Elling

Je me promenais à mon club vidéo, récemment, lasse, blasée, en mal d’une quelconque découverte qui en vaille la peine. En même temps, c’est presque inévitable, c’est normal, vous me direz, quand on voit beaucoup de films, non? Peut-être. Mais c’est toujours un feeling plate quand même.
En quête, donc, de quelque chose qui me surprenne, me fasse plaisir.
Je m’étais même tapé, récemment, quelques blockbusters et/ou films de fille dignes de ce nom. Vous imaginez donc mon état de désoeuvrement! (mais oui! j’exagère! et de là un malin plaisir!!!).
J’ai alors fait ce que je fais probablement chaque fois dans un tel cas, j’ai «zieuté» les cassettes obscures dont il n’y a qu’un seul exemplaire, et qui sont placées dans la moitié inférieures des rangées. Et je suis tombée sur ce petit dvd, qui me semblait tentant, rigolo, intriguant et inconnu à souhait. Un film de la Norvège.
J’adore les films norvégiens. Bon, c’est peut-être un peu général comme commentaire mais franchement, comme pour les films suédois ou allemands, je suis rarement très déçue.
C’est l’histoire de deux hommes aux vies un peu «différentes», disons, aux parcours un peu spéciaux, qui se retrouvent dans un institut psychiatrique pour un court séjour. Et qu’on tente ensuite de réinsérer socialement -et conjointement-. Deux personnages aussi opposés qu’attachants, avec de sympathiques travers et de surprenantes réactions.
Les deux principaux comédiens sont formidables (Per Christian Ellefsen et Sven Nordin) . Tellement crédibles, on se sent aux limites du documentaire, mais avec tellement d’humour.
Fait vraiment intéressant, on nous raconte principalement cette surprenante et atypique relation/amitié entre les deux hommes. Sujet rare, d’ailleurs, il me semble. Et d’autant plus intéressant. Une amitié tellement touchante, différente. Désopilante. Un humour dérisoire, à l’image des personnages.
Réal.: Petter Næss, Norvège, 2001 (mais probablement disponible depuis peu, puisqu’il était toujours dans les nouveautés) (quoique…).

Friends with money

Un film loué récemment et qui m’a agréablement surprise.
J’avais peu d’attente ou en fait, je m’attendais plutôt à un «petit film de fille». C’est davantage une chronique étendue sur le couple, les relations d’amitié et le célibat. Un drame de moeurs, probablement. Ça m’a toujours fait rire, comme appellation, ça!
Jennifer Anniston y est, à nouveau, surprenante de justesse. Pas que je la considère mauvaise comédienne, mais j’ai toujours trouvé son registre -ou son casting?- un peu linéaire et simple. Dans ce cas-ci comme dans «The Good girl» (que j’avais aussi beaucoup aimé), elle est très bonne et nous montre des facettes de son jeu qui nous étaient jusqu’ici inconnues. Elle est d’ailleurs entourée d’une impressionnante (et excellente) galerie, dont: Frances McDormand, Joan Cusack, Catherine Keener, Greg Germann, Simon McBurney, Jason Isaacs.
C’est l’histoire de plusieurs couples d’amis, qui ont des vies très aisées (on l’aurait deviné…!), avec les enjeux ou difficultés proportionnels, ainsi que de leur amie, éternelle célibataire et qui a, à l’inverse, de la difficulté à joindre les deux bouts, financièrement.
Les personnages sont bien campés, sont intéressants et le scénario est plutôt imprévisible. Certains sont heureux, d’autres auraient dû l’être, d’autres encore sont des malheureux qui s’ignorent. Ce ne sont pas toujours ceux que l’on aurait cru au départ qui sont les plus heureux, et vice-versa. Une grande partie de l’intérêt du film repose d’ailleurs sur le recul et le regard détaché -ou froid?- que pose la réalisatrice. Sans jugement, en exposant simplement différentes situations et tranches de vie.
Ce sont les personnages qui se chargent d’ailleurs de se critiquer ou de s’analyser entre eux. Mais qui sont généralement si mal placés, les uns envers les autres, pour le faire. Comme c’est si souvent le cas dans la vie, non?
En somme, une douce satyre relationnelle et une critique sociale intéressante, sous des allures, ici et là, de comédie de situation (enfin presque).
Réal.: Nicole Holofcener, É.U., 2006.

CeU

Hmmmmmmmm. J’avoue être plutôt chanceuse, normalement, côté découverte musicale.
Soit parce que les gens dont je suis les recos me rejoignent, soit parce que je suis assez ouverte d’esprit et de culture, soit parce que mes goûts sont, ma foi, vraiment très larges et écletiques, peut-être!?!
N’empêche, j’ai vécu récemment une grande déception.
Je me suis procuré l’album éponyme de cette chanteuse, tel que recommandé par un hebdomadaire culturel bien connu (le Voir, pour ne pas le nommer!).
Et malgré le style musical (brésilien, mélange de soul, d’afro beat, de reggae et d’électro-jazz), le côté très contemporain, le côté un peu musique d’ambiance… je n’ai pas aimé. Mais pas du tout. En fait, ça m’a énervée.
Je n’ai pas aimé la voix, qui m’agresse, à vrai dire. Ni les mélodies, qui me laissent indifférente.
Alors un cd à donner, un!
Ben quoi!?! Je crois beaucoup que les goûts ne se discutent pas, qu’ils sont tous dans la nature, comme le veut l’expression consacrée. Et je n’aime pas jeter les choses, surtout quand il s’agit de culture. Je crois beaucoup au recyclage.
À bons lecteurs/bons entendeurs… salut!
CeU, Étiquette LCL, musique du monde, 2006.

The Secret Life of Words

J’avais beaucoup aimé un autre de ses films («My life without me»). Quand j’ai entendu parler de celui-ci, j’ai tout de suite eu envie de le voir… envie doublée, de surcroît, par le choix de son principal protagoniste: le beau et talentueux Tim Robbins.
Un autre très beau film. Tout en retenue, en simplicité. Il aurait été si facile de tomber dans l’excès, dans le gros mélodramatique, avec délire de larmes et d’apitoiement. Mais malgré tout le tragique du scénario, Isabel Coixet sait raconter les histoires de magistrale façon.
Les deux principaux acteurs sont fabuleux (TR et Sarah Polley). Crédibles, intenses mais tellement pudiques à la fois. Avec aussi (entre autres) le très sympatique Javier Cámara, un des acteurs fétiches d’Almodovar.
C’est l’histoire d’une travailleuse d’usine (SP) qui prend des vacances forcées et se retrouve, par un concours de circonstance, sur une plateforme de forage pétrolier, en pleine mer, à soigner un blessé grave (TR). Ça raconte donc leur rencontre, leur découverte et apprentissage mutuels. Leurs joies, leurs peines, leurs drames respectifs. Et ce qui s’en suivra.
C’est touchant, c’est émouvant, mais jamais exagéré ni trop «heavy». Ce qui, à mon sens, permet de nous donner au final un film si authentique et si sincère. Très habile de la part de la réalisatrice, je trouve.
Réal.: Isabel Coixet, Espagne, (produit par Almodovar, d’ailleurs), 2005.

Scoop

J’aime Woody Allen. Bizarrement, ce n’est pas tant «l’ancien» Woody Allen que j’aime (et même si je l’aime aussi!), que le réalisateur que je côtoie -à travers ses films- depuis les 15 dernières années, disons.
Je le trouve très talentueux, comme réalisateur. Et qu’est-ce qu’il me fait rire, comme comédien/personnage!
Après le percutant « Match Point » (dans lequel il brillait d’ailleurs par son absence), j’ai vu récemment «Scoop», son dernier. Et j’ai retrouvé Allen, dans le délicieux rôle de Splendini, le magicien. Qu’est-ce qu’il est énervé, éparpillé, intense et d’une vivacité d’esprit incroyable, à nouveau. Nous avons beaucoup ri, pendant la projection, lors de ses envolées délirantes et ironiques à Scarlett Johansson et à d’autres personnages du film. D’ailleurs, je suis certaine d’avoir manqué plusieurs gags, car il les défile, à la mesure de son niveau de stress, soit à un rythme d’enfer.
Scoop, c’est l’histoire d’une apprentie-journaliste (SJ) qui reçoit de l’aide -inattendue et inespérée, comme dirait l’autre!- d’un ancien journaliste, lors d’un spectacle de magie, afin d’effectuer une étrange enquête sur un encore plus étrange -et supposé- tueur en série (Hugh Jackman). Ça raconte leur rencontre (WH/SJ/HJ), leur enquête et leurs «acoquineries» diverses. Trio débridé et débridant (si la chose se peut – et se dit).
C’est une histoire drôle, aux événements parfois prévisibles, parfois un peu surprenants, mais toujours intéressants. J’ai bien aimé le rythme, qui varie selon la tournure et l’intensité des événements. Et que dire de cette «pseudo-tension-archi-dramatique», si chère à Allen, et qui nous fait chaque fois rigoler lors de (plutôt) tragiques événements.
J’aime. Tout simplement.
Réal.: Woody Allen, É.U., 2006.