A star is born

Crédit : Youtube - Official trailer

Crédit : Youtube – Official trailer

Je n’avais rien lu sur le film, et je n’avais donc pas vraiment d’attente.

J’avais surtout envie de partager ce moment avec ma belle amie qui aime tant la musique.

J’avoue d’abord avoir été soufflée par les performances de Lady Gaga et Bradley Cooper. Et ce, sans même avoir lu le générique et donc sans savoir tout ce qu’ils ont respectivement à leur crédit (performances vocales et musicale, écriture, réalisation, production, etc.).

Le film est long, mais sans longueurs. Je suis complètement entrée dans l’histoire, je me suis laissée porter et toucher. Vraiment beaucoup.

La justesse de leur jeu, des plans, en spectacle comme dans l’intimité, on se croyait parfois presque dans un documentaire. Mais avec beaucoup de moyens, par contre, dans ce cas-ci !

Cette rencontre tellement improbable mais belle aussi, cette comptabilité incroyable mais naturelle. Ces deux belles âmes plutôt authentiques, dans le contexte.

La trame musicale est très bonne et vient ponctuer le recit de belle façon, et encore plus à la toute fin. Et pas seulement parce que l’histoire est celle de ces deux chanteurs-compositeurs-interprètes. En fait, la musique est vraiment un personnage, omniprésent, essentiel.

Je ne raconterai pas davantage l’histoire de cette relation pleine de défis entre ces deux fragiles artistes, mais je confirme que le film nous a habitées un bon moment après…

Et c’est là que j’ai réalisé que c’était la 4e version de ce film. Et que j’avais vu 3 des précédentes.

Un autre des attraits de ce film est de l’avoir autant actualisé. Beau travail d’adaptation, qui ajoute évidemment à la crédibilité et à l’intérêt du propos.

Au cas où ce ne serait pas clair… je le conseille!

A Star Is Born, Réalisation : Bradley Cooper. Avec Sam Elliott, Andrew Dice Clay. Production Warners Bros. 2018.

La lunette

Ce matin, chemin faisant vers le bureau, j’emprunte distraitement le même corridor menant à la même station de métro que je prends chaque fois. J’y croise une première personne itinérante, que je croise également chaque matin. Puis une deuxième, qui est toujours postée un peu plus loin… mais pas ce matin. Il n’y est pas. J’ai envie de me dire que tout est ok, qu’il ne lui est rien arrivé de grave, qu’il n’est pas blessé ou malade, ou pire. Mais dans le faits, je n’en sais évidemment rien. Mais j’espère qu’il est ok. C’est vraiment la seule chose que je puisse faire, même si le coeur m’a serré quand j’ai constaté son absence.

Ceci m’a rappelé ma formidable nièce adoptive, ma belle Audrey. Et une petite anecdote en apparence anodine, mais qui m’est revenue de plein fouet à ce moment. Il y a plusieurs années, je la gardais pour une semaine, et nous nous rendions à sa garderie et à mon travail, qui étaient (ô bonheur) situés tout près l’un de l’autre à l’époque. Nous prenions le métro, où nous croisions régulièrement un ou deux itinérants sur notre route. À un moment, je donne un peu d’argent à l’un d’eux et Audrey me demande pourquoi le monsieur a besoin d’argent, pourquoi il est là. J’ai opté pour ce que je pense être le plus honnête possible, soit le fait qu’il a nécessairement manqué de chance, probablement aussi avec des ennuis de santé et plusieurs défis personnels et donc, il a perdu sa maison et il est maintenant itinérant. Et il a besoin d’aide et de ressources à plusieurs niveaux. Audrey m’a écouté attentivement et posé quelques questions, et nous sommes ensuite arrivées à destination.

Le lendemain, en arrivant à la même station de métro et à l’escalier devant lequel se trouve le même itinérant, Audrey s’exclame : zut! j’ai oublié mes sous, tante Brigitte! Je voulais beaucoup aider le monsieur moi aussi ! Je la rassure donc en lui expliquant qu’à son jeune âge et ses modestes moyens, elle n’a pas à s’en préoccuper, que certaines personnes le font (et j’évite évidemment tout le débat de société qui s’y rattache…). La journée se passe donc et le lendemain matin, en arrivant à la station en question, elle me montre quelques pièces qu’elle avait prises dans son portefeuille et me dit : « Ce matin, j’y ai pensé ! Et je vais donc pouvoir lui donner des sous et l’aider moi aussi, le monsieur. »

J’étais impressionnée de constater à quel point elle y tenait. Je n’ai pas osé insister pour qu’elle garde ses sous, me disant qu’on en reparlerait et que ça lui ferait visiblement tellement plaisir. En arrivant devant l’escalier, l’homme itinérant ne s’y trouve pas. J’ai le coeur qui me serre automatiquement (car comme ce matin, j’ai eu peur qu’il lui soit arrivé quelque chose de grave), puis je me prépare à ce qu’elle m’exprime sa grande déception devant cette absence… quand je la vois sauter de joie avant qu’elle me dise, le regard brillant : « Oh wow! Il a trouvé sa nouvelle maison, tante Brigitte! C’est génial! ». Je ne me souviens pas avoir été aussi surprise qu’émue, du même coup.

Par cette magnifique façon de voir les choses (et oui, très innocente et idéaliste, on le sait), mais quand même formidable. J’avais le coeur trop serré pour dire quelque chose (et les yeux remplis d’eau), mais j’ai quand même réussi à lui faire mon plus beau sourire, doublé d’un clin d’oeil complice tout en serrant (trop) fort sa petite main dans la mienne.

Tout est dans l’oeil de celui qui regarde… à travers sa propre lunette. Et celle d’Audrey est aussi unique que belle. Je lui souhaite de la garder (intacte) le plus longtemps possible !

Le courage (2)

J’en ai déjà parlé dans un autre billet, plus urgent, plus pressant, plus difficile, aussi, celui-là.

Mais c’est vraiment quelque chose d’incroyable, qui change des vies, qui en améliore tant, qui fait de toutes petites –et de plus grandes- différences au quotidien. Et qui n’est jamais, jamais en vain. Jamais, jamais perdu.

C’est aussi une qualité qui se perd un peu, de nos jours, et c’est très dommage car il s’agit selon moi d’une des plus belle et grande qualité qui soit.

Larousse dit : Fermeté, force de caractère qui permet d’affronter le danger, la souffrance, les revers, les circonstances difficiles : Avoir du courage. Ardeur mise à entreprendre une tâche : Travailler avec courage. Force, énergie et envie de faire une action quelconque : N’avoir pas le courage de se lever.

Moi je dis que cela revêt bien des formes, et que les gens qui en font preuve ne le savent souvent même pas.

C’est ma bonne amie qui s’occupe maintenant seule de sa belle puce, et qui mène de front une belle carrière, est très active et dynamique, présente pour ses proches, et qui vient de subir une petite intervention. Et qui fait une bien belle ‘job’ à tous ces niveaux, d’ailleurs !

Je dis aussi que c’est mon autre amie qui est entrepreneure, en processus de changement, qui élève sa fille en co-parentalité et s’occupe maintenant de sa maman qui vit des moments plus difficiles. Et qui le fait avec beaucoup d’humanité, d’intelligence, de gentillesse.

C’est ma maman qui vit des choses pas faciles, et mon papa qui les vit par obligation, par procuration et… par amour. Et qui conserve son humour débridé dans l’adversité!

Je dis enfin que c’est mon chéri, qui est toujours tellement juste volontaire, prêt à aider les autres, prêt à réaliser la prochaine tâche ou le prochain projet, qui est toujours là pour ses enfants, toujours enthousiaste, tellement motivant.

Et je leur dis à toutes/tous mon admiration pour ce qu’ils sont, et ce qu’ils font.

Que c’est un honneur, pour moi, d’être entouré de tout ce courage…

 

Inexplicable

J’ai le cœur gros depuis plus de deux semaines… Depuis l’annonce d’un décès. J’ai une réelle peine. Et pourtant, toute sérieuse et irréversible soit la mort, je ne connaissais même pas cette personne. Mais il s’agissait donc d’une personne ‘connue’, de notoriété publique. Et qui a à mon sens était douée d’extraordinaires talents, d’abord comme acteur de cinéma (un très grand acteur, selon moi), comme réalisateur et comme acteur de la scène, mais que je n’aurai malheureusement jamais la chance de découvrir dans le dernier cas. Et j’en suis d’autant plus triste que je suis convaincue que cela aurait été un grand moment (pour moi). J’ai encore de la difficulté à le réaliser vraiment, ainsi que tout l’impact de cet événement. Je parle bien sûr du déjà très regretté Philip Seymour-Hoffman, un de mes acteurs cultes depuis Happiness.

Et c’est ce phénomène que j’essaie de saisir depuis. Comment on peut ‘s’attacher’ à une personnalité publique… et donc vivre un deuil à sa mort. C’est fascinant, même si de façon tellement négative et cruellement incompréhensible, surtout à son trop jeune âge.

Je pense que ce deuil est en fait proportionnel à l’impact ou plutôt l’importance que cette personne a eu pour moi. Dans son cas, il m’a fait vivre de grands moments de cinéma, mon domaine de prédilection culturel par excellence. Il m’a touchée, m’a fait pleurer, m’a fait rire aussi (pour mon plus grand bonheur et avec une certaine surprise). Il m’a dérangée, parfois un peu rebutée (je parle ici de ses rôles), m’a troublée, m’a fait réfléchir. Mais donc il m’aura profondément marquée. Et donné par là l’impression (on ne peut plus fausse) de le connaître. Et donc d’être maintenant privée de sa présence, ou bien égoïstement, du grand plaisir de le voir à nouveau dans une œuvre, de le découvrir encore sous plusieurs autres angles de jeu, que je suspecte mais ne pourrai jamais confirmer. Un si grand talent, il me semble, aurait nécessairement continué de se développer, c’est le propre des gens si doués dans leur domaine. Comme si le talent dicte le parcours. Ou le devrait. Mais je le réalise, là aussi, rien de plus faux.

Ce qui est également très bouleversant est la fatalité de cette issue. Son côté irréversible. J’ai toujours en tête qu’il s’agit d’un accident aussi imprévisible que la mort est fatale, à savoir qu’il aurait très bien pu être évité, juste ne pas se produire, si une chose avait été différente. Et probablement une toute petite chose… Et c’est ce qui me révolte le plus. Sans le savoir au fond, je crois que ce n’était pas son choix, sa décision. Qu’il a simplement manqué cruellement de perspective, de lumière, d’amour (quel qu’il soit) et qu’il a été victime d’une grosse béquille qui ne pardonne pas et aura eu raison de lui.

Je voudrais tellement pouvoir revenir dans le temps, et qu’il sache à quel point il était apprécié, important dans son apport. Et espérer que cela puisse faire une différence… Alors qu’en fait, probablement pas. C’est le propre (et le très sale et très laid) des accidents. Y a rien à comprendre. Et pour moi, c’est très difficile d’accepter ce qui ne se conçoit pas, ne se comprend pas. Mais ça, c’est mon problème. Pas le sien.

J’espère quand même qu’il puisse un tout petit peu sentir le grand deuil et le grand vide qu’il a générés. Comme si cela lui permettrait d’avoir moins mal? Ou en fait, toute l’admiration et le respect que les gens lui ont portés? Je donnerais beaucoup pour que cela soit possible… mais là encore, c’est mon problème, pas le sien. Reposes en paix, PSH… Et merci pour tous les grands moments que tu m’as fait vivre.

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Dallas Buyers Club

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Je voulais le voir depuis le FNC. Je l’ai finalement vu avant Noël, avec ma copine Jani.

Nous en avions beaucoup entendu parler, en bien. Nous n’avons pas été déçues.

Un film très bien réalisé par Jean-Marc Vallée, de façon très réaliste, crédible, directe. Sans artifices et surtout, avec beaucoup d’impact. Je me dois de souligner l’incroyable transformation de Matthew McConaughey, qui a complètement assumé ce rôle en perdant bien 30 livres, et en personnifiant complètement la maladie qu’il défend dans le film. C’est vraiment impressionnant de voir à quel point un acteur peut s’engager dans une production. Bravo pour le courage. Son acolyte, joué par Jared Leto, est également phénoménal dans sa transformation physique mais surtout, dans son jeu. Ils sont vraiment excellents. Leurs récentes nominations en témoignent heureusement.

J’ai beaucoup aimé l’idée de nous raconter l’histoire des débuts du SIDA au É.U., mais cette fois de façon très différente, intéressante, et méconnue (pour nous, en tous cas), à travers une histoire vraie. Celle de Ron Woodroof, un électricien, cowboy, playboy et homophobe raciste du Texas qui contracte le virus aux tous débuts de la vague dans les années 1980. C’est ce qu’on peut appeler un choc. En fait, un triple choc, puisqu’il apprend du même coup que ce magnifique cadeau n’est plus exclusivement réservé aux homosexuels, qu’il lui reste moins d’un mois à vivre et qu’il devra prendre en main les prochaines étapes s’il veut espérer avoir une petite chance.

Woodroof fera donc une incursion aussi rapide que profonde dans le monde du VIH, des médicaments disponibles et surtout de tous ceux qui ne le sont pas, à cause du contrôle très strict de la FDA à ce moment. Et la faim (ou plutôt la mort imminente) nécessitant les moyens, il ira au Mexique, au Japon et dans quelques autres pays chercher et rapporter les cocktails de médicaments, vitamines et suppléments nécessaires au traitement de cette impitoyable maladie. Il décidera donc d’en faire un ‘business’. Et il viendra du même coup en aide à la communauté gaie américaine, en démocratisant l’accès à ceux-ci à travers ce ‘club d’acheteur’, où la seule façon de pouvoir le faire légalement est de vendre un ‘abonnement’ (et non des substances illégales). Pour ce faire, il se trouvera donc un surprenant partenaire gai et travesti, Rayon, joué par Jared Leto. Et une complice inespéré, une femme médecin dépassée par l’inaction des hôpitaux et médecins, jouée par Jennifer Gardner, également très bonne.

Il est également très troublant , mais ô combien rassurant, de constater que de tels drames peuvent au moins avoir raison de préjugés, aussi énormes et puissants soient-ils, au passage. Non sans le fruits d’efforts titanesques, mais quand même. Tant qu’il y a de la vie, apparemment, il y a aussi de l’espoir. Si petit soit-il au départ…

Un film à voir, qui a été en projet depuis le milieu des années 1990, et qui a finalement vu le jour fin 2013.

Réal.: Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Young Victoria, Café de Flore),  É.U., 2013.

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