Encore tout récemment, soit à l’occasion de la fête de Pâques (mieux connue chez nous en tant que «fête officielle du chocolat»), nous avons tous été conviés (entendre ma famille et moi-même) à un copieux et succulent brunch chez ma super soeur, Christine.
Qu’est-ce que c’était bon, et tellement agréable. Nous nous sommes régalés autant qu’amusés, en gang. Et même si la météo n’y était pas, nous, on s’en fou, il faisait beau quand même!
Ayant trop abusé (de tout, sauf de nous-mêmes, bien sûr, on est en famille, quand même…), nous nous sommes ensuite dirigés vers le petit parc à proximité de la belle maison de Cri, histoire de faire un pied de nez au froid et de nous activer un peu pour digérer toutes les bonnes choses à peine engouffrées.
Nous avons joué au football, les enfants ont couru, se sont balancés, ont joué dans les modules et le sable.
Ma nièce adorée, notre formidable Justine Nationale, était spécialement en forme ce jour-là (mais en y repensant, je me demande s’il ne s’agit pas là d’un pléonasme, finalement!?!). Peu importe! Elle nous avait tous concocté et offert, « on the spot », de magnifiques bricolages-à-grand-déploiement (fallait être là). Puis, une fois au parc, elle s’est occupé de la portion «animation», bien spontanément et de son initiative toute personnelle… Nous pouvons par ailleurs tous témoigner qu’à ce chapitre, la pomme n’est définitivement pas tombée très loin de l’arbre (tout comme pour les projets et les bricolages, du reste)!
Mais revenons-en au parc, et à Justine l’animatrice. Elle s’est mise à nous raconter toutes sortes de choses, d’histoires, des blagues, pour nous faire rire et nous distraire, en commentant ses gestes, allées et venues. Elle est trop drôle! Avec un réel talent (et intérêt) pour l’improvisation.
À un moment, frappée d’une inspiration aussi heureuse que soudaine, elle se met à nous faire une «danse de Yo», nous explique-t-elle. Et à se déhancher, en se pliant les genoux, jambes écartées, et se roulant le bassin dans tous les sens (comme peu de petites filles de 5 ans peuvent le faire, j’en ai bien peur… visiblement beaucoup «d’avenir» à ce chapitre, la belle coquine!).
Elle se déhanche donc, en bougeant ses mains et ses bras, un devant et un derrière elle, très cool, très «yo», quoi! Et elle continue, encouragée par nos rires et nos applaudissements enthousiastes, en nous expliquant sa science qu’elle maîtrise apparemment déjà!
Tout à coup, on entend la petite voix douce de son beau cousin Charles, juché derrière elle dans le module: «Hey! Justine! Moi j’suis Spiderman», déclare-t-il non sans une certaine prestance. Justine lui répond alors, «tout de go» et se tournant à peine la tête vers son épaule gauche, afin qu’il entende bien sa réponse mais sans que nous en perdions la moindre bribe, en parallèle: «Cool! Viens-t’en, Spiderman, on va s’prendre un soda»!
Qu’est-ce qu’on a ri! «On va s’prendre un soda»!?! MY GOD! Aucune idée où elle a pu dénicher ça, du reste! Chère Juju! Une petite phrase conviviale digne de notre (feu) grand-maman Jeanette, d’ailleurs. Le genre de choses qu’elle nous aurait dite, textuellement, il me semble.
Petite précision (au cas où certains-es se posent la question): En l’interrogeant sur le fameux soda, Justine nous a expliqué qu’il s’agissait tout simplement d’une «boisson à partager», d’un genre de «bière», finalement…
Avec leur agilité et leur capacité de déhanchement respectives, sans oublier leur imagination débordante, s’il faut en plus que Spiderman et la danseuse Yo se mettent à boire un soda… on est pas sortis du bois, je peux vous l’assurer!
Peindre ou faire l’amour
Un autre film issu de ma cuvée 2005 du FNC. Dont le synopsis m’avait intriguée, et la liste des comédiens vraiment intéressée.
Avec de formidables comédiens-nes dans les rôles principaux: Sabine Azéma, Daniel Auteuil, Sergi Lopez. Ce dernier y est vraiment très bon, comme toujours. Cette fois-ci même un peu surprenant, dans le (convaincant) rôle d’un maire aveugle. Les deux autres sont également crédibles, mais j’ai trouvé leur jeu un peu convenu, disons. Ou ce sont leurs personnages respectifs qui le sont, peut-être?
L’histoire d’un couple dans la 50aine, à l’aube de la retraite, qui décide de s’acheter une (ô combien magnifique) demeure à la campagne, afin de profiter de la vie. Et d’eux-mêmes, ainsi que des voisins et de plusieurs autres personnes, puis-je ajouter.
Un drôle de scénario. Au sens de bizarre. Un film qui parle d’échangisme, sans vraiment l’assumer, on dirait. Une sensualité décevante, une atmosphère étrange et ambiguë. On reste en surface, malgré l’intensité apparente des situations. Les dialogues sont intéressants et l’intérêt est maintenu. On demeure curieux, on veut savoir où tout cela va mener. Et même si l’issue m’a -personnellement- déçue.
Les paysages et le décor sont vraiment superbes. On a envie d’y être, ne serait-ce qu’en simple touriste. En fait, c’est ce qui s’est passé pour moi: je ne suis pas vraiment entrée dans l’histoire. Je suis demeurée simple spectatrice, de l’extérieur.
Et en fait, c’était peut-être ça un peu le pari: parler d’un sujet si chaud, si intense, mais de façon très classique et même un peu froide? Si oui, mission accomplie!
Réal.: Arnaud et Jean-Marie Larrieu, France, 2005.
La foret des mal aimes
Je l’ai acheté dès sa sortie il y a plusieurs semaines déjà et, depuis la toute première écoute, je suis séduite. Ce qui est très rare, dans mon cas.
Pierre Lapointe est un incroyable musicien, compositeur et interprète (je l’ai sûrement déjà dit pour son premier album). Je le répète donc! Autant de talent dans une seule et même personne est fascinant. Vraiment.
J’adore ce deuxième album, que je ne me tanne pas d’écouter, d’explorer, d’apprécier. Et ce, malgré que les grandes attentes que m’avait imposées d’emblée le premier.
Cette fois-ci, sa musique est encore plus enlevante, plus harmonieuse, disons. Je pense qu’il n’y a qu’une chanson qui me plait un peu moins sur tout l’album («De glace»). Les mélodies sont tellement entraînantes et son style, toujours aussi théâtral.
Mon plus grand coup de coeur va pour la toute petite «Qu’en est-il de la chance». On dirait le thème d’un enivrant «road movie». Et j’aime aussi la chanson titre, ainsi que «Deux par deux rassemblés», «L’endomètre rebelle», les chansons à numéro (25-1-14-14), «Nous n’irons pas», «Au pays des fleurs de la transe», etc., etc. Elles sont toutes bonnes, et plusieurs sont tout simplement formidables.
C’est moi ou les textes sont un peu plus accessibles que sur le premier? Ou alors ce sont les mélodies plus légères qui nous donnent cette fausse impression… J’oserais un peu plus de transparence, peut-être, ou un peu moins de grande lourdeur. Mais il est toujours aussi intense et passionné.
C’est vraiment, vraiment, tout bon. Je me demande déjà à quoi va ressembler son prochain spectacle…
Sur étiquette Audiogram, Québec, 2006.
L’ere de glace 2 – La fonte
J’ai beaucoup aimé le premier, et je dois avouer avoir autant apprécié la suite, sinon plus! Plus, en fait.
Le premier volet venait installer un peu le contexte, les personnages, et nous racontait une aventure qui les avait tous rapprochés. Cette fois-ci, c’est une belle grande quête qu’ils vivront, ensemble et en parallèle. La quête de leur identité, leur appartenance, leur tribu mais aussi la quête de la reconnaissance, du respect, de l’amour. Avec, comme toile de fond, l’amitié et les liens étroits qui les unissent déjà.
Devant la fonte imminente des glaciers, le célèbre trio ainsi que leurs nouveaux amis doivent se résigner à quitter leur coin de pays pour vivre un grand périple, afin d’assurer, on l’espère, leur survie. Tout un suspense!
Ce qui me fascine toujours dans ce genre de film (d’animation), c’est la capacité des artisans qui les produisent de nous faire entrer complètement dans l’histoire et nous faire croire aux personnages, comme s’ils existaient vraiment.
Dans ce nouveau volet, moi, ce sont les frères opossum qui m’ont fait craquer. Leur arrogance, leur inépuisable énergie mais aussi leur côté si intense et dramatique. Et les traits de caractère, les mimiques qu’ont leur a données qui sont tellement visuelles et drôles, c’est incroyable.
Un film plein d’humour (toujours à deux niveaux, enfants et adultes), que l’on suit avec grand intérêt. C’est tout bon, vraiment. Le rythme, l’histoire, les dialogues, la trame sonore et la musique.
Et bien sûr, on retrouve à nouveau le délicieux petit écureuil, qui tente encore et toujours aussi désespérément -pour notre plus grand plaisir- d’attraper la démoniaque noix…
Réal: Carlos Saldanha, É.U., 2006.
Where the truth lies
Le dernier film de ce réalisateur que j’affectionne particulièrement.
Cette fois-ci, par contre, j’ai été un peu déçue. Pour la première fois, en fait, si ma mémoire est bonne.
Je n’y ai pas retrouvé sa touche habituelle ou sa signature, disons. Empreinte d’une certaine singularité, d’un certain trouble, d’une intensité palpable et dérangeante. Cette fois-ci, l’ensemble est plus convenu, plus traditionnel. Pas le même mélange de malaise, d’ambiguïté et de mystère diffus auquel il nous a habitué.
L’histoire d’un tandem de comédiens qui ont connu leurs heures de gloire aux États-Unis dans les années 1950 et qui font l’objet d’un projet de biographie mené par une jeune journaliste et admiratrice de longue date. La jeune femme s’intéresse particulièrement à un meurtre non résolu qui a eu lieu dans la suite d’hotel des comédiens.
Un scénario intéressant, mais avec certaines longueurs. Le rythme n’est pas constant et certains passages ou événements m’ont fait décrocher un peu. Pas autant de finesse dans le traitement ou le montage. La période est bien reconstituée.
Les comédiens sont bons, mais sans plus. Ils rendent bien leurs personnages, sont crédibles mais on a l’impression qu’ils sont restés en surface dans leur jeu. Avec Kevin Bacon, Colin Firth (le duo de comédiens) et Alison Lohman (la journaliste).
Réal.: Atom Egoyan, Canda, 2005.