août 2005 archive

Horloge biologique

J’étais très curieuse de voir le second long métrage de ce réalisateur dont j’avais bien aimé le premier film, Québec-Montréal.
À nouveau, c’est intéressant de découvrir le point de vue de ces hommes «urbains» dans la trentaine, à un ou plusieurs tournants dans leur vie: les engagements dans leurs relations amoureuses et la paternité. De connaître leurs aspirations (ou non!?), leurs désirs (omniprésents), leurs intérêts (pas toujours très nobles ou recherchés, disons) et de leur interaction entre eux et avec les gens -et plus spécialement les femmes- qui les entourent. Un genre de chassé-croisé que je n’aurais certes jamais pu imaginer ni écrire moi-même, en tant que femme. Avec une signature franchement masculine et définitivement macho.
Des histoires en apparence réalistes et teintées d’une certaine tristesse. Cette dernière caractéristique étant assurément une conséquence de la première. On a l’impression de connaître de tels hommes, à certains moments alors qu’en même temps, on a envie de se dire que c’est de la fiction, que ça ne se peut pas, dans la «vraie vie». Certainement à prendre avec une bonne dose de modération, disons, je crois. Du moins, j’ai envie d’y croire! Ces portraits, certes empreints d’une certaine réalité, sont exagérés, amplifiés, cyniques et assurément provocateurs.
Les dialogues sont souvent drôles et à tout le moins percutant, crus. La vision est un peu simpliste, ou est-ce puérile? Mais encore là, il s’agit de mon opinion de celle-ci, de mon analyse toute féminine. L’analogie avec les hommes des cavernes, pour illustrer le côté «primaire» qu’ont parfois ces hommes est drôle et plutôt sympathique, au début. Par la suite, je trouvais l’intérêt moins fort et surtout, j’y ai vu une certaine redondance.
Les acteurs sont tous très convaincants dans leurs rôles respectifs, même ceux qui n’ont pas nécessairement le «physique de l’emploi», comme Paul, le futur-papa (joué par Pierre-François Legendre) et Sébastien, celui qui a un enfant (Jean-Phillipe Pearson). En fait, je pense que le niveau d’impact qu’ils ont eu sur moi était proportionnel à l’ampleur de la déception qu’ils ont ainsi créée, en me déstabilisant et me surprenant par leurs agissements et leurs réactions. Un bon point, un!
J’ai beaucoup aimé la trame sonore, qui m’a ramenée (tout comme les protagonistes) à mon adolescence de façon très visuelle. Les références à ce niveau étaient vraiment intéressantes. Un film bien réalisé, bien tourné, avec un très bon rythme du début à la fin. Certainement une des forces de ce réalisateur.
Réal.: Ricardo Trogi, Québec, 2005.

L’Espace (avec un grand E?)

En commençant la lecture d’une de mes revues préférées -L’Actualité, pour ne pas la nommer!- j’ai parcouru le courrier des lecteurs qui m’a beaucoup intéressée. Plus particulièrement une série de lettres fort éloquentes qui suggèrent de reléguer la recherche spatiale et l’exploration des autres planètes de notre système solaire à un moment plus opportun, disons (en réaction à un précédent article au sujet de la planète Mars).
En effet, les lecteurs affirment qu’il est presque indécent de constater les milliards dépensés à cette fin, mondialement, surtout quand on pense à la famine, la pauvreté et le manque d’eau potable (pour ne mentionner que ceux-ci) qui sévissent encore à l’échelle de notre belle planète.
Vous savez quoi? Même si l’astronomie et les découvertes qui y sont associées m’intéressent beaucoup, même si elles me font rêver et qu’elles me semblent porteuses d’information pertinente et souvent utile à la compréhension que nous avons de l’univers… je suis tout à fait d’accord avec les conclusions et les arguments de ces lecteurs.
En fait, en y repensant un peu, je pense que ce domaine de recherche et ce genre de découvertes pourraient ou devraient passer dans la catégorie «dépense de luxe» de nos gouvernements. Commençons par (tenter?) de régler les problèmes, par (tenter?) de combler les besoins divers de nos populations (eau, logis, paix, santé, sécurité, éducation, etc.) et si, ensuite, il nous reste des (gros) sous… pourquoi pas? Mais pas avant.
Autrement, est-ce que ça ne revient pas à dire que Mars serait en fait plus chère à nos yeux collectifs que notre propre planète? Et à l’intérêt de qui, au fond, je me le demande???
L’Actualité, numéro du 1er septembre 2005.

Les Internationaux de tennis

Un autre billet billet qui aurait pu s’inscrire dans l’inexistante catégorie «de mes yeux non fréquenté» – mais c’est seulement vrai cette année, heureusement! Et malgré de très généreuses invitations reçues pour l’édition 2005 des Internationaux (masculins) au parc Jarry la semaine dernière. Je sais, je sais, ce n’est plus le Parc Jarry, mais moi ça me «gosse» appeler ce parc-ou tout autre endroit public du genre- le parc machin (du nom de tel commanditaire) et ça me «gosse» encore plus quand, une fois que l’on a finalement retenu le dit nom, il change à nouveau pour des raisons politiques et économiques. Bon! c’est dit!
Donc je n’y suis pas allée cette année, à mon grand regret. Mais j’avais une très bonne raison, tout aussi plaisante, du reste, sinon plus: j’étais en vacances à la mer… alors! Que voulez-vous, me suis-je dit!?! C’est la vie! Et il y a des choses bien pires, comme dirait Julie L!
Même si je n’ai vu aucun match, donc, cette année et que je ne peux ainsi nullement parler en connaissance de cause, je puis tout de même avouer ma deuxième déception qui est étroitement liée à la première: Agassi n’a pas gagné! Qu’est-ce que je l’aime, moi! Je le trouve vraiment talentueux, bon joueur, plutôt constant, agréable à suivre. C’est pas plus scientifique que ça, je l’avoue! Et oui, bon, d’accord, il est charmant et mignon (c’est le seul mot à peu près équivalent que j’ai trouvé pour traduire le qualificatif anglais par excellence «cute», mais sans le côté enfantin bien sûr. Mignon mais Homme!).
Le tennis, je trouve ça magnifique à regarder. C’est vrai! C’est un beau sport, un des seuls encore qui soit encore digne de ce nom, exempt de violence et, je l’espère -mais n’oubliez pas que je suis un peu exaltée et assurément un brin idéaliste et romantique- exempt d’utilisation (incontournable) de substances illicites. En tous cas… disons au moins une certitude au niveau de la violence – ça me suffit!
De se trouver assis dans un stade, tout le monde disposé face à face autour de celui-ci, à regarder aussi silencieusement que possible, deux ou quatre joueurs se renvoyer la balle avec (selon) force, grâce, détermination, obstination ou alors colère, maladresse et abandon. C’est beau, c’est impressionnant et c’est aussi enlevant qu’agréable. Et le niveau de ceci est proportionnel au talent des joueurs et à la qualité de l’échange qui se développe -ou non- entre eux. Tout en étant dehors, en plein air, ce qui s’ajoute au plaisir de la chose quand nous assistons, en bonus, à un coucher de soleil ou un bel après-midi ensoleillé mais pas trop chaud.
Et un petit témoignage post-vacances, un!

OOB

Fidèle à moi-même (quelle bizarre d’expression, quand même, quand on y pense!) et à mon «kétainisme» aussi légendaire qu’avoué, je reviens d’une petite semaine de vacances dans le chic Old Orchard Beach qui, quoique beaucoup trop courte, me fit le plus grand bien.
C’est vraiment la mer, moi, qui m’attire dans ce «mini-Québec» des vacances estivales. C’était vrai quand j’étais petite et que nos parents nous y amenaient. Ça l’est encore maintenant. Dans le sens que c’est toujours la mer qui me donne vraiment envie d’y retourner, toujours en compagnie de ma famille autant que possible, et d’amies.
C’est d’abord la vue de la mer, quand j’arrive à OOB et que je descends la rue Union vers celle-ci. Quand l’horizon chaud et bitumeux se transforme subitement en eau et en vagues. Puis c’est l’odeur de la mer (ou est-ce plutôt celle des poissons?!?!), odeur si caractéristique et salée. C’est aussi le bruit de la mer, dont je ne me tanne jamais. Je pourrais écouter ainsi le mouvement des vagues pendant des heures, voire des jours. C’est tellement doux -mais fort en même temps-, relaxant, apaisant, rafraîchaissant même. Et finalement, les vagues. In-cro-yable de se retrouver et tenter de s’insurger contre elles ou au contraire d’y plonger et de se laisser porter le plus loin possible. C’est vraiment un sentiment fanstastique, qui suffit à me convaincre de me lancer à l’eau… malgré la froideur intense de celle-ci. Ciel, que c’est froid, quand même! Impossible (du moins pour moi) d’y rester très longtemps à la fois mais, qu’à cela ne tienne, une raison de plus d’y retourner ensuite! De quoi perdre la boule, se lever subitement de sa chaise de plage en se déshabillant prestement et se mettre à courir, nue et cheveux au vent, en implorant en vain le nom du Seigneur! (en exagérant beaucoup, disons, et de façon quelque peu métaphorique, quand même).
Bien sûr, le soleil, la plage, la bonne bouffe (entendre beaucoup de bouffe – avec une mention spéciale pour les desserts de ma maman chérie!), la farniente, la lecture, les jeux, les discussions et les projections nocturnes de ma super G.O. de soeur ne sont rien pour gâcher mon plaisir, au contraire! On parle d’un tout, c’est clair!
«La mer à Brigitte!», je pourrais donc conclure, afin d’exprimer tout l’amour que je porte à celle-ci – tout en parodiant la si jolie façon qu’a la belle «Ananane» de s’exprimer! (fallait être là, je crois).
Et je salue bien bas -au passage- mes complices dans le vice!

Head-on

J’ai vu ce film avec ma super complice de cinéma, Julie, il y a quelque temps déjà, au superbe ExCentris. Nous avions une bonne idée de ce à quoi nous devions nous attendre, mais quand même, impossible de s’y préparer à l’avance. Percutant. Vraiment.
Un très beau film, mais également très intense et difficile. Un film qui parle de l’amour mais surtout de la peine la suivant ou causée par celle-ci, de la déchirure, de la douleur pure et vive. De la désillusion aussi, qui en découle souvent.
Un film tourné très simplement, à la dure, pas très loin du documentaire dans le traitement et la l’authenticité. Avec une atmosphère presque hallucinante, qui rend de façon aussi juste que réaliste l’histoire et les événements. On est assis sur le bout des fesses, et on les tient serrées (malgré nous), presque tout le long.
Un scénario très touchant qui part de la vie d’un écorché vif, qui rencontre une femme à une croisée de chemins dans sa propre destinée. Deux êtres d’une fragilité et en même temps d’une force incroyables. C’est leur histoire, commune et séparée, leur destins apparemment inchangeables et incontournables. Mais qu’est-ce qu’on aimerait intervenir, changer le cours du récit, des événements. C’est une belle histoire aussi, celle d’un amour (possible ou non), celle de l’espoir sans cesse renouvelé, celle du courage et de la détermination, plus forts que tout. Ou alors, c’est celle de la détresse sans fond, du découragement et de l’abandon, quand on a plus rien à perdre. Mais moi, je préfère la première version… celle qui a beaucoup avoir avec l’instinct de survie.
Les comédiens, que je ne connaissais pas bien, sont criants (dans tous les sens du terme) de justesse, de vérité, d’intégrité, à l’image de leurs rôles. Des prestations fantastiques.
Un film dont on ne ressort pas intact, pour sûr, mais qui nous affecte tout autant qu’il nous questionne et nous permet d’apprécier, selon!, la vie et ce qu’elle nous apporte. Seuls les films allemands ou des pays de l’est me procurent de tels sentiments, en fait. Et c’est probablement pourquoi je les apprécie autant.
Parce qu’on est touchés, bouleversés, mais on se sent en vie… et on ressent tout à coup l’urgence d’en tirer le maximum, là, maintenant. Je sais, je sais. Je suis moi-même une intense et une exaltée. Et c’est très bien ainsi, dois-je ajouter!
La trame musicale était vraiment bonne et à nouveau, percutante. De la musique vraiment collée au récit, bouleversante et très intense. On passe de la musique d’inspiration orientale, turque à Talk Talk (remake), Sisters of mercy et Dépêche Mode.
La «narration» visuelle -et musicale- est assurée par un petit groupe de musique avec chanteuse qui nous accompagne, à différents moments ou étapes du film, assurant ainsi un pont entre les événements. C’est, tour à tour, suprenant, drôle, joli, convenu puis charmant et finalement, définitif. Intéressant.
Réal.: Fatih Akin, Allemagne/Turquie, 2004.

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