Horloge biologique

J’étais très curieuse de voir le second long métrage de ce réalisateur dont j’avais bien aimé le premier film, Québec-Montréal.
À nouveau, c’est intéressant de découvrir le point de vue de ces hommes «urbains» dans la trentaine, à un ou plusieurs tournants dans leur vie: les engagements dans leurs relations amoureuses et la paternité. De connaître leurs aspirations (ou non!?), leurs désirs (omniprésents), leurs intérêts (pas toujours très nobles ou recherchés, disons) et de leur interaction entre eux et avec les gens -et plus spécialement les femmes- qui les entourent. Un genre de chassé-croisé que je n’aurais certes jamais pu imaginer ni écrire moi-même, en tant que femme. Avec une signature franchement masculine et définitivement macho.
Des histoires en apparence réalistes et teintées d’une certaine tristesse. Cette dernière caractéristique étant assurément une conséquence de la première. On a l’impression de connaître de tels hommes, à certains moments alors qu’en même temps, on a envie de se dire que c’est de la fiction, que ça ne se peut pas, dans la «vraie vie». Certainement à prendre avec une bonne dose de modération, disons, je crois. Du moins, j’ai envie d’y croire! Ces portraits, certes empreints d’une certaine réalité, sont exagérés, amplifiés, cyniques et assurément provocateurs.
Les dialogues sont souvent drôles et à tout le moins percutant, crus. La vision est un peu simpliste, ou est-ce puérile? Mais encore là, il s’agit de mon opinion de celle-ci, de mon analyse toute féminine. L’analogie avec les hommes des cavernes, pour illustrer le côté «primaire» qu’ont parfois ces hommes est drôle et plutôt sympathique, au début. Par la suite, je trouvais l’intérêt moins fort et surtout, j’y ai vu une certaine redondance.
Les acteurs sont tous très convaincants dans leurs rôles respectifs, même ceux qui n’ont pas nécessairement le «physique de l’emploi», comme Paul, le futur-papa (joué par Pierre-François Legendre) et Sébastien, celui qui a un enfant (Jean-Phillipe Pearson). En fait, je pense que le niveau d’impact qu’ils ont eu sur moi était proportionnel à l’ampleur de la déception qu’ils ont ainsi créée, en me déstabilisant et me surprenant par leurs agissements et leurs réactions. Un bon point, un!
J’ai beaucoup aimé la trame sonore, qui m’a ramenée (tout comme les protagonistes) à mon adolescence de façon très visuelle. Les références à ce niveau étaient vraiment intéressantes. Un film bien réalisé, bien tourné, avec un très bon rythme du début à la fin. Certainement une des forces de ce réalisateur.
Réal.: Ricardo Trogi, Québec, 2005.

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