Brokeback Mountain

J’ai vu ce film il y a déjà plusieurs semaines, mais je pense que j’avais besoin de le décanter un peu, avant d’en parler.
Un tout nouveau genre de film pour ce réalisateur que j’aime beaucoup. D’entrée de jeu, des longs plans, des silences, une atmosphère complètement nouvelle.
Un film d’une intensité dramatique quasi incroyable. Audacieux, aussi. Un scénario si dramatique et bouleversant. L’histoire d’amour entre deux hommes, cowboys de surcroît, dans le sud des États-Unis qui plus est (ça n’arrête pas, les bonnes nouvelles) au début des années soixante. En tous cas, une très belle et grande histoire d’amour. Qui m’a complètement renversée.
Beaucoup diront que, suite à la rencontre de Jack (Jake Gyllenhaal) et Ennis (Heath Ledger), leur première vraie «connection» arrive excessivement vite et de façon un peu précipitée, disons, vs le rythme du début. Moi, j’aime à penser qu’il s’agit d’un bref résumé/condensé de tout ce qu’ils ont vécu, en fait, puisqu’on ne peut raconter le tout en temps réel, c’est bien évident. Nous suivrons ensuite leurs destins respectifs -et parallèles- sur plusieurs années.
Les deux hommes sont très, très bons comédiens (leurs deux femmes aussi, d’ailleurs, jouées par Anne Hathaway et Michelle Williams). L’un joue l’amoureux, et on ressent tellement ce qu’il vit, ce qu’il tente si fort de retenir dans ses sanglots étouffés et ses déchirements intérieurs. Tellement d’amour et de déchirure dans cette scène incroyable où, après leur séjour en montagne, ils se séparent et Ennis doit s’arrêter dans une petite ruelle, écrasé par la douleur, dévasté, changé, révélé à lui-même et sa désormais dualité/réalité. L’autre, Jack, un homme amoureux, certes, mais très intense (trop?) et surtout très très exigeant, et sexuel.
Une histoire d’amour très atypique. Un film courageux, qui nous amène à des nouvelles frontières tout en nous confrontant avec nos propres limites -s’il y a lieu- ou celles de la société, il n’y a de cela pas si longtemps encore…
Réal.: Ang Lee, É.U., 2005.

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