Cœur vaillant

Mes petits neveus chéris, Julien et Charles, sont allés visiter et découvrir l’Oratoire St-Joseph avec leur grand-père la semaine dernière.
«C’est une grosse grosse Église», comme ils l’expliquaient avec enthousiasme.
Ils nous racontent un peu leur périple et Charles nous dit alors: «On voulait voir le cœur mais on a pas pu, parce qu’il travaillait»!
Qu’est-ce qu’on avait le fou rire (que nous avons par contre subtilement étouffé, de peine et de misère) car on voulait vraiment comprendre ce qu’il voulait dire…
«Ben oui, tu l’sais, on pouvait pas y aller parce que la chambre était fermée, parce qu’il travaillait»!
Ma belle-soeur nous a alors expliqué que cette partie de l’Oratoire était temporairement fermée pour rénovations.
On ne sait toujours pas si Charles pensait vraiment que «il» (le coeur) travaillait à une quelconque et céleste besogne ou si son «il» était en fait un «ils» en parlant des ouvriers, mais peu importe… quelle jolie façon d’imaginer la chose!
PS – Du reste et sans même l’avoir vu, je suis persuadée qu’il était tout à fait préférable qu’il soit ainsi temporairement indisponible, ce fameux cœur, et que l’imagination de Charles en a assurément dessiné un plus joli portrait que le vrai… (en fait l’idée même me répugne mais bon, ce n’est que moi, ça…).

Le couperet

Une comédie de surface qui n’en est pas une au fond, où le drame est omniprésent mais traité avec une désopilante légèreté. On rit un peu jaune, mais on rit quand même. Et on se sent presque mal (ou complice?) de le faire… bruit de déglutition un peu difficile! (ok, ok, j’exagère un peu, c’est pour être marketing!!!)
Le comédien principal, José Garcia, est vraiment très bon. Il nous tient en haleine presque tout au long du film, ne sachant jamais trop sur quel pied il se mettra -ou non?- à danser. Casting impeccable, il a vraiment la gueule de l’emploi, sans jeu de mots déplacé! Sa partenaire et épouse, jouée par l’excellente Karin Viard, lui rend bien la réplique. Un peu surprenante dans ce rôle intense mais tout en douceur, en retenue.
Quelle histoire! Un cadre très expérimenté, biochimiste spécialisé dans l’industrie du papier se voit remercié de l’entreprise où il travaille lors de la restructuration de celle-ci et se retrouve, bien malgré lui, au chômage. Après une analyse profonde et plutôt drastique de la situation et de ses chances de retrouver un poste à la hauteur de ses compétences, il décide d’utiliser tous les moyens possibles pour y arriver… ça va très loin, pour paraphraser Anémone dans «Le Père Noël est une ordure»!
Costa-Gavras réussit à nous faire croire au sérieux de la situation et des événements tout en nous divertissant, ce qui n’est pas qu’une mince affaire dans ce contexte. Tourné en différents huit clos, un peu comme une pièce de théâtre, ce film nous démontre bien l’absurdité du marché du travail dans lequel nous évoluons et l’ampleur du pouvoir qui y est sous-jacent. Une habile satyre, quoique un peu longue par moments.
Réal.: Costa-Gavras, co-production France/Belgique/Espagne, 2005.

Bon cop, bad cop

Je savais que je le verrais, ce fameux «blockbuster» franco-anglo-canado-québécois, mais j’avais résolu que ce serait en location. Je m’attendais donc à un film rempli d’action et de cascades, à l’américaine, donc!, avec de bons comédiens.
Je me suis exécutée tout récemment, pendant le congé des Fêtes, en compagnie de ma soeur et de mon beau-frère.
Et effectivement, c’est vraiment un film d’action et de cascades, bien tourné et bien réalisé. Mais c’est aussi un film drôle, caricatural de nos «deux solitudes» et à l’humour intelligent. Et ce qui m’a vraiment plu, c’est la surprenante simplicité derrière cet ambitieux projet qui au fond, est un bon gros «trip de gars» et de gang, qui ne se prend pas trop au sérieux.
Tous les comédiens sont vraiment bons, en commençant par les deux rôles-titres, Patrick Huard et Colm Feore. Mais aussi Sylvain Marcel, Lucie Laurier, Sarah-Jeanne Labrosse (la fille de Huard et Laurier), Pierre Lebeau et même Louis-José Houde, formidable dans son tout petit rôle de grande composition.
Le fim raconte l’histoire de deux policiers, un québécois et un ontarien, appelés à enquêter sur un meurtre qui s’est produit sur la frontière même des deux provinces. Et qui prendra bien vite une toute autre tournure, tant en ampleur qu’en complexité pour les deux policiers qui y sont liés bien malgré eux.
Le scénario est peut-être un peu tiré par les cheveux, ou en fait je me suis demandée si il était suffisant pour justifier un tel deux heures de grands rebondissements? Mais le rythme est bon, les images sont très belles, la caméra est complice de l’intrigue.
Sur le dvd, il y a trois versions du film: anglaise sous-titrée en français, française sous-titrée en anglais et la version telle que produite, soit complètement bilingue. Cette dernière, quoique ambitieuse en théorie, est très bien faite et fonctionne parfaitement, tant au niveau de la compréhension que des clins d’oeil et de l’humour (à condition, bien évidemment, de parler et comprendre les deux langues!).
Il y a aussi quelques longueurs, mais au final, j’avoue avoir été agréablement surprise par ce film d’un genre plutôt rare pour une production québécoise, et somme toute assez réussi.
Réal.: Éric Canuel, Québec, 2006.

Volver

Le dernier film d’un de mes réalisateurs préférés. Et j’ai fait ce que je fais souvent quand il sort un film: je me retiens, je fais durer l’attente pour mieux apprécier le plaisir et, quand je n’y tiens plus, j’abandonne et je me rends… au cinéma en courant!
J’ai beaucoup aimé «Volver», mais ce n’est pas mon préféré. En fait, je dis ça et en y réfléchissant un peu, je serais bien embêtée de dire lequel de ses films serait effectivement mon préféré ?!? Parce que je les aime tous, chacun à sa façon et selon sa spécificité ou sa particularité. Mais comme ils ont tous la touche de ce réalisateur, sa grande sensibilité, sa folie, sa passion, son intensité, ses excès, sa pudeur, son sens du drame, son humour, chacun à différent degré.
Ce film raconte l’histoire de mères et de filles, des relations parfois difficiles, parfois complexes mais toutes loin d’être banales ni simples. Avec comme point de départ une mère décédée qui revient dans son village natal pour régler une situation restée en plan avec sa disparation. Un film empreint d’une grande pudeur, moins d’excès et d’exhubérance mais toujours autant d’amour, autant de drame, traité avec légèreté et humour. La musique est toujours aussi présente et intense, et nous livre ainsi les moments les plus émouvants et touchants du récit.
Almodovar s’est encore entouré de quelques-unes de ses muses, comme la formidable Carmen Maura, la très bonne Lola Dueñas et la surprenante Penelope Cruze, qui y est excellente.
De très belles histoires d’amour filial, d’amitié, de voisinage et, dans tous les cas, de relations savoureusement colorées et atypiques.
Réal: Pedro Almodovar, Espagne, 2006.

Maurice Richard

Même si j’aime bien le hockey et que j’ai beaucoup d’admiration pour ce grand joueur qui fit les beaux jours du tricolore, je n’avais toujours pas vu ce film. C’est ma soeur, Cri, qui me l’a chaudement recommandé… et je l’en remercie tout aussi chaleureusement maintenant!
Wow! Quel intéressant document historique. J’ai beaucoup appris sur le Québec des années 30-50 (en fait sur Montréal et la situation des canadiens français à ce moment), sur cet extraordinaire personnage devenu mythique (et pour cause), avec le cœur et le courage aussi grands que le talent, qui était débordant. Je ne savais pas non plus qu’il avait eu de si difficiles moments au début de sa carrière, ni tout ce qu’il avait réellement accompli pour les Canadiens. Impressionnant, vraiment.
Roy Dupuis est tellement bon dans le rôle-titre. Sa prestation, quoique personnelle, est formidable de justesse et de sincérité. Il émane de lui une telle prestance, une telle force, c’est fascinant. Qu’est-ce que j’aurais aimé connaître le vrai, finalement! Tous les comédiens sont également bons, dont Julie LeBreton, qui joue la femme de Maurice et Pierre-François Legendre qui fait son attachant beau-frère (et plus grand fan – même s’il fit une gagêêêuuure contre lui le soir de leur déménagement!).
C’est bien tourné, bien monté, les images sont très belles, la lumière est un bon support ou complément aux propos et le scénario est vraiment bien ficelé pour le cinéma (par Ken Scott). L’intérêt est constant et maintenu jusqu’à la fin (mais c’est peut-être moins le cas pour quelqu’un qui connait très bien son histoire – je ne sais pas???).
Une des choses qui m’a le plus marquée et touchée est le sérieux avec lequel les joueurs de ce temps -souvent de très grands athlètes qui travaillaient très très fort- pratiquaient ce sport. Et aussi toute la fierté avec laquelle ils le faisaient. Faire partie d’une équipe de la LNH, comme les Canadiens, était alors un privilège… et non un acquis, comme c’est le cas maintenant, qui vous donne droit à un plus qu’énorme chèque tous les quinze jours, peu importe si et comment vous avez joué (ou presque). Et quand on pense aux salaires qu’ils gagnaient à ce moment, toutes proportions gardées, c’est vraiment incroyable. Et complètement dommage/insensé, je trouve.
Réal.: Charles Binamé, Québec, 2005.