mars 2007 archive

Un dimanche à Kigali

Un film que j’étais certaine d’apprécier, mais dont l’extrême difficulté du sujet m’empêchait un peu de le faire. Parce qu’on a jamais envie d’être confronté à ce genre de drame de l’humanité, surtout lorsqu’on a la grande chance d’en être si éloigné.
Et c’est d’ailleurs là, en fait, que réside tout la difficulté du film: une histoire d’une incroyable violence, intolérable dureté, en passant par l’incompréhension, la tristesse absolue, et qui va jusqu’à l’impuissance et le désespoir. Et dont on ne peut prendre une certaine distance et se rassurer en se disant ensuite: «Mais ce n’est qu’une fiction, ce n’est pas vrai», puisque ces tragiques événements ont réellement eut lieu, il y a à peine 10 ans de cela maintenant.
Et ce qui est encore plus difficile, c’est qu’on est jeté à terre par les faits, les événements, qui, quoiqu’un peu romancés dans la forme (l’histoire d’amour), sont basés sur des personnages et des événements ayant existés. Alors que je n’ai presqu’aucun souvenir, à cette époque, d’avoir eu conscience de cet épouvantable génocide, qui se passait en Afrique pendant qu’ici, la vie continuait en parallèle.
L’adaptation au cinéma me semble très bien réussie (sans avoir lu le film (oups! livre!), cela dit), les comédiens sont tellement convaincants et touchants (dont principalement Fatou N’Diaye et Luc Picard, mais également tous les acteurs rwandais), la caméra et les images sont fidèles aux propos.
C’est d’autant plus troublants de penser que les acteurs, figurants et professionnels rwandais ont accepté de participer à une telle production et à la reconstitution de ces événements encore si frais à leur mémoire collective. Je conseille fortement de visionner le «making of», qui est presqu’aussi intéressant que le film, d’ailleurs.
Mais moi c’est vraiment l’ampleur de la désinformation et de l’inaction collective internationale, ainsi que l’impuissance des forces de l’ONU et des casques bleus, qui me sidèrent encore. Car ce n’est que beaucoup plus tard (assez récemment en fait), que nous en avons entendu parler et que nous avons été scandalisés par tout ceci. À travers le troublant récit du général Dallaire, entre autres.
Comment de tels actes, de tels gestes puissent être possibles entre civiles, gens d’un même pays, entre voisins, entre parents, même, au nom de la politique ou de la religion… c’est aussi bouleversant qu’épeurant. Parce que des guerres civiles il y en a encore à travers le monde et spécialement en Afrique (au Darfour), et ils ne sont malheureusement pas à l’abri qu’un génocide de cette ampleur se reproduise.
Réal.: Robert Favreau, Québec, 2006.

Running with scissors

Quel improbable mais formidable titre! Qui colle tout à fait au film: on ne sait jamais trop ce qui va se passer, on sait que le personnage principal court assurément quelques dangers, mais qui comportent également une certaine excitation, possiblement elle-même porteuse de promesse, s’il est un peu prudent chemin faisant! Pas sûre d’être claire… mais je pense que cela fait du sens si on a vu le film!?!
Un film qui parle de la recherche de notre identité, la recherche de notre (vraie) famille (peu importe celle-ci, puisqu’elle n’est pas toujours celle qui nous a choisi ni celle que l’on croit) et de façon plus large, notre capacité de survivre à des événements marquants de notre enfance, tous difficiles et troublants soient-ils.
J’aime beaucoup ce genre de film qui nous déstabilise, nous surprend, nous entraîne dans un complexe récit à la fois rempli d’humour, de délire, de drame, d’absurdité, d’ironie et de folie. Parfois un cocktail dangereux, pas nécessairement heureux, mais fort bien réussi dans ce cas-ci. Un peu dans la lignée de «The Royal Tenenbaums». Je parie que si vous aviez aimé ce film, vous aimerez également «Running with scissors». Et vice-versa!
Avec une brochette de comédien-nes aussi impressionnante que talentueuse: Annette Bening, Alex Baldwin, Gwyneth Palthrow, Brian Cox, Joseph Cross (pour ne nommer que ceux-ci).
L’histoire est inspirée des mémoires de Augusten Burroughs (dans les années 60/70), jeune garçon dont le père est alcoolique (Baldwin), la mère une poète ratée complètement mégalo et instable (Bening), et qui se fera adopter (de force!) par le psychiatre de cette dernière et son ô combien dysfonctionnelle, bizarre et excentrique famille. Des expériences et des découvertes qu’il fera, toutes plus surprenantes les unes que les autres. Et jusqu’où tout cela le mènera…
Un film très touchant, empreint d’une grande sensibilité, malgré ses excessives apparences.
Réal.: Ryan Murphy (qui a entre autre réalisé la série Nip/Tuck), É.U., 2006.

Kinky Boots

Un délicieux et rigolo petit film qui raconte l’histoire d’un jeune homme dont le père vient subitement de mourir, lui léguant du coup son usine de fabrication de chaussures pour hommes (très classiques) dont il était si fier, mais dans un était plus que précaire. Et ce que fera ce fils, l’attachant Charlie Price, pour perpétuer la tradition, de très originale façon. Grâce au merveilleux concept du marketing… et de tout ce qu’il permet et rend possible.
Un film bonbon, comme je les appelle. Qui nous ravit, nous amuse, nous divertit et nous laisse détendus et contents. Rien de plus profond, mais c’est déjà tout ça. À l’humour anglais (British) que j’adore, pour son ironie, ses couleurs, son mordant.
La pochette disait «dans la foulée de Full Monty», avec raison. Avec la même énergie et presque autant d’humour, mais surtout beaucoup de simplicité et d’humanité.
Les comédiens sont tous très bons: Joel Edgerton (Charlie Price), Chiwetel Ejiofor (Lola), Sarah-Jane Potts (Lauren), dans les rôles principaux.
Un film sans prétention, mais avec beaucoup de cœur, de bons sentiments, de douce folie. Pour moi, c’est souvent une recette des plus prometteuse… surtout, comme dans ce cas-ci, lorsqu’elle est de plus inspirée d’une histoire vraie.
Réal.: Julian Jarrold, É.U./Angleterre, 2005.

Moins 1000

Je termine (snif! snif!) une très bonne semaine de vacances avec ma formidable famille, passée, en majeure partie… à l’extérieur.
À -1000 degrés Celsius.
Croyez-le, ou non!?!
MY GOD qu’il a fait froid!!!
Mais je me plains pour me plaindre, car même si ce n’est pas agréable à proprement parler (loin de là!)… nous en avons profité beaucoup quand même. J’en suis moi-même surprise, d’ailleurs.
Mais la chaleur humaine aidant… c’est sûr!
(En fait, pour être très honnête… je pense surtout que c’est la fin des vacances qui me donnent envie de chialer ainsi).
Merci à ma grande sœur/amie/complice, Cri, pour l’hospitalité et le gros fun sale (sous toutes ses formes). Merci à ma coloc, mon adorée Justine, pour sa grande gentillesse et à mon filleul adoré pour son énergie communicative. Et à mon beau-frère, pour sa patience!
Et merci à mon très fort et très courageux de frère… pour avoir été parmi nous, avec sa belle ptite gang (la super et enjouée Sophie, Julien le magnifique et l’énergique Robaxacet). Qu’est-ce qu’on a rit, que ça a fait du bien, et qu’on étaient dus, hein? Tu es sûrement le mieux placé pour comprendre vraiment l’expression «ne rien perdre pour attendre», toi, non?!?

Marie Antoinette

Malgré les critiques fort peu élogieuses qui avaient suivi la sortie du film et parce que je suis (à date) amateure des films de Sofia Coppola… j’étais vraiment intriguée par celui-ci. Que je me suis loué récemment avec ma copine de voisine. Un très bon exemple de film voulant «qu’à deux, c’est mieux»!
Le mot qui résume le mieux mon sentiment général suite au visionnement est la perplexité.
D’abord un beau gros «trip de filles», c’est sûr. Beaucoup de copieuses victuailles, beaucoup de tissus, de robes et de chaussures, beaucoup de luxe et de magnifiques couleurs… c’est cousu d’excès de toutes sortes. Certainement à l’image du personnage historique et du style de vie qu’elle a mené… menant à la tragique fin que l’on connait et qui est absente du long métrage, d’ailleurs.
Il n’y a pas ou peu d’histoire, et le montage est plutôt décousu. Le film commence au moment où Marie Antoinette quitte l’Autriche pour épouser Louis XVI, son difficile mariage jusqu’à sa nomination en tant que reine jusqu’à sa déchéance. Il y a plusieurs longueurs, trop peu d’action et de dialogues à mon goût personnel. Soit on aurait pu faire un document beaucoup plus intéressant en moitié moins de temps, soit on aurait pu y ajouter de l’étoffe, disons!?! Je ne sais pas trop, en fait. D’où mon sentiment général.
La musique, très actuelle, très rythmée et techno est surprenante et parfois déstabilisante par opposition au sujet, certaines coiffures et tenues tranchent également par leur style contemporain versus la période dépeinte et jouent parfois sur les deux tableaux (le manque de réalisme pour l’époque et la très bonne reconstitution historique). Des articles on ne peut plus actuels se retrouvent aussi dans certaines scènes. On se demande si c’est, à nouveau, juste «un trip de fille» ou s’il y a une quelconque subtilité ou un obscur parallèle sous-jacent? Mais à nouveau, pas de réponse!
Kirsten Dunst est assez cconvaincante, mais je n’arrive pas à savoir si l’inégalité que m’a inspiré son jeu doit être associée à Marie Antoinette et son caractère ou à sa prestation d’actrice.
Au final, je suis quand même contente de l’avoir vu. La caméra est vraiment magnifique, et c’est fabuleux de se retrouver ainsi, l’espace de tout un film, dans l’extraordinaire endroit où s’est réellement déroulé l’histoire: le somptueux Château de Versailles.
D’ailleurs je terminerais en disant que rien que pour Versailles, ça vaut le coup. Si on n’y est jamais allé c’est vraiment magnifique à découvrir et si on en a fait le tour, c’est d’autant plus agréable et intéressant.
En fait j’exagère un peu: l’idée de raconter cette histoire, par une réalisatrice américaine de talent, en 2006 et avec les moyens actuels aussi est intéressante…
Réal.: Sofia Coppola, É.U., 2006.