Archive of ‘Un bon film, un!’ category

Dallas Buyers Club

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Je voulais le voir depuis le FNC. Je l’ai finalement vu avant Noël, avec ma copine Jani.

Nous en avions beaucoup entendu parler, en bien. Nous n’avons pas été déçues.

Un film très bien réalisé par Jean-Marc Vallée, de façon très réaliste, crédible, directe. Sans artifices et surtout, avec beaucoup d’impact. Je me dois de souligner l’incroyable transformation de Matthew McConaughey, qui a complètement assumé ce rôle en perdant bien 30 livres, et en personnifiant complètement la maladie qu’il défend dans le film. C’est vraiment impressionnant de voir à quel point un acteur peut s’engager dans une production. Bravo pour le courage. Son acolyte, joué par Jared Leto, est également phénoménal dans sa transformation physique mais surtout, dans son jeu. Ils sont vraiment excellents. Leurs récentes nominations en témoignent heureusement.

J’ai beaucoup aimé l’idée de nous raconter l’histoire des débuts du SIDA au É.U., mais cette fois de façon très différente, intéressante, et méconnue (pour nous, en tous cas), à travers une histoire vraie. Celle de Ron Woodroof, un électricien, cowboy, playboy et homophobe raciste du Texas qui contracte le virus aux tous débuts de la vague dans les années 1980. C’est ce qu’on peut appeler un choc. En fait, un triple choc, puisqu’il apprend du même coup que ce magnifique cadeau n’est plus exclusivement réservé aux homosexuels, qu’il lui reste moins d’un mois à vivre et qu’il devra prendre en main les prochaines étapes s’il veut espérer avoir une petite chance.

Woodroof fera donc une incursion aussi rapide que profonde dans le monde du VIH, des médicaments disponibles et surtout de tous ceux qui ne le sont pas, à cause du contrôle très strict de la FDA à ce moment. Et la faim (ou plutôt la mort imminente) nécessitant les moyens, il ira au Mexique, au Japon et dans quelques autres pays chercher et rapporter les cocktails de médicaments, vitamines et suppléments nécessaires au traitement de cette impitoyable maladie. Il décidera donc d’en faire un ‘business’. Et il viendra du même coup en aide à la communauté gaie américaine, en démocratisant l’accès à ceux-ci à travers ce ‘club d’acheteur’, où la seule façon de pouvoir le faire légalement est de vendre un ‘abonnement’ (et non des substances illégales). Pour ce faire, il se trouvera donc un surprenant partenaire gai et travesti, Rayon, joué par Jared Leto. Et une complice inespéré, une femme médecin dépassée par l’inaction des hôpitaux et médecins, jouée par Jennifer Gardner, également très bonne.

Il est également très troublant , mais ô combien rassurant, de constater que de tels drames peuvent au moins avoir raison de préjugés, aussi énormes et puissants soient-ils, au passage. Non sans le fruits d’efforts titanesques, mais quand même. Tant qu’il y a de la vie, apparemment, il y a aussi de l’espoir. Si petit soit-il au départ…

Un film à voir, qui a été en projet depuis le milieu des années 1990, et qui a finalement vu le jour fin 2013.

Réal.: Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Young Victoria, Café de Flore),  É.U., 2013.

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J’ai tue ma mere

Il a fait couler beaucoup d’encre, fait rouler beaucoup de souris, fait parler beaucoup de gens depuis ses 3 prix remportés à Cannes au printemps.
Et pour cause, puis-je ajouter maintenant.
C’est définitivement ce que l’on peut appeler avoir du talent. Beaucoup de talent et d’imagination.
Je me rallie: Xavier Dolan est déjà, malgré son tout jeune âge (à peine 20 ans), un bon cinéaste, et un très bon comédien.
C’est drôle, en fouillant un peu, j’ai retrouvé son « jeune » parcours et surtout, ses débuts: le petit garçon qui jouait dans les pubs de Jean-Coutu réalisées par André Melançon en 1997, aux côtés de Geneviève Lallier-Matteau (qui faisait sa grande soeur). Et qui était déjà prometteur.
On peut aimer ou non ses sujets de prédilection (relation difficile et très lourde avec sa maman, l’homosexualité) mais on ne peut nier son talent.
C’est un film réalisé très simplement, avec de très petits moyens. Rien de nouveau ou de révolutionnaire dans le traitement ou les effets, mais rempli d’imagination et, je l’ai dit, de talent.
Malgré la lourdeur des sujets, la caméra est simple et vivante, en mouvement. Les plans sont intéressants. Par exemple: ceux où chaque personnage est cadré seul à gauche et son « vis-à-vis » dans la scène en question seul à droite dans le plan suivant, pour mettre en image l’opposition que le dialogue créé, au lieu de les rapprocher. Il y a également la narration qui est efficace, faite de plans de Dolan en noir et blanc.
Les comédien-ne-s sont également formidables. Que dire de Anne Dorval, qui nous livre une scène d’anthologie, au téléphone avec le Directeur du pensionnat. Et Suzanne Clément, Patricia Tulasne, François Arnaud, qui sont tous très vrais, très crédibles.
Au final, ça se la joue un peu, c’est vrai. C’est plein de partis pris, au service des thèmes exploités, mais c’est également très percutant. L’humour -ou plutôt le sarcasme et le cynisme à outrance- est très efficace pour faire passer le tout, et semble avoir joué un grand rôle dans la vie et la vraie histoire du réalisateur.
Réal.: Xavier Dolan, Canada, 2009.

An Education

Film issu de la cuvée 2009 de mon adoré FNC, qui vient à peine de se terminer.
D’ailleurs, je ne pensais jamais qu’il sortirait si rapidement au grand écran. J’essaie de voir un maximum de films au festival dont je ne suis pas certaine de la sortie éventuelle, et bien sûr, je me gâte de quelques autres ‘sure bet’, que je vois donc en primeur. Ben, quoi!?! J’vais m’gêner, peut-être???
J’en reviens au film ‘An Education’, de Lone Scherfig. J’aime beaucoup la sensibilité de cette réalisatrice. Pleine de délicatesse mais aussi d’assurance, empreinte de sobriété dans une démarche cinématographique assez personnelle, mais qui s’inscrit quand même de façon majeure et indéniable.
Un très bon film, qui nous fait découvrir une jeune actrice dans toute sa mesure: Carey Mulligan (elle a tenu de petits rôles dans d’autres films, dont Public Enemies, que je n’ai pas vu). Alors là: coup de cœur. Vraiment. Elle est fabuleuse dans le rôle principal de Jenny, une jeune et brillante étudiante dans le Londres des années 60, au futur on ne peut plus prometteur. Qui fait la rencontre d’un homme beaucoup plus âgé qu’elle (genre, le double), qui viendra changer son destin.
Version vraiment, vraiment résumée. Car je ne veux pas raconter l’histoire plus en détails.
L’homme en question est joué par l’excellent Peter Sarsgaard (qu’on a vu récemment dans ‘Elegy’ de Isabel Coixet), que j’ai encore confondu avec Ewan McGregor, pour une raison que j’ignore. Je trouve vraiment qu’ils se ressemblent. Et tous deux sont très talentueux… Ce n’est peut-être que cela?
Un des intérêts premiers du film est de nous parler de cette époque, des rapports et de la dynamique entre les hommes et les femmes dans la société occidentale des années 60 et surtout, des choix qui s’offraient à eux/elles à travers cette touchante histoire. C’est très intéressant, et la reconstitution est bien rendue.
Je dois aussi mentionner quelques autres formidables acteurs et actrices, au passage: Alfred Molinaro, dans le délicieux rôle du père de Jenny, puis Cara Seymour, qui joue sa maman. Et Emma Thompson, qui tient le rôle de la directrice d’école. Magnifique, une fois de plus. Quelle classe, et quelle prestance, toujours.
Ce film m’a d’ailleurs permis de confirmer que c’est définitivement une époque à laquelle j’aurais aimé vivre à l’âge adulte, mais pour des raisons on ne peut plus superficielles: la mode, les vêtements, les souliers, les coiffures. Qu’est-ce que les gens avaient de la classe, étaient élégants.
Petite note à Julie L.: une recommandation que je suis certaine que tu apprécieras, à voir avec ton amoureux. Enjoy! ;-)
Réal.: Lone Scherfig, Angleterre, 2009. C’est la même réalisatrice qui nous avait donné, entre autres, ‘Italian for Beginners’, film du dogme #12, en 2002.

Juno

Pour en avoir entendu tellement parlé, franchement, j’ai pensé être royalement déçue ou au mieux, rester indifférente.
Mais tout au contraire, quelle belle découverte, quel rafraîchissant film et surtout, surtout, quel incroyable casting et savoureux dialogues.
Partant d’un sujet encore tabou il n’y a pas si longtemps (adolescente de 16 ans à peine qui tombe enceinte), mais traité de façon déconcertante de simplicité et de véracité, je dirais. Dans le sens de justesse du propos et du jeu, et non de vérité/morale puisqu’il n’y en a pas, heureusement d’ailleurs.
J’ai vu ce film ce printemps avec ma copine Jani, et nous avions toutes deux beaucoup apprécié. Je l’ai revu la semaine dernière en vacances à la plage, et même si la fatigue l’a emporté (ben quoi! les vacances c’est fait pour ça, non!?!), j’étais contente de le revoir et le charme opérait toujours.
Les comédiens sont vraiment bons. D’une sensibilité et d’une crédibilité rares. Chacun vivant cette histoire, et les répercussions qu’elle a sur eux, à leur propre façon puis les uns avec les autres, mais sans se raconter d’histoire ni s’en faire croire. Pas d’invraisemblance ni de situations forcée, ça coule et on y croit, on est touché et on rigole aussi. Parfois tout à la fois, parfois tour à tour.
Ellen Page est vraiment incroyable dans le rôle-titre, bien appuyée de son compère, joué par Michael Cera (que je ne me souvenais pas avoir vu auparavant). Même Jennifer Garner, que trouve habituellement plutôt ordinaire, y est bonne.
Deux mentions spéciales également pour la belle-mère et le papa de Juno, joués par les excellents Allison Janney et J.K. Simmons. Quel duo et surtout, quel couple invraisemblable mais tellement plausible et complémentaire ils réussissent à former.
Le film a reçu cette année le Oscar très mérité de «Best Writing, Screenplay Written Directly for the Screen», tel qu’écrit par Diablo Cody.
Réal.: Jason Reitman, Canada, 2007.
PS – Mention spéciale #2 pour le générique, qui est inventif, beau, interactif…

Les 3 p’tits cochons

Le premier film de Patrick Huard (en tant que réalisateur), vu tout récemment en très enthousiaste (mais non moins agréable) compagnie.
On en avait tellement entendu parlé, et tant de fois j’ai tenté d’aller le voir sans que cela ne soit finalement possible. La table était donc mise pour une potentielle déception.
Qui n’arriva pas: j’ai bien aimé.
Le scénario est intéressant et le rythme est assez bien maintenu. Le prémisse de base convenue mais efficace: trois frères en mal de couple/relation/amour, faisant face aux aléas on ne peut plus normaux (habituels? fréquents???) de la vie en ce domaine et leur façon d’y réagir.
Trois frères aussi différents que l’analogie le suggère. Mais qui sont tout de même liés par le sang, leur mère dans le coma et leurs quêtes respectives du bonheur, qui s’entrecroisent elles-mêmes très étroitement .
Beaucoup d’humour, de rebondissements. Les éternels clichés y figurent, mais sont traités avec auto-dérision et une bonne dose d’humanité. Malgré leurs caractères pas toujours très édifiants, disons, les personnages n’en sont pas moins attachants et souvent touchants. C’est surtout vrai pour les personnages masculins, par contre, car les femmes y sont dépeintes de façon beaucoup plus négative voir même hostile.
Même si ma préférence va assurément à Claude Legault (je sais, je n’en suis même plus crédible), j’ai trouvé tous les comédiens et comédiennes assez bons. Mention spéciale pour Guillaume Lemay-Thivierge, qui m’a même surprise par la justesse et le niveau de son jeu. Seul petit bémol à ce chapitre: Rémi (Paul Doucet) dont la crédibilité du personnage face à ce qu’il vit m’a un peu dérangée vers la fin. Mais je n’en dis pas plus, l’intérêt premier résidant assurément dans l’histoire.
Du reste, une des plus grandes qualités du film provient à mon humble avis de son absence de jugement/morale vs les sujets et situations traités. Et qui devient par la suite une bonne base –et ouverture- à discussions.
Huard a assurément un talent pour le côté visuel, sa caméra étant aussi intéressante que belle.
Réal.: Patrick Huard, Québec, 2007.

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