Bureaux

Pour moi, Alexis Martin est un des plus talentueux artistes québécois. C’est un génie! On peut aimer ou non le style, l’humour, les sujets de ses oeuvres, mais je pense que son talent est indéniable.
Bureaux est une pièce complètement éclatée sur le sens de la vie (ou la recherche perpétuelle pour lui en donner un -peu importe lequel- ni où il se trouve…), les absurdités de celle-ci, les valeurs actuelles de la société et des gens, une réflexion aussi, sur la place de la religion, la sexualité, la consommation, la maladie, dans notre quotidien. C’est parfois drôle, parfois surprenant (et parfois encore très très surprenant!), parfois déstabilisant, parfois un peu déprimant. Une pièce d’un très grand intérêt, qui fait définitivement réfléchir. Et rire! Beaucoup, et de toutes le couleurs.
La pièce est élaborée autour du thème des bureaux, ces petits endroits physiques où chacun exécute son travail, sa passion, ses obligations – selon. Différents bureaux pour différentes personnes et professions. Certaines plus improvisées que d’autres (je pense entre autres au délirant Langelier des Galeries d’Anjou) (faut avoir vu la pièce pour comprendre!). Avec des situations précises qui se vivent dans ces bureaux par les principaux protagonistes. Au fur et à mesure que la pièce avance, les histoires se croisent et se mêlent un peu, les bureaux et les personnages aussi.
La mise en scène est très anti-statique. Les bureaux entrent puis ressortent de scène entre deux changements de décor, les personnages défilent et se dévisagent, les situations changent. C’est très spécial. Les dialogues sont tout à tour intenses, drôles, durs, complexes et même crus. Il y en a pour tous les goûts! Le décor et les accessoires sont tout simples mais utilisés de façon ingénieuse, permettant de beaux flashs et des petites trouvailles. Les costumes sont réalistes et sobres, à l’image des personnages et de leurs activités.
Les comédients sont vraiment, mais vraiment très bons. Mention spéciale pour Guylaine Tremblay et François Papineau, qui sont, ma foi, hallucinants (un peu à l’image de leurs personnages d’ailleurs). Guylaine prend des accents et des intonations surprenantes, de façon convaincante. François passe du fou-furieux-sexuel au pseudo-Jésus. Également très crédible. Les autres aussi: Julie Le Breton, Patrick Drolet, Jacques l’Heureux, Stéphane Brulotte et Alexis Martin (exquis dans son petit rôle de docteur indien).
Une pièce écrite il y a quelques années qui est on ne peut plus d’actualité. Des situations provocantes, presque choquantes, qui nous rappellent toutes plus ou moins quelque chose. Des thèmes intéressants à aborder au théàtre, surtout de si inventive et dynamique façon.
J’ai beaucoup aimé la pièce et la disposition de la scène, qui permet toute cette action. Dans une si jolie petite salle, ça donne un moment intense, vivant, et presqu’intime en même temps. Bravo à toute l’équipe (et un gros merci à mon gentil, talentueux et généreux fournisseur!).
Au Théâtre d’Aujourd’hui, texte et mise en scène de Alexis Martin. Produite par le Groupement forestier du théâtre.

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