octobre 2005 archive

Festival nouveau cinema

Tel que je m’y attendais, j’ai (une fois de plus) passé un très bon FNC, cette année. C’est véritablement mon festival de cinéma préféré et, en fait, soyons honnête, le seul à Montréal qui vaille vraiment la peine à mes yeux – et à mon sens.
Du coup, les sorties pro-FNC de Atom Egoyan, François Girard et Wim Wenders m’ont fait chaud au cœur. Comme une petite fierté (ou un honneur?) de les rejoindre dans leurs positions.
Tout me plait du FCN (ou presque!). En commençant par leur site internet et la grille horaire électronique personnelle que l’on peut se monter -très facilement- pour aller ensuite faire la file et effectuer l’achat de nos billets, en passant par le grand choix de films inspirants et souvent inspirés, jusqu’aux salles de projections avec, en bonus cette année, le majestueux Impérial qui s’ajoute au bijou d’ExCentris.
Chaque année, j’ai des coups de cœur, je fais de belles découvertes, j’ai des surprises -parfois bonnes et parfois un peu moins-, j’ai aussi de (petites) déceptions. Mais chaque année aussi, presque tous les films auxquels j’assiste, au-delà de mon appréciation personnelle, ont un intérêt certain. Que ce soit pour le sujet, par le traitement, pour la caméra, l’originalité, le réalisateur, etc. Et ça, ce n’est VRAIMENT pas donné à tous les festivals… je peux en témoigner (vous pouvez donc prendre pour acquis que je viens de le faire, ok?).
Cette année, la nouvelle bande-annonce animée du festival, avec la louve hystérique dévalant rues et champs, était trop « cute », et trop drôle! J’ai bien aimé. Et je reviendrai plus en détail sur les films que j’ai vus dans de prochains billets.
Certains suggèrent ou se demandent s’il pourrait être bonifié, ce festival, afin d’arrêter tout de suite l’hérésie du trio actuel (2005)? Ou élargi? Peut-être! Je ne sais pas… Mais ce que je sais, par contre, c’est que peu importe les changements qui puissent y être apportés, ils devront absolument être encore plus positifs, selon moi, pour qu’ils vaillent même la peine d’être considérés. Car c’est déjà un bien beau programme, année après année, qu’il ne faudrait pas risquer de perdre ou de mettre en péril. Une belle recette, faite par beaucoup d’amoureux et d’artisans du cinéma, qui nous font partager leur passion, leur énergie et leur vision.
Même si Claude Chamberlan est (parfois) un ambassadeur (et porte-parole) un peu farfelu, disons!, je lui lève mon chapeau et je le remercie bien bas. Il fait, avec toute son équipe et depuis un bon dix ans, mon plus grand bonheur, l’automne venu…
FNC, du 13 au 23 octobre 2005.

Bily Kun

J’y suis retournée ce week-end, après quelques mois d’absence. C’est un endroit que j’aime bien. Rue Mont-Royal, c’est très central, parfait pour une soirée sur le Plateau.
Le décor est simple et relativement original. Une grande pièce à dominance de blanc, qui s’étend en longueur, avec ses petites tables et chaises longeant le bar et les têtes d’autruche au mur (d’où le nom, dans une langue étrangère, si ma mémoire est bonne). Avec, au fond, le piano et le tout petit espace pour les musiciens qui y jouent à l’occasion. Et le coin plus intimiste, surélevé, avec divan en rond. Très convivial et confortable.
Le personnel est vraiment bien. Des gens relaxes, souriants, agréables. La musique est assez variée. Parfois avec dj (house, techno, rock, alternatif, etc), parfois des trios de jazz. C’est bruyant mais on arrive quand même à se jaser et surtout, se comprendre.
Ils ont apparemment un grand choix de bière, mais on y trouve aussi pas mal tout ce qui se boit en terme d’alcool (pour les gens, comme moi, qui détestent la bière). On peut même y engloutir un petit sandwich sur baguette ou, si on s’y retrouve pour le 5 à 7, y grignoter des petits trucs bons-pas-chers comme l’assiette de dégustation avec saucisses, moutarde, cheddar fort, olives, cornichons et nachos/salsa.
Ce qui me plait le plus, je crois, c’est le style très éclectique et décontracté de la clientèle. De tous les âges, des tous les genres. Mais généralement des gens qui ont l’air sympathique et surtout, qui ne sont pas trop guindés ni ne se prennent trop au sérieux. Ce qui donne une ambiance chaleureuse et plaisante.
Pour moi, c’est un critère vraiment important, quand j’ai envie de décrocher.
Bar Bily Kun, 354, avenue du Mont-Royal Est (près de St-Denis).

Cause Celeb

Certaines lectures nous font l’effet d’une bonne brise d’été légère et rafraîchissante, nous touchent droit au coeur, nous laissant un peu sonnés ou nous font voyager et découvrir de nouveaux horizons. D’autres encore, nous assomment littéralement, comme un énergique coup de pelle (de métal) en plein visage. D’autres enfin, nous font l’effet de retrouver subitement un ancien ami, intéressant et rigolo à souhait, le temps d’une soirée. Les livres d’Helen Fielding font partie de cette dernière catégorie.
Pour vous situer, au besoin, HF est l’auteur des désormais célèbres « Bridget Jones’s Diary » et la suite, « The Edge of Reason ». Petite précision importante: je parle ici des livres, et non des films. Les livres sont très différents, beaucoup plus complets, bien sûr, plus étoffés et surtout plus drôles (bis, bis, bis… surtout dans le cas du deuxième!).
HF a une écriture très vivante, très visuelle et humoristique. Un humour très British, ironique et dérisoire à souhait. Moi, j’adore! Elle fait partie des quelques auteurs que j’ai GRAND plaisir à lire dans sa langue d’origine. Comme elle est très visuelle, c’est d’ailleurs là que réside une grande partie du plaisir, à savoir je dois constamment lire « à-haute-voix-dans-ma-tête » (et parfois même, inconsciemment… à haute voix tout court), ce qui me permet alors de bien saisir ses propos et surtout les nuances, les subtilités de langage.
Le monde de HF, c’est celui des relations humaines, avec toute leur complexité. Les rapports entre femmes (collègues, amies, rivales, mères, filles), les rapports entre hommes et femmes -comment et surtout pourquoi s’en passer?!?- et même les rapports avec soi-même. Je pense qu’elle intéresse et rejoint principalement les femmes, mais je serais curieuse d’avoir l’opinion d’un homme ayant lu un de ses livres.
Elle fait beaucoup de références, de comparaisons aussi farfelues que drôles, et qui me rejoignent tout à fait. En fait, des fois, j’ai l’impression de la connaître, ou vice-versa.
Pour m’en être délectée tout au long, j’ai maintenant cherché quelques exemples pour illustrer son écriture. Mais bien sûr, à moins de me retaper tout le bouquin que je viens tout juste de terminer, je n’ai pas retrouvé ceux que je cherchais. En voici quelques-uns, triés sur le volet. En racontant une conversation qu’elle a avec son complexe chum-qui-ne-l’est-pas-vraiment, l’héroïne lui a répondu: « … So you’ve fallen in love with me but you’re not in love with me, so while you were falling, you sort of swerved off and landed in something else?!?… ». Dans un tout autre ordre d’idée, un docteur qui travaille avec elle en Afrique décrit ainsi une accolade d’adieu avec un soldat, en plein milieu d’un territoire en guerre: « …Any second now, we’ll be swapping addresses (…) If this goes on much longer, I’ll be bearing this man’s child and washing his socks… ». Un petit dernier, au risque de passer pour une « clown-obsessed », où elle décrit l’allure physique et très caractéristique d’un général africain:  » (…) he was wearing his dark-green uniform instead of djellaba, but he still sported the Blues Brothers sunglasses and Coco the Clown hairdo… ».
Dans Cause Celeb, elle joint l’utile à l’agréable, je dirais, ajoutant un peu de chair autour de l’os. La principale protagoniste partage avec nous quelques années de sa vie, soit celles passées à Londres avec dans le monde très superficiel de la pub, de l’édition et du vedettariat et celles, à tout l’inverse, qu’elle ira passer à aider les gens dans le besoin en Afrique. Aux moments drôles, romantiques, cyniques s’ajoutent donc une autre dimension, celle de l’humanisme avec un grand « H ». Les drames y sont beaucoup plus percutants et touchants, par conséquent et la réalité mise dans une toute autre perspective. À mon avis, un plus. Ou c’est simplement différent… en tous cas moi j’ai bien aimé.
Bon, il y a toujours les moments où je me suis donc esclaffée, toute seule, en plein wagon de métro, à la lecture d’un passage, mais puis-je vraiment le lui reprocher??? I don’t think so!
Publié en 1994, aux Éditions Picador.

Les Poupées russes

Le 2e volet de la joyeuse saga amorcée avec l’Auberge Espagnole. Où l’on retrouve la plupart des personnages, quelques années -et moultes aventures- plus tard.
Le point central est bien sûr Xavier (Romain Duris), qui connait plusieurs déboires amoureux et professionnels, comme écrivain et amoureux. Autour de lui, on retrouve la belle Martine (Audrey Tautou), devenu activiste, maman et son ex/amie. On assiste aussi à ses retrouvailles, non sans remous, avec la jolie rousse Wendy (Kelly Reilly). C’est aussi quelques belles histoires d’amour, non pas simples mais à tout le moins intenses et qui valent apparemment la peine d’être vécues.
À nouveau, c’est un beau film assez rigolo, parfois léger, parfois plus complexe et complètement sympathique.
Un film sur l’engagement, la peur de celui-ci, la difficulté de marier les rêves et les attentes avec la réalité. Sur le respect et l’estime, de soi et des autres. Et la déception, parfois, celle que l’on subit ou que l’on cause. En résumé, un film qui parle du cours normal de la vie… soit le fait de vieillir -lentement mais sûrement!- et de s’assumer, ainsi que ses gestes… ou non!?!
La caméra est toujours rafraîchissante et en mouvement. Incluant des changements de plans vivants, intéressants et parfois même inventifs.
Tous les comédiens sont franchement à l’aise. Romain fait preuve d’une grande humilité et, du coup, d’une belle crédibilité. Idem pour William (Kevin Bishop), le frère de Wendy, qui vit de bien grands moments.
Si je faisais ma cinéphile un peu trop exigente et quelque peu blasée, je dirais que le film est vraiment bien mais n’a pas la fraîcheur, la nouveauté et le rythme effréné qui faisaient en grande partie le charme du premier.
Je viens donc de le faire, je crois. En ajoutant qu’il s’agit également d’un bien agréable moment de cinéma. C’est tout bon, quoi (faute d’être également original, disons, cette fois).
Réal.: Cédric Klapisch, France/Grande-Bretagne, 2005.

LE Pere Noel

Il y a quelques semaines, je suis allée dîner à mon super resto de poulet, le Laurier, en compagnie de mes neveux, d’un ami et de mon frère, pour la fête de ce dernier. Philippe, mon (petit) frère a 35 ans… c’est vraiment incroyable! Mais là n’est pas le propos de ce billet (bonne fête encore, en passant!).
Nous avons donc dégusté allègrement nos poitrines, cuisses, pépites et autres délices du genre. Sans oublier la touche finale, le moka, servi chacun à sa façon.
En sortant du resto, j’étais en grande conversation avec notre ami, mon frère et ses enfants nous précédant. Je n’ai donc pas saisi tout de suite ce qui s’est passé.
À ma grande surprise, j’ai distraitement entendu Charles, le plus petit (le même que dans le billet sur le clown), s’exclamer avec vigueur «Heeeeeeey! Le Pè-Noweeeeeeel!?!» d’un ton très impressionné. Puis j’ai entendu de grands rires et, en regardant plus loin sur la rue, j’ai vu un homme, vêtu le plus normalement du monde, mais avec une de ces barbes blanche-de-gris et une de ces chevelures assortie, comme on en associe effectivement et généralement seulement au Père Noël. Qu’est-ce qu’il a rit, ce monsieur, en réalisant qu’un petit bonhomme venait ainsi de le prendre pour LE Père Noël… ou plutôt, devrais-je dire, quand il a réalisé, à sa grande surprise, qu’un admirateur l’avait spontanément reconnu, comme ça, en pleine ville, même sans son costume!
On a tellement ri! Et le petit Charles, un peu gêné, ne comprenait pas trop le pourquoi de cette hilarité collective. Que nous avons vite rattrapée, pour lui expliquer que nous étions simplement impressionnés car nous ne l’avions même pas reconnu, nous, les «grandes personnes»…!
À ce moment, son grand frère Julien, qui vient d’avoir sept ans, semblait incrédule et surtout, un peu confus.
Ce week-end, j’ai encore eu le plaisir de passer du temps avec ceux-ci, et nous avons spontanément reparlé de cet événement cocasse (et trop joli, quand à moi). Julien, affirmait avec véhémence que ce n’était PAS le Père Noël! Que ça ne se pouvait PAS. Qu’on ne pouvait pas en être certain, du moins…?!?
Toujours difficile de savoir comment réagir, quoi dire?, pour éviter de faire de la peine à l’un, sans blesser ni mentir à l’autre. Finalement, avec Philippe, nous avons convenu d’un bref regard entendu et complice, d’y aller de la plus grande nébulosité possible, en lui répondant qu’effectivement, on ne pouvait pas affirmer avec certitude que c’était LUI, le vrai, mais qu’on ne pouvait pas, non plus, affirmer à l’inverse que ce ne l’était PAS, toujours avec la même certitude.
Il est resté sur sa position, disant qu’il y en a plein, des Père Noël, comment savoir que c’était le vrai? Et nous avons consolé le petit Charles, subitement tristounet, en lui disant que c’était très possible et qu’il avait tout un sens de l’observation (fiou!).
Je pense que nous nous en sommes plutôt bien sortis, cette fois-ci. Et nous nous sommes bien sûr empressés de changer de sujet, question de conserver le momentum

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