septembre 2007 archive

Bluff

Vu récemment avec une (très jeune) (mais tout aussi formidable) amie!
Le scénario est vraiment bon, l’idée de base vraiment intéressante et prometteuse: un appartement et tout ce qui s’y est passé, depuis maintes années, à travers les différents locataires l’ayant tour à tour occupé.
C’est également assez bien réalisé (surtout pour un premier long métrage), c’est sympathique, sans prétention et certainement un habile tour de force pour un si petit budget.
Mais j’ai trouvé le jeu des acteurs très inégal (ou est-ce la direction de ceux-ci, je ne saurais trop dire???). J’ai beaucoup aimé les prestations de Julie Perrault, Emmanuel Bilodeau (excellent), Alexis Martin, Isabelle Blais, Pierre-François Legendre, Rémi Girard, Marie-Laurence Moreau. Mention spéciale pour Simon Olivier Fecteau dont le jeu est également bon. C’est qu’il est talentueux, le jeune monsieur!
Par contre, à l’inverse, celles de Raymond Bouchard, Marc Messier et Jean-Philippe Pearson ne m’ont vraiment pas convaincue. Même (le beau) David La Haye m’a semblé un peu pâle… mais je me demande parfois si ce ne sont pas les personnages qu’ils tiennent qui ne m’ont pas plu, allez savoir.
Si les dialogues sont drôles, intelligents, parfois surprenants (parfois encore plutôt convenus), la fin est plutôt décevante et un peu invraisemblable.
Réal.: Marc-André Lavoie et Simon Olivier Fecteau, Québec, 2007.

Melinda and Melinda

Un petit film dont on m’a parlé -sur ce blogue- récemment. Ce qui m’a instantanément donné le goût de le voir, car j’aime beaucoup Woody Allen.
Très drôle! La première fois que je «vois» un essai!
Généralement, je les lis, si le sujet m’intéresse.
Cette fois, j’y ai assisté, à la manière dont on assiste à une pièce de théâtre du style démonstration. Véritablement comme un essai.
Le final est drôle, avec dialogues omniprésents, donc, mais remplis d’humour et de réflexion sur l’amour, les relations, le sens que chacun donne à la vie et sa vie. Et plein d’absurdité aussi, à l’exquise manière de Allen.
Plutôt atypique comme film de ce réalisateur, surtout dans la forme. Mais en même temps on retrouve beaucoup de ce que j’apprécie chez lui comme réalisateur, et sans sa délirante et dérisoire présence à l’écran (qui me ravit habituellement).
Comme prémisse de base, on ne peut plus simple: 4 personnes dans un bistro discutent du tragique ou du comique sens qu’ils donnent à la vie. Et font la démonstration de leurs visions respectives en racontant, chacun à leur façon, la même histoire.
Pas un grand film, rien de surprenant ni révolutionnaire, mais un film différent et vraiment intéressant. Les comédiens sont généralement bons (dont Will Ferrell, je l’avoue aussi!).
Réal.: Woody Allen, É.U., 2004.

Le malaise

MY GOD que je fais du coq à l’âne, moi, parfois, c’est –selon- déconcertant, surprenant, renversant…
Petite intro pour expliquer le cheminement qui m’a mené à ce billet, donc!
Dimanche soir, j’ai écouté en bonne partie «Tout le monde en parle», on & off à travers d’autres occupations et conversations.
Mais j’ai attrapé l’entrevue qui me tenait le plus à cœur, celle de mon idole de tous les temps, le grand Yvon Deschamps. Qui m’a un peu surprise, par ailleurs, de par ses propos, mais passons, ce n’est pas le but de ce billet.
Yvon Deschamps, donc, qui parlait du malaise et du grand plaisir (je crois que c’est le mot qu’il a utilisé) qu’il a retiré et qu’il retire encore en réaction à ses monologues souvent dérangeants. Ou qui traitent de sujets sérieux, pas toujours évidents, mais de façon tellement ironique, pour brasser un peu les spectateurs mais tout en les faisant rire. Il disait que c’est ce malaise, lui, qui l’intéresse le plus dans ce qu’il fait (si bien, j’ajoute!).
Je réfléchissais donc à cette notion de malaise, spécialement dans le cadre d’un spectacle, ou autre. Et c’est ce qui m’a fait repenser à un film que j’ai vu l’an dernier au FNC, qui m’avait effectivement procuré tout un sentiment de malaise. Et c’est vrai qu’il y a quelque chose de vraiment intéressant/fascinant dans la capacité de produire (volontairement) et de (réussir à) susciter un tel effet à travers une oeuvre, quelle qu’elle soit.
Ce film, c’est «La tourneuse de pages», avec Catherine Frot. Qui est, pour moi, une actrice de grand talent. Elle m’a ravie dans «Un air de famille». En fait je l’ai toujours trouvée très bonne. Bonne comme du bonbon, en quelque sorte. Qu’on imagine mal jouer des rôles de vilaines, ou des personnages ambigüs peut-être. Mais dans ce film, c’est tout à fait cela. Un personnage condescendant, méprisant, ambivalent, qui vient nous chercher. Un rôle déstabilisant (bizarrement autant pour le personnage dans le film que pour nous, on a l’impression – faut le voir pour comprendre) mais qu’elle a rendu avec brio et crédibilité.
Frot joue une grande pianiste de concert qui essaie de relancer sa carrière sur le déclin. Qui se trouvera une personne de confiance, amoureuse de musique elle aussi, pour la soutenir et tourner, au sens littéral, les pages de ses partitions.
De là, une drôle de relation, un jeu de pouvoir (et autres acabits du genre) s’installeront. Et cela nous/les mènera très loin. Je n’en dis pas plus, car tant l’histoire que cette ambiance si lourde sont d’un grand intérêt. Un bon film, à l’histoire assez dérangeante. Très bien réalisé, avec rythme et intérêt soutenus.
Réal.: Denis Dercourt, France, 2006. Avec Déborah François, très convaincante dans le rôle de la jeune tourneuse.

Stranger than fiction

Je croyais que je n’aimais pas Will Ferrell… alors qu’en fait, ce sont plutôt les films dans lesquels il a joué et les personnages qu’il a incarnés que je n’aimais pas.
Et ça, c’est Stranger than fiction qui me l’a confirmé.
Je ne me souviens même pas d’en avoir entendu parler. Et c’est ma super sœur qui me l’a prêté en me disant que j’aimerais. Et elle avait raison.
Une comédie intelligente, une histoire intéressante, un montage inventif et très rafraîchissant.
Ça m’a beaucoup plu, vraiment.
Avec, entre autres, les très talentueux-ses Maggie Gyllenhaal, Dustin Hoffman et Emma Thompson.
En deux mots (parce que beaucoup du charme réside dans le scénario), c’est l’histoire d’un homme ordinaire, qui travaille pour le service des impôts/du gouvernement, et dont la vie plus que programmée et ordinaire prend subitement une toute autre tournure, à sa plus grande incompréhension (et surprise). En grande partie grâce à sa montre-bracelet! Mais j’en dis pas plus…
Note à Jul et Carl: un genre de film que vous apprécierez un petit vendredi soir, après une grosse semaine!
Réal.: Marc Foster, É.U., 2006.

Petits pas deviendront grands

J’ai déjà parlé de ce sujet dans un billet précédent (si ce n’est plusieurs).
Cette fois-ci, c’est en lisant un texte dans une revue que je suis tombée sur cette petite phrase que j’ai trouvée renversante de simplicité, voire même anodine. Mais tellement révélatrice en même temps:
«Courage is only an accumulation of small steps».
Intéressant, non?
D’un côté ça semble si simple qu’on a l’impression que le courage n’est plus cette grande chose qui puisse déplacer des montagnes. De l’autre, au contraire, on se dit que c’est accessible à tout le monde, même quand on se sent dépassé et qu’on a l’impression que l’on est devant une impasse, ou que les choses ou les événements nous dépassent. Très souvent dans notre vie professionnelle et les défis auxquels on fait face, mais parfois aussi dans notre vie personnelle.
C’est un certain George Konrad, un écrivain Hongrois (né en 1933 et qui vit toujours), qui a écrit ça.
Du coup, il a piqué ma curiosité, et je suis allée «googler» tout ça pour en apprendre un peu plus.
Comme j’avais peu de temps et que j’étais crevée j’y retournerai, mais j’ai déjà appris qu’il était issu d’une famille juive ayant survécu à l’Holocaust, et qu’il est défenseur de la liberté des individus (peut-être que je m’enflamme un peu, mais bon, c’est ce que j’ai retenu!).
Je suis aussi tombée sur un petit texte un peu plus complet au sujet du courage ainsi qu’un autre, qui m’ont tous deux beaucoup intéressée, une fois de plus:
«You take a number of small steps which you believe are right, thinking maybe tomorrow somebody will treat this as a dangerous provocation. And then you wait. If there is no reaction, you take another step: courage is only an accumulation of small steps.»
Et la seconde, d’un autre sujet mais qui le rejoint quand même de par sa teneur:
«I believe that it is my job not only to write books but to have them published. A book is like a child. You have to defend the life of a child.»
Décidément, j’y reviendrai… J’aime bien ce discours assumé ou responsabilisé, et les gens qui les tiennent m’intéressent habituellement ou du moins piquent ma curiosité…