novembre 2006 archive

Philippe Noiret et Robert Altman

Loin de moi l’idée de comparer l’un à l’autre, puisque ce serait tout simplement impossible (et inutile!). Mais j’ai eu envie de parler un tout petit peu de ces deux très grands artistes, malheureusement tous deux disparus cette semaine…
Je ne peux non plus prétendre leur rendre un hommage à leur mesure respective. Je n’en ai ni la capacité, ni l’ambition. Je me contenterai donc de petits témoignages très personnels.
Philippe Noiret était un très grand acteur. Issu d’abord du théâtre et adopté ensuite par le cinéma (selon ses propres dires). Avec un tel charisme, une grande prestance, un immense talent et une force tranquille. Mais aussi et surtout, pour moi, une extraordinaire voix. Qui aurait certainement pu, si je l’avais connu, me pousser à bien des bassesses! Avec son regard, son air si particulier, toujours à mi-chemin entre la mélancolie/la tristesse et la bonté d’un Saint-Bernard! (mais prière de n’y voir et n’y entendre que le côté positif/touchant de l’analogie… car ce n’est que ça!).
J’ai repassé un peu sa filmographie pour me rappeler de si beaux et grands moments. Je ne pourrais vraiment dire quel rôle j’ai préféré (c’est incroyable de relire tous les films qu’il a fait, tous les rôles si différents qu’il a joués) et de toute façon je ne les ai pas tous vus, mais je pense pouvoir affirmer que deux de ses personnages m’ont plus spécialement marquée et me resteront longtemps en mémoire: deux personnages tellement opposés, d’ailleurs, soit celui d’Alexandre dans le très original «Alexandre le bienheureux» et celui de Pablo dans le magnifique «Cinéma Paradisio». Par sa justesse, sa sincérité, sa puissance et sa candeur, aussi. Quel grand comédien, ma foi. Qui me manquera beaucoup, mais dont nous avons maintenant la chance d’avoir tant de formidables souvenirs.
Robert Altman, maintenant. Que nous connaissons certainement moins, en tant que personne, de par ses fonctions non pas devant mais derrière la caméra. Mais dont j’aime beaucoup la vision, la caméra, l’œuvre. À nouveau, je suis allée consulter sa filmographie et j’étais stupéfaite par l’ampleur de celle-ci. Je pense même n’avoir pas vu la moitié de celle-ci (mais je me ferai le grand plaisir d’y remédier à loisir). Et j’en garde, assurément, plusieurs coups de cœur.
Pour moi, Altman a officiellement remis sur la carte, comme on dit (ou peut-être réinventé?), le genre chassé-croisé dramatique, mais de façon plus puissante, percutante et intense. Comme avec le très bon «Short Cuts», et aussi l’audacieux «The Player». J’avais beaucoup aimé «Gosford Park», venu longtemps après, film intéressant, astucieux, très fort. Un grand réalisateur, donc. Intemporel, visionnaire, dérangeant (de par ses films, je veux dire). Qui, lui aussi, me manquera beaucoup mais qui nous laisse également de formidables souvenirs.
Alors «Adieu!» à ces deux grands, mais surtout merci pour tout ce qu’ils nous ont donné, nous ont apporté, nous ont fait vivre, chacun à leur façon…

40e anniversaire de Sophie

La semaine dernière, nous étions invités, avec plusieurs ami-e-s proches, à célébrer l’anniversaire de notre belle Sophie. C’est Luc, son chum, qui recevait… en grande, allions-nous constater bien vite! (mais nous nous en doutions, car c’est un fin gourmet, un excellent cuisinier… et un formidable amoureux!).
Désolée, je me dois de le décrire, dans le menu détail, ce fameux repas 6 services. En fait, il y en avait initialement 7, mais nous n’avons jamais pu nous rendre jusqu’aux fromages…
Nous avons commencé par des sushis divers, un duo d’huîtres fraîches et des moules farcies à la mode Tapas. Le tout, arrosé d’un très bon mousseux.
Puis, un tartare de saumon à la crème sûre sur nid de laitue et des pétoncles rôtis à l’unilatérale avec caviar d’aubergine et biscotte de parmesan. Une fois de plus, le tout bien arrosé, d’un très bon bourgogne aligoté.
Un petit granité de citron est venu nous rafraîchir et nous donner une petite trève avant la suite… eh oui! Après tout, on a pas tous les jours 40 ans, non?
Des calmars farcis à la Portugaise, puis un carpaccio de veau de cerf à la roquette et au parmesan sont venus conclure la portion «entrées/plats principaux» du repas, bien arrosés d’un excellent rouge. Fait non négligeable à noter: la viande de cerf a non seulement été apprêtée mais aussi chassée, par notre hôte. Ben voyons… pourquoi l’acheter quand on peut se la procurer soi-même!?!
Pour terminer cet exquis programme, Luc nous a servi des feuilletés aux poires, Roquefort et Grand Marnier, le tout couronné par des crèmes brûlées au foie gras. À nouveau, arrosés de rouge, et d’un excellent Porto de plus de 20 ans.
Je n’ai pas utilisé d’adjectifs pour témoigner séparément de chacun de ces plats, puisque j’aurais donné dans l’extrême redondance. Qu’est-ce que ce fut bon. En fait, tout était savoureux. Que dis-je!?! C’était fabuleux, délicieux, tellement recherché. Et tellement de travail de la part de notre hôte. Mais que nous avons grandement apprécié, à sa juste valeur.
Nous avons également eu l’honneur et le plaisir de participer, un tant soit peu, aux préparatifs avec le chef, ce qui est toujours un réel plaisir pour moi. J’adore connaître de nouvelles recettes, voir travailler les autres, apprendre et mettre la main à la pâte. C’est tellement agréable.
Nous avons aussi et surtout eu beaucoup de «fun», tous ensemble. Nous avons jasé, rigolé, mangé (comme des énormes cochons, vous l’aurez deviné!), dansé, déconné. Et ça ne date pas d’hier: la plupart d’entre nous nous connaissons depuis au moins 20 ans.
Un grand moment de bonheur, dans tous les sens… et pour tous nos sens.
Encore merci à Luc et à Sophie. Nous l’avons d’ailleurs taquinée toute la soirée à l’effet que jamais nous n’avions été aussi ravis… d’être ses amis!

Canadiens vs Oilers

J’ai déjà été une vraie «fan» de hockey, mais surtout (et de façon quasi-inconditionnelle) des Canadiens. Pendant quelques années, j’écoutais presque tous les matchs, suivait le pointage des différentes équipes, vivais la folie des séries et de la Coupe Stanley. J’ai même déjà participé à des «pools» de hockey! (et non, pour les sceptiques: je n’exagère pas!).
Maintenant, j’aime bien écouter ce sport à l’occasion (à la télé), mais j’aime d’abord et surtout, lorsque l’occasion se présente, assister en direct à un match au Centre Bell. Parce qu’il y a énormément d’atmosphère, que les partisans le sont totalement et complètement, que c’est si difficile de ne pas embarquer -et même plonger- dans cet enthousiasme collectif et contagieux.
Hier, donc, j’ai eu la grande joie d’assister au très enlevant match Canadiens-Oilers, où le tricolore est finalement sorti gagnant, après trois intenses périodes, une toute petite mais tout aussi intense prolongation, suivie de 4 tirs de chaque côté. Ce sont Koivu (quel formdiable joueur, mon préféré du Canadien présentement) et Kovalev (pas mal non plus!) qui nous ont donné les frissons gagnants, avec deux belles feintes.
Je ne repartirai pas le débat (initié ici-même cet été lors du match final de la Coupe du monde de foot), mais moi, les tirs de barrage, même si je comprends l’idée derrière le concept, je trouve ça injuste, et souvent trop peu représentatif du match dont ils décident l’issue. Hier, par exemple, les Oilers ont failli l’emporter et vraiment, c’eut été très très triste et certainement pas à l’image du match, où les Canadiens ont, à mon sens, dominé l’attaque.
Mais ce qui m’a le plus ébranlée, ce sont toutes les bagarres (et pénalités) auxquelles nous avons assisté, impuissants, pendant le match. Qu’est-ce que je déteste ce genre de manifestation vaine et ô combien navrante/anti-sportive, à mon sens. Et c’est d’une telle violence gratuite (surtout quand on est sur place). Moi, ça me met toute à l’envers. Hier, vraiment, nous y avons eu droit tout au long du match, et avec un rythme proportionnel à la montée de la frustration, qui semblait sans limite. Pourtant, j’avais l’impression, à cause des nouveaux règlements, qu’il y avait maintenant moins de bagarres dans ce sport!?! Visiblement, soit je n’ai rien compris, soit les joueurs se sont vraiment forcés pour nous hier! (mais ciel que ce n’était ni nécessaire, ni élégant). Et les Canadiens ont d’ailleurs frôlé la catastrophe (à au moins une occasion) en raison de tous ces accrochages. Franchement!
Mais du reste, ce fut un match stimulant, intéressant, plein de rebondissements et d’action. J’ai même assisté pour la première fois au vidéo parodie «24h» présenté avant le match (j’ai trouvé ça plutôt pas mal, tant au niveau du concept que du «build up» de la ferveur partisane). Et j’ai eu le coeur mou à regarder les tous petits joueurs «Timbits» se donner à fond -et tomber à répétition- de très touchante façon. Les petits loups! Ils devaient être tellement épuisés après leur courte prestation, tant au niveau physique que des émotions.
Une grande soirée d’émotions, une! Merci (encore) à ma belle Jul, qui m’a payé toute une traite (royale), comme on dit, et m’a également servi de commentatrice/analyste surprenante et… incomparable (comme toujours). Elle avait même constaté (avant plusieurs, dont je ne suis pas la moindre!) le premier but de Guillaume Latendresse.
Et c’est elle qui a eu le commentaire qui me semble résumer le mieux l’affaire: «un bon match… mais très décousu!». Qui s’est finalement -et heureusement- bien terminé… parce qu’on a gagné! Na-na-naaaaa-na!, Na-na-naaaaa-na!, Heeeeey-heeeey, heeeeey! … Goooooodbye!