janvier 2005 archive

U2 – Best of 1980-1990

Je m’assume: j’aime la musique qui a fait le bonheur de mon adolescence/jeune âge adulte, et qui fait, depuis, celui de la personne que je suis maintenant! En descendant la liste des titres, peu importe laquelle des deux décennies couvertes: on les connait toutes!
De «New Year’s Day» à «Sunday Bloody Sunday», en passant par «I will follow», «Pride», et «With or without you». C’est vraiment impressionnant à quel point U2 fait partie de ma vie (et celles de millions d’autres) et est rattaché à plusieurs moments importants et/ou souvenirs précis. J’ai vu quelques très bons shows d’eux et je reste une «fan» inconditionnelle. Et comme Bono est de plus un grand ami de Wim Wenders et a fait pour lui -de façon très spéciale- la trame musicale du film «Million Dollar Hotel», ça va très loin!, comme dirait Anémone dans le Père Noël!
D’ailleurs, j’ai même eu le privilège de le rencontrer EN PERSONNE. Il y a quelques années, au FCMM, à l’Ex-Centris. Avec super Julie, en plus! J’ai failli trépasser d’émotion! Il était venu présenter le «making of» de la musique du film (Million Dollar Hotel). Nous l’avons par la suite écouté presque «ensemble»… il était assis en avant, à quelques place de nous. Entendons-nous: je ne suis pas «groupie», mais il y a toujours des limites! Je retenais mon souffle tellement j’avais peur qu’il entende mon coeur débattre!!! (hihihi! j’exagère à peine!) Un beau moment, en tous cas!
J’ai essayé d’en trouver: je pense qu’il n’y a pas une seule chanson que je n’aime pas ou que je sauterais, selon mon humeur, en écoutant le cd dans ma voiture. Toutes, je vous dis! Elles sont TOUTES bonnes!
Je connais moins les albums les plus récents (je ne les ai pas). Mais U2 est définitivement un des groupes les plus marquants et ce, de façon si durable (à travers plusieurs décennies). C’est un extraordinaire phénomène. Une sonorité dont on ne se lasse pas, apparemment. Et qui ont certainement le sens inné du succès. Un groupe intemporel on dirait. Ou éternel!?!
Étiquette Island, 1998.

21 grams

Il y a des films qui vous intriguent. Des films qui retiennent complètement votre attention. D’autres qui vous dérangent. Celui-ci appartient aux trois catégories en même temps, et plus spécialement à la dernière. Et il vous rentre dedans (comme très peu l’ont fait pour moi).
Chassé-croisé d’histoires tragiques pour certains, et plus heureuses pour d’autres.
Mais chacune étant indissociablement liée, à la source ou la conséquence l’une de l’autre. Dans tous les cas, des situations extrêmement complexes et chargées d’émotions. Avec comme point de départ un accident, qui a des répercussions sur les vies de plusieurs personnes, de façon diamétralement opposée.
Le montage appuie et ajoute un certain suspense. C’est une lente découverte des événements, dans le désordre, mélange de temps réel et de retours en arrière.
Mais l’intérêt premier de ce film, pour moi, est ailleurs. Je garde en tête une scène, en particulier. Impossible pour moi de l’oublier. Fascinant exemple de réalisme, d’intensité et de l’atmosphère incroyablement trouble qui est maintenue tout au long du film. Je ne vous raconte pas l’histoire, ni le contexte. Sean Penn et Naomi Watts sont dans une cuisine et cette dernière éclate subitement, explose, n’en peut plus. Je ne me souviens pas de m’être sentie aussi mal à l’aise. Comme d’assister réellement à une telle scène et d’avoir juste envie de se retrouver aussitôt n’importe où, mais ailleurs.
Naomi Watts et Sean Penn y sont tous deux à couper le souffle. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas pourquoi Sean Penn n’a pas reçu le Oscar de l’interprétation masculine pour ce rôle (au lieu de celui qu’il tenait dans Mystic River). Histoire de politique, certainement!
Benicio Del Toro est plus grand que nature, ce qui, avec son physique, ne laisse pas beaucoup de place à l’erreur. Il pourrait facilement tomber dans l’excès. Surtout en regard de son personnage, un genre de «Jesus freak» (excusez l’anglais). Il est étonnant, bouleversant. Et même attachant.
On apprendra au passage le pourquoi du titre. Détail intéressant qui vient boucler la boucle. Autre fait à mentionner: le côté très réaliste, très «cru» de ce film, qui est admirablement renforcé par la caméra, le plus souvent à l’épaule. Parfois dérangeant (beaucoup de mouvement), mais un effet très puissant sur le résultat final.
Réal.: Alejandro González Iñárritu (celui qui nous a donné, entre autres, «Amours chiennes/Amores perros»), É.U., 2003.

My life without me

Une copine qui a vu ce film tout récemment me l’a ramené en mémoire. Je l’ai vu l’an dernier. J’avais été très touchée par la sensibilité du sujet, du jeu des acteurs et la mise en scène de la réalisatrice.
Le point de départ n’est pas évident: Ann, une toute jeune femme -conjointe et mère de famille- apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer et qu’il lui reste 2 mois à vivre. De là, on pourrait s’attendre à des explosions d’hystérie et des débordements sur-dramatiques… mais il n’en est rien. Ann envisagera très vite sa situation, celle des siens, la fatalité de ce qui l’attend à très court terme. Elle décidera de vivre le temps qu’il lui reste le plus complètement et intensément possible, tout en préparant le vide qu’elle laissera inévitablement pour ses proches.
L’héroïne (car elle en est une, rien que par les choix qu’elle fera et qu’elle essaiera d’assumer, tant bien que mal, jusqu’au bout) est jouée par Sarah Polley (que l’on a vue dans quelques films d’Atom Egoyan). Renversante prestation. En fait, tous les acteurs-trices sont très bons, mais je me dois de mentionner plus particulièrement les deux petites filles de Ann, qui sont incroyables. D’une maturité et d’un réalisme très émouvants. Comme je suis fan et que je le trouve vraiment très très beau, je souligne enfin le rôle que tient Mark Ruffalo. Encore là, rien de drôle dans son personnage, mais beaucoup de sincérité dans son jeu.
Un film d’une rare justesse et d’une grande retenue, malgré le propos tellement difficile. Un bel exemple de ce que peut être (et devrait être, selon moi) un drame sntimental qui se respecte et ne fait pas dans le sensationnalisme gratuit (si souvent navrant).
Réal.: Isabel Coixet, co-production Canada-Espagne, 2003.
La réalisatrice a également fait l’adaptation cinématographique du livre à la base de ce film. Impressionnant résultat! (et qui donne très envie de lire le bouquin).

Flammes – Niagara

Tout en faisant des travaux chez des amis ce week-end (que je salue en passant, et à qui je dis: Bon courage! ça achève!!!), j’ai eu le bonheur de ré-entendre cet album (l’équivalent d’un «best of») de Niagara. Il y avait longtemps que je l’avais écouté, ça m’a rappelé nombre de formidables souvenirs.
Certainement un des mes albums préférés, à vie! (et à date). Niagara, c’est un de mes groupes fétiches -j’ai vu pas mal tous leurs spectacles à Montréal-, à l’époque. Une énergie, un style et un rythme qui me collent littéralement à la peau. Ils ont occupé une grande place dans mes univers sonores du temps du Cégep et de l’Université (ça, par contre, ça ne me rajeunit pas!).
Cet album, je l’ai acheté lors de mon dernier voyage en France, à la FNAC, à Paris. En compagnie de ma soeur et grande amie, Christine et de ma bonne copine Julie L. Rien que ça, un très beau moment qui me reste en mémoire! J’ai d’ailleurs failli y faire une déclaration d’amour à un client et parfait inconnu, sous la motivation monétaire d’une énième et farfelue gageure! (fallait être là!?!).
Je l’ai ensuite écouté en voiture, chemin faisant entre la Bretagne et la Normandie, toujours en compagnie de Julie. Deux copines qui chantent ensemble toutes ces supers chansons, la tête pleine de souvenirs, le cœur léger, par une magnifique journée ensoleillée. Rien de bien désagréable, j’en conviens…
Sur les dix-huit chansons, il y en a qu’une ou deux qui ne me renversent pas! Bonne moyenne!?! Toutes les autres, je les connais par cœur, musique et paroles, et elles me donnent systématiquement l’envie de danser. Mention toute spéciale pour «Soleil d’hiver», «Je dois m’en aller», «Un million d’années», «La vie est peut-être belle», «Quand la ville dort» et bien sûr «Flammes de l’enfer», «TV addict» et «Assez». C’est vraiment trop bon!
Et j’ai inévitablement une belle et grande pensée pour plusieurs ami-e-s, avec qui j’ai eu le bonheur d’assister (et de vivre) ces spectacles au Spectrum il ya de ça déjà très longtemps! Parce que ça fait partie de notre histoire collective et surtout, parce qu’ils font toujours -en grande majorité- partie de mon indispensable et inestimable cercle d’amis…
Étiquette Universal, France, 2002.

La vie la vie

En discutant avec une amie récemment (à qui j’ai prêté les dvds), toute la série m’est revenue en mémoire, avec toute sa simplicité et toute sa splendeur.
À mon avis, une des meilleures séries télévisuelles québécoises, sinon LA meilleure. Ce ne fut certes pas un énorme succès populaire (ce qui, dans mon cas personnel, est généralement rassurant) mais une belle série, bien écrite, bien tournée et merveilleusement bien réalisée.
Stéphane Bourguignon a signé les textes. Un petit projet tout simple à la base. Celui de parler de sa génération (et donc de la mienne – yé!), de ce que l’on vit, de ce qui nous préoccupe, de ce qui nous tient à coeur et nous fait peur. De ce qui nous fait envie aussi et même parfois rêver. Notre vie globale et notre vie quotidienne. Beaucoup de simplicité et d’authenticité à travers tout ça. Avec comme noyau un groupe d’amis, début trentaine: un couple/Marie et Simon, leurs amis Claire, Vincent et Jacques (un homosexuel qui est également le frère de Marie). Ça parle des vraies choses. Des joies, des peines, des remises en questions, des doutes, des erreurs et des bons coups. Ça fait du bien…
À travers les épisode et les saisons, j’ai ri -beaucoup!-, j’ai réfléchi, j’ai pleuré. Je me suis également et régulièrement identifiée, reconnue dans ces histoires et j’en ai été très soulagée. Et le plus important: je me suis sentie tellement moins seule, parfois, dans ce que je vivais ou ce que j’avais vécu. J’y ai redécouvert (ou découvert) des comédiens si justes, si talentueux. Si crédibles. Des rôles sur mesure, on croirait. Je me suis tant attachée à ces personnages et à leurs vies (une première dans mon cas!) que quand la série a pris fin, j’ai vécu comme un petit deuil! Du moins, un petit chagrin. Assez spécial comme sentiment…
La musique originale et toute la trame sonore sont vraiment très belles, admirablement bien adaptées à la série et nous restent en tête longtemps après. La mise en scène est éclatée, sans cesse différente, renouvelée, toujours si bien intégrée avec le sujet, les thèmes, l’humour. Beaucoup d’humour. Montage inventif, renouvelé, extrêmement bien fait, plein de surprises, de clins d’oeil. De magnifiques images, tant des personnages et de leur environnement que de Montréal toute entière.
Une formidable tranche de vie sur une génération qui se cherche et se trouve parfois! (parfois même souvent!), qui aspire à beaucoup, qui est tantôt déçue mais qui se relève chaque fois pour affronter de nouveaux projets ou défis. Sur son rapport avec le travail. Sur ses liens avec la famille, les amis et l’amour. Sur la place que prend chacun, au quotidien. Sur la richesse et sa nouvelle définition, propre à chacun. Mais qui se réfère bien souvent davantage à notre vie entière, au temps que nous avons, aux gens et aux relations qui nous entourent, qu’à de simples considérations monétaires.
Réal.: Patrice Sauvé. Co-produit par Nicole Robert.

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