai simplement et humblement pas l’intention de le faire. Par pudeur, d’une part. Et parce que je n’en ressens ni le besoin, ni l’envie.
Pas à cause de la productrice (Nicole Robert) ni du réalisateur (Luc Dionne). Pas du tout. En fait rien à voir. Je suis certaine que c’est un film bien réalisé, bien tourné, que les comédiens sont de plus probablement bons, etc.
Moi je n’ai pas envie de le voir parce que je connais bien l’histoire (en fait je le crois), comme tout le monde, j’imagine, non? Parce que, même si je suis bien sûr contre la violence fait aux enfants et que, comme il parait que c’est là la raison première d’avoir refait ce film puisque le sujet est malheureusement toujours d’actualité (comme beaucoup d’autres sujets tristes et difficiles, soit dit en passant), je me suis dit que ma prise de conscience étant déjà fait à ce niveau, je ne crois pas en retirer grand chose d’autre.
Certainement, je serais touchée, triste, voire révoltée. Mais je le suis déjà et mes actions concrètes avec les enfants me paraissent plus fortes que d’assister, une fois de plus, à ce même navrant spectacle.
Cela dit, on ne sait jamais, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées et à ce sujet, TOUS les gens qui me connaissent pourront témoigner que je suis loin d’être folle, donc!
Alors si jamais je change d’idée, je vous en reparle. Promis. Et si vous avez vu le film ou avez simplement envie d’émettre votre opinion à ce sujet, ça me fera plaisir de vous lire.
P.S. Comme je devais donc classer mon billet dans une catégorie, je l’ai mis dans «de mes yeux vu» car il s’agit d’un film. Par contre, comme ce n’est pas le cas, je ne lui ai pas attribué de catégorie, car cela m’aurait semblé malhonnête, du coup.

The Aviator

Je n’avais pas envie d’aller le voir au cinéma quand il est sorti, mais j’étais tout de même curieuse. J’aime bien le cinéma de Scorsese, le sujet était intriguant et plusieurs bons comédiens y jouent. Sauf qu’en ce qui concerne le rôle principal, la tâche a été donnée à Leonardo DiCaprio et moi, je ne peux pas dire que j’aime beaucoup l’acteur! Je ne le trouve pas très acteur, justement. Dans le sens de presque banal ou alors manquant un peu de saveur dans ses prestations.
Cette fois-ci, par contre, de la saveur, il y en avait. Quel rôle intense. Et. je dois l’avouer, une performance assez convaincante de la part du jeune acteur. Ou alors il ressemble réellement à Howard Hugues et donc, ce n’était pas une performance!?! Je serai de bonne foi, il m’a réellement fait embarquer dans l’histoire et j’ai été intéressée jusqu’à la fin.
Bien sûr, la vie de Howard Hughes suffit en elle-même à susciter l’intérêt. Quel personnage! Aussi visionnaire qu’égocentrique, aussi obsédé qu’ambitieux. Avec une folie proportionnelle avec sa démesure, qui est sans fin. Quel caractère à tout le moins surprenant, désarmant. Son entourage ne sait jamais sur quel pied danser (mais ils savent pertinement qu’ils sont mieux de ne jamais arrêter). Même si Hugues n’est pas spécialement sympathique, je lui ai quand même trouvé un coté fascinant.
Je connais très peu son histoire et je peux donc difficilement juger de ce qui est réel et de ce qui est romancé, mais j’ai eu l’impression d’apprendre beaucoup sur l’histoire de l’aviation et un peu aussi sur celle du cinéma d’Hollywood. Le récit est bien ficelé et le rythme très bien maintenu. C’est un peu trop long dans l’ensemble, mais je pense qu’on peut difficilement s’y ennuyer.
Une belle grande croisade vraiment divertissante. Par contre, c’est la première fois que Cate Blanchett me laisse perplexe. Soit elle n’était pas aussi bonne que d’habitude ou alors c’est son rôle qui est un peu spécial (et/ou Katharine Hepburn). Mais tous les autres sont bien et crédibles (John C. Reilly, Alan Alda, Alec Baldwin).
Réal.: Martin Scorsese, É.U., 2004.

War of the worlds

Bon, bon, bon! Vous allez me voir venir, je le sais, avec mes gros sabots de cinéphile un peu puriste, doublés de mes semelles de femme! Je suis allée voir ce film par curiosité, par intérêt pour l’histoire et l’émoi qu’elle avait créée il y a plusieurs années… et parce que Spielberg a quand même le tour, côté réalisation.
Effectivement, sur ce point (entendre la réalisation), ça le fait. My God! Je suis toujours épatée, impressionnée, renversée, même, par de tels effets (le rendu visuel et le nombre de ceux-ci), c’est vraiment fascinant. On y croit presque.
Mais là où l’on décroche, c’est, une fois de plus, dans le scénario. Pourquoi user toujours et autant d’exagération, jusqu’à en perdre la crédibilité? À titre d’exemple (par excellence d’ailleurs!), à un moment, lorsque les choses commencent à tourner mal dans le coin où habite Tom Cruise et que tout explose et tous s’affolent, plusieurs personnes se dirigent vers le centre névralgique de l’action et, tout à coup, un ami de Tom Cruise lui demande, au passage: «What’s going on?». Ce à quoi Tom répond, en courant et du tact au tact: «I don’t know! I’m gonna find out!». À ce moment, Jani -ma copine et voisine de banc- s’est retournée vers moi avec un air rempli d’incrédulité (devant une telle réplique), ce à quoi j’ai répondu «Ben oui! Il va aller au bureau d’information pour savoir ce qui se passe, voyons!»… Et nous avons pouffé de rire simultanément (aussi silencieusement que possible, on est au cinéma, quand même!) (mais pas de plaisir, de ridicule, en fait!).
Et aussi, pourquoi TOUT LE MONDE se fait prendre, meurt ou est blessé… sauf Tom Cruise et ses petits rejetons? Pourquoi eux sont-ils invincibles, littéralement??? Je me suis même demandé à un moment si nous allions apprendre qu’ils étaient eux-mêmes des extra-terrestres encore plus invincibles que les autres?… mais non! J’ai même souhaité que le fils connaisse un autre sort (méchante, moi!), ce qui m’eut semblé plus triste mais un tant soit plus CRÉDIBLE. Enfin…!
Et le côté «homme», i.e. de la bataille en veux-tu, en v’la, de l’action à perdre le souffle ou à étourdir (surtout avec la trame sonore hyper percutante qui en rajoute), de la tuerie à qui mieux-mieux, etc. Je suis peut-être dans l’erreur de qualifier ce genre de film comme plaisant généralement davantage aux hommes? Je ne sais pas! Mais c’est vraiment la vision que j’en ai! Et comme ça ne me rejoint pas particulièrement, mais que je suis une femme (et que je peux dire la même chose sur les intérêts de plusieurs de mes copines…!?!).
Mais même si on décroche devant tant d’exagération, si on est un peu sur les nerfs par toute l’action et la violence, on suit quand même. C’est intrigant, notre intérêt demeure. On veut savoir ce qui va (encore) arriver!
Je n’expliquerai pas la fin pour le bénéfice des personnes qui n’auraient pas vu le film et désirent le faire, mais franchement! Quelle espèce de fin plate! Quelle espèce de morale qui, dans ce contexte, nous apparait totalement puérile, voir même et à nouveau, complètement invraisemblable??? Peut-être s’agit-il de la fin originale et qui donc, était plus crédible à l’époque? Je ne suis pas certaine, mais ça doit. Mais cette fois-ci, un gros «booooooo» pour n’avoir pas su adapter la finale. Quand même, quand on planifie un coup depuis tant d’années, on s’arrange pour tout prévoir, me semble, non? Surtout l’essentiel… soit sa propre survie. Anyway!
Tom Cruise est bon mais un peu trop intense, je trouve. Sa fille m’est vraiment tombée sur les nerfs, son fils aussi (je parle du lien filial dans le film). Sont-ce leurs rôles ou leurs prestations? Je ne sais pas. En fait, seul Morgan Freeman (ou plutôt sa belle et sensuelle voix!) m’a plu. Et Tim Robbins, un de mes acteurs fétiches, qui m’a surprise. Je l’ai trouvé étrange (à l’image de son rôle, visiblement) mais convaincant.
La question que je me suis posée à la fin du film, et en y repensant par la suite, est de tout autre ordre, par contre. Je me suis arrêtée à me demander ce que pouvait coûter vraiment un tel film (je pense que j’ai entendu dans les centaines de millions, ce qui est sûrement la norme, maintenant, pour de telles méga-productions américaines). Je me suis ensuite questionnée sur le rôle ou la pertinence -profonde et réelle- d’un tel film pour le spectateur, ce qu’il lui apporte en bout de ligne… puis je me demandée tout ce que l’on aurait pu faire d’autre (au sens «d’utile») avec une telle somme? Genre investir dans la recherche pour le sida ou autre maladie pas très «payante» à ce niveau actuellement. Ou en l’investissant dans la lutte contre la pauvreté, que ce soit dans les pays en développement ou même ici, en Amérique du nord. Ou encore en mettant ces GROS sous dans le système d’éducation!?!
Je sais, je sais, ma réflexion est elle-même tirée par les cheveux, un brin simpliste et est en fait quelque peu malhonnête au niveau de la comparaison pure. Mais vraiment, je ne peux m’empêcher d’y penser. De me questionner. Et de me trouver chaque fois un peu plus perplexe, mais toujours aussi spectatrice (dans le sens d’impuissante), du moins il me semble… Mais de toute façon, c’est une tout autre histoire, qui peut s’appliquer (et même davantage) à plusieurs autres films. Et à tellement d’autres choses… qui ne sont même pas divertissantes, en plus! S’cusez-là?!?
Réal.: Steven Spielberg, É.U., 2005

Bewitched

Un vendredi soir de cinoche entre copines (avec Jani). J’étais d’abord inspirée par la série télévisée, qui me revenait en tête et que j’avais beaucoup aimée. Je me suis dit, du coup, qu’il y avait vraiment matière à faire quelque chose de très bien – et de très drôle. Et nous avions envie d’un petit film «cute», d’une comédie légère… alors, pourquoi pas!?!
Je ne ferai pas ici une longue critique étoffée. D’abord, parce que ce n’est pas un grand film, comme on s’en doutait, et ensuite parce qu’il s’agit donc plutôt d’un petit divertissement, mais sans plus. Pas de grande trouvaille, pas de tournure d’événement intéressante ni d’humour très original, mais avec une certaine facilité et un peu trop d’exagération pour ajouter de la crédibilité au scénario (dans l’histoire d’amour, je veux dire -pas celle de la sorcière-, rassurez-vous!). Même les comédiens, qui sont relativement bons, me semblent vraiment mal utilisés et certainement pas à leur plein potentiel (Nicole Kidman, Will Ferrell, Michael Caine, Shirley MacLaine).
En fait, je résumerai ainsi ma pensée: mes souvenirs de la série (ma mémoire, donc) dépassent largement mon appréciation du film. De là à dire que ma mémoire m’a moins déçue que mon imagination débordante (doublée de mon exaltation et positivisme naturel), il n’y a qu’un pas! Mais je parle de ce cas en particulier car, heureusement, ce n’est pas toujours (ni même souvent) comme ça.
Réal.: Nora Ephron, É.U., 2005.

Star Wars – Episode III: The revenge of the Sith

Hmmmm! Petite précision en commençant, mais qui est d’une extrême importance, je crois: je ne prétendrai pas, ici, être une adepte et encore moins une connaisseuse de cette série de films de science-fiction. Pas plus, du reste, que j’aurai la prétention d’apporter un éclairage nouveau. Je me contenterai donc de «chroniquer» ou de «billeter» sur le sujet!
Je viens de voir le dernier chapitre, la «finale» ou plutôt le milieu, mais qui, selon la logique du réalisateur, vient boucler la boucle et défie du même coup toutes les règles et usages de la chronologie. J’exagère un peu, mais ce genre de pratique demeure tout de même, pour moi, quelque peu obscur. Ou fait partie des choses que je comprends peu. Même si, de toute façon, il ne me serait pas d’un grand intérêt de chercher à comprendre non plus. Trève de préambule, je l’ai donc vu, au cinéma.
Parce que même si je ne suis pas une inconditionnelle, tout le travail, le déploiement, les effets utilisés dans ces méga-productions m’apparaissent du reste en valoir largement le coup. Pour le côté visuel et impressionnant, donc. Pour le grandiose que le visionnement -et la trame sonore- en salle procurent.
Star Wars (entendre toute la série) est vraiment une des seules du genre qui ait retenue mon attention et mon intérêt. Personnellement, je m’ennuie généralement dans ce genre de «trip» qui me semble plutôt adapté aux fantasmes masculins (ou tout droit tirés de ceux-ci?). Et/ou, c’est que je suis davantage une personne qui aime le «concret», qui est peu encline aux longues et confuses batailles (encore plus quand elles sont de nature spatiale et future) et qui relèvent de l’imaginaire d’inspiration fantastique. Voilà, c’est dit!
J’aime donc cette série parce qu’elle a une histoire, une vraie (en fait, plusieurs qui se croisent et se continuent) et des valeurs. Parce qu’elle est remplie de sentiments de toutes sortes, parce qu’elle est, malgré tout, empreinte d’une certaine humanité. De beaucoup d’humanité, en fait. En plus de l’humour, qui me semble par contre avoir perdu un peu de son charme (et de son importance) dans les trois derniers films (en réalité les trois premiers).
J’aime aussi les personnages (surtout les humains, je l’avoue… ainsi que C3PO, R2D2, sans oublier le plantureux et viril Chewbacca). J’ai, à l’inverse, un peu de misère avec les pseudos robot-avec-un-vrai-coeur-au-vif-sous-l’armure-et-qui-ressemble-à-une-sauterelle-nucléaire-à-la-voix-électronique (genre: le général Grievous, dans le clan des Sith). Je suis toujours mystifiée vis-à-vis de telles… choses. Ciel qu’il me serait impossible de même penser à commencer à imaginer ces créatures. Et surtout: pourquoi le ferais-je???
Mais le son, la musique, la trame dramatique et le rythme effréné me gagnent chaque fois. Bien sûr, cette fois-ci comme pour les autres, je déplore certaines longueurs (un gros 30-45 minutes, bien personnellement). Mais ça le fait quand même. Et j’aime beaucoup les (bons) comédien-nes qui font partie de la distribution. C’est du sérieux, qui apportent de solides prestations.
Petite confidence (et déception), en terminant: eh oui! j’avais malgré tout espéré qu’on nous introduirait (de quelque mystérieuse façon) le beau Ian Solo! Ben quoi??? Une femme a le droit de rêver! Je sais, je sais, côté casting cela eût été désastreux et fort peu crédible. Mais moi, je l’aimais et il me manque, ce voyou interstellaire! (ne feignez pas la surprise, j’ai avoué, dès les premiers billets, être quétaine et m’assumer comme telle!).
Réal.: George Lucas, É.U., 2005.