Scoop

J’aime Woody Allen. Bizarrement, ce n’est pas tant «l’ancien» Woody Allen que j’aime (et même si je l’aime aussi!), que le réalisateur que je côtoie -à travers ses films- depuis les 15 dernières années, disons.
Je le trouve très talentueux, comme réalisateur. Et qu’est-ce qu’il me fait rire, comme comédien/personnage!
Après le percutant « Match Point » (dans lequel il brillait d’ailleurs par son absence), j’ai vu récemment «Scoop», son dernier. Et j’ai retrouvé Allen, dans le délicieux rôle de Splendini, le magicien. Qu’est-ce qu’il est énervé, éparpillé, intense et d’une vivacité d’esprit incroyable, à nouveau. Nous avons beaucoup ri, pendant la projection, lors de ses envolées délirantes et ironiques à Scarlett Johansson et à d’autres personnages du film. D’ailleurs, je suis certaine d’avoir manqué plusieurs gags, car il les défile, à la mesure de son niveau de stress, soit à un rythme d’enfer.
Scoop, c’est l’histoire d’une apprentie-journaliste (SJ) qui reçoit de l’aide -inattendue et inespérée, comme dirait l’autre!- d’un ancien journaliste, lors d’un spectacle de magie, afin d’effectuer une étrange enquête sur un encore plus étrange -et supposé- tueur en série (Hugh Jackman). Ça raconte leur rencontre (WH/SJ/HJ), leur enquête et leurs «acoquineries» diverses. Trio débridé et débridant (si la chose se peut – et se dit).
C’est une histoire drôle, aux événements parfois prévisibles, parfois un peu surprenants, mais toujours intéressants. J’ai bien aimé le rythme, qui varie selon la tournure et l’intensité des événements. Et que dire de cette «pseudo-tension-archi-dramatique», si chère à Allen, et qui nous fait chaque fois rigoler lors de (plutôt) tragiques événements.
J’aime. Tout simplement.
Réal.: Woody Allen, É.U., 2006.

Funérailles

Ce week-end, nous avons assisté en famille à des funérailles. Mon frère et ma soeur sont venus en compagnie de leurs -formidables- rejetons. Ils les avaient préalablement «briefés» sur la chose, les petits ayant été plutôt épargnés, de ce côté, jusqu’à maintenant. Ils leur ont donc expliqué que ce serait triste, qu’ils devaient rester sages, que les gens seraient sérieux, voire émotifs, etc. La galère habituelle, quoi!
Cette fois-ci, ce fut un peu différent. D’abord parce que le défunt (un de mes oncles/frère de mon papa) ne fut pas «exposé». Une petite boîte en bois témoignant simplement de son passage parmi nous. Avec de très beaux montages de photos/souvenirs disposés à côté, comme témoins du passé. Plus discret et certes moins impressionnant, comme «set up», pour les enfants. Et du coup, on dirait que l’atmosphère était en peu plus détendue ou sereine, peut-être.
Je me suis assise quelques minutes, histoire de jaser un peu avec mes neveux/nièce. Le plus jeune, Charles, est venu me raconter comment se passait sa rentrée scolaire à la grande école. Et il n’était pas peu fier de me chanter -avec enthousiasme et moultes gestes- une nouvelle contine fraîchement apprise.
Parallèlement, beaucoup de gens sont passés nous offrir leurs condoléances. Puis un prêtre et les frères/soeur ont pris la parole. Des témoignages souvent drôles, et plus touchants par moments. Nous avons donc, tour à tour, éclaté de rire, tous ensemble, puis retenu (ou pas) quelques larmes, quelques «motons».
Charles était debout à côté de moi, à l’avant (devant le prêtre), apparemment très curieux et intéressé par tout le processus. Il regardait/écoutait les orateurs nous entretenir, puis les réactions des gens dans la salle, suivi du rituel religieux de circonstance. Le prêtre était ma foi plutôt sympa et somme toute intéressant. À un moment, Charles s’est collé contre moi et, quand je me suis agenouillée pour être à sa hauteur, m’a chuchoté tout doucement, détachant chaque syllabe, comme par un grand respect: «C’est l’fun, venir ici! J’aime ça, moi!». J’ai étouffé un fou rire et suis restée ainsi avec lui. Le prêtre a entamé le «Notre Père» et la foule a embarqué avec lui. Cette fois, Charles était vraiment impressionné, presque mystifié. Il m’a regardé le plus sérieusement du monde (en chuchotant toujours) et m’a dit: «Wow. Tout le monde la connait…», en parlant de la comptine des grands, qu’il entendait, lui, pour la première fois!

OSS 117 – Le Caire nid d’espions

Je suis allée voir ce film un petit peu par hasard, ayant envie et besoin d’une petite comédie rigolote. Et c’est surtout Jean Dujardin qui nous a d’abord intéressés, car je trouve qu’il est un excellent comédien.
Je n’ai bien sûr pas suivi les épisodes de «Un gars, une fille» français, qui l’ont vraiment révélé au grand public, mais j’ai vu quelques-uns de ses films, dont Le Convoyeur et Mariages, où il était également très bon.
Avec son personnage de pseudo-agent secret, JD a le sourcil et le sourire aussi mobile et polyvalent que d’autres la démarche et le registre de voix. Il ne se prend pas au sérieux, mais sans tomber dans le clownesque non plus. C’est ce qui fait à mon avis (en grande partie) la réussite du film. L’humour y est dérisoire, ironique. Le personnage est drôle, sans prétention et somme toute intéressant, avec (aussi?) un certain talent pour les services secrets… même si c’est presque par hasard -ou un peu malgré lui-!
Un film bien tourné, avec des bons acteurs. L’intrigue/l’histoire est intéressante et les rebondissements farfelus. Les décors/les lieux/la caméra sont vraiment beaux. L’ensemble a une touche intéressante qui nous rappelle le cinéma des années 50. Comme un hommage, peut-être.
Du vrai cinéma de divertissement, drôle et bien fait.
Réal.: Michel Hazanavicius, France, 2006.

Ensemble, c’est tout

J’ai longtemps hésité à le lire, ce fameux bouquin. Parce que trop de gens m’en avaient parlé, parce que tout le monde avait aimé, et parce que généralement tout cela est synonyme de déception, mon tour venu.
Tant pis pour moi, en fait, parce que je me suis finalement laissée prendre, moi aussi! Complètement. Et j’ai beaucoup, beaucoup aimé.
Une si belle histoire. Qui fait tellement de bien. La thérorie des dominos à l’envers, nous résume la couverture arrière. Quatre écorchés de la vie qui se retrouvent -et se relèvent- ensemble, par la force des choses ou des événements. Une jeune femme qui fait des ménages, une vielle femme qui perd son autonomie, un chef caractériel et un excentrique intellectuel.
Des personnages si réels et si opposés en même temps, qui vivent des choses vraiment difficiles. À chacun son drame, ses démons, ses craintes et ses rêves aussi. Et à tous, la chance de connaìtre autre chose, de découvrir l’autre. Et peut-être se découvrir soi-même, chemin faisant. Je n’ai pas envie d’en raconter plus, de parler des événements, de décrire davantage leur parcours. Parce que là réside en grande partie l’intérêt de ce livre.
J’ai beaucoup aimé son écriture, chaleureuse, émotive, vivante, on dirait presque «spontanée». Et son style, si vif, si plein de sentiments, d’humour doux. Une histoire sincère, simple, drôle, accrocheuse. Et généreuse. Pas très courant, il me semble, en littérature, de nos jours. Une vraie générosité. Et qu’est-ce que ça fait du bien!
Aaaaah! Une fois de plus, j’ai connu cet extraordinaire tout petit miracle, ce moment de grâce qui nous oblige à mettre momentanément notre livre de côté, à fort contrecœur et avec, pour seule raison de capituler/s’y contraindre (outre les aléas de la vie, s’entendre!) la hâte et la promesse formelle d’y revenir dès que possible, sous peu, dans un instant…!
Parfois, un livre est pour moi un voyage, ou un rêve, une trêve, un déchirement… Parfois aussi, comme pour ce livre, c’est un inespéré mais ô combien délicieux rayon de soleil sur mon visage, bonheur d’été, mais lors d’une longue et grise journée d’hiver.
Anna Gavalda, France, Le Dilettante, 2001.

The Sisters

Un petit film qui m’intriguait, et que j’ai loué récemment. Il m’intriguait car je n’en avais pas vraiment entendu parler, malgré les bons acteurs et actrices qui y figurent et le fait qu’il soit parmi les nouveautés. Mais la facture, le générique, je ne sais pas, il y avait un petit quelque chose, une simplicité dans la réalisation peut-être?, qui me disait que c’était probablement ce qu’on appelle «un film tourné pour la télévision». En même temps, je ne sais pas trop pourquoi je dis ça, parce que je n’ai jamais vraiment su ce que ça voulait dire, au fond!?! Est-ce un film «un peu moins bon», parce qu’il joue seulement au petit écran? Est-ce le format, qui est différent (durée, façon d’être monté)? Autre??? Mais bon… c’est une autre histoire, je m’égare!
Le film est basé sur l’œuvre de Chekov (Les 3 sœurs). Même si j’ai vu la pièce (il y a plusieurs années), bizarrement, j’avais oublié tout le niveau de tragédie, de complexité, de «prenage de tête» qui m’attendait!
Dès les premières minutes, ce quasi huis clos de discussion, analyse psychologique, drame, ressentiment et interminables argumentations m’est revenu… Bon, j’exagère un peu! Ce n’était pas si pire, vraiment! En fait, j’ai plutôt aimé, mais il faut tout de même être de bonne humeur et avoir l’esprit disposé à cela, disons.
Les comédiens et comédiennes sont tous sont bons et crédibles (Chris O’Donnell, Elizabeth Banks, Maria Bello, Erika Christensen, Steven Culp, Tony Goldwyn, Mary Stuart Masterson, Eric McCormack).
C’est l’histoire de trois soeurs, qui ont apparemment vécu une enfance trouble après la mort de leur père, un illustre académicien, la relation particulière qui les unit et celles, toutes aussi particulières, qu’elles ont respectivement avec les autres/leurs amoureux. Des relations complexes, difficiles, et très intenses.
Il y a vraiment une citation en particulier qui m’a marquée (je tiens à préciser que, sur le nombre total de phrases entendues/proférées, ce n’est pas rien!). Et qui m’est restée en tête longtemps après. Par sa lucidité, sa profondeur, sa difficile véracité. Ça se passe vers la fin, lorsque la soeur cadette (jeune femme dans le début vingtaine) résume ainsi sa jeune (mais plutôt mature) philosophie de la vie: « (…) But If we get too far from what we’ve planned four ourselves -in life-, if concessions and compromise become our life… we disappear, with our aspirations ».
Intéressant… ou troublant, peut-être? En tous cas, ça résume assez bien l’histoire (ou les histoires).
Réal.: Arthur Allan Seildman, É.U., 2005.