Ne reculant devant rien et ayant déjà avoué moulte travers, dont la kétainerie n’est pas la moindre!, j’y vais donc d’un autre aveu, sous forme de petit témoignage et même, je dirais, d’hommage.
Que voulez-vous (j’y vais «tout-de-go»), je suis une «femme de char», une vraie! Pas au sens vulgaire voulant que j’aime m’allonger sur le premier capot venu, en petite tenue, pour être par la suite immortalisée, tout sourire, par une photo ou autre support papier! Non! Une femme qui aime les voitures – et la conduite. Je précise également que je ne suis ni particulièrement connaisseuse, ni une professionnelle du sujet.
En fait, j’ai eu quelques voitures à date dans ma vie (depuis que j’ai 20 ans, environ). Et celle que j’ai le plus appréciée (désolée! je dois dire aimée puisque ce fut le cas!) est sans contredit ma BELLE petite Golf. Que j’ai louée pour une période de quatre ans. Et que je dois donc rapporter… cette semaine. Pour des raisons purement économiques. Et de priorités.
D’où ce billet, en fait. Devant la déception, la tristesse et même la peine que j’éprouve présentement! Vous me direz que c’est n’importe quoi, car une voiture ça pollue, c’est mauvais pour la santé, ça cause des embouteillages, c’est parfois dangeureux, ça coûte cher, ce n’est pas un investissement, etc. Et vous aurez bien raison! Et que c’est un luxe que bien des gens ne peuvent même pas se payer (alors de quoi je me plains!?!). Et vous aurez encore raison! N’empêche, je suis une grande sensible, une passionnée, une exaltée, même, comme dirait ma copine de voisine. Et donc, ça me fait vraiment quelque chose et -ô comble du ridicule!- j’ai même versé quelques larmes. (Le pire c’est que c’est vrai!).
J’ai tellement fait de belles promenades dans cette voiture. J’ai vu du pays, comme on dit, plus vite que permis, bien souvent, mais en l’appréciant tout autant! J’ai profité de la fougue de mon petit bolide, de tout l’espace qu’elle m’offrait, j’ai fait plein de choses en sa compagnie, j’en ai fait profiter plusieurs personnes, aussi. De beaux souvenirs! Même au ciné-parc… aaaaah! que de plaisir! (je l’ai dit, je m’assume dans mes travers!).
Son petit moteur nerveux, le bruit de celle-ci, ses belles courbes, sa belle couleur, sa grandeur parfaite pour en profiter pleinement tout en pouvant se stationner quasi partout, son luxe (l’air clim, les vitres et portières électriques, le système d’alarme, la clé rétractable, les sièges si confortables, complètement ajustables et chauffants… moi qui disait, au début, que ce n’était pas important), même le bruit des portières, lorsque je les referme, vont me manquer. Comme un sentiment de qualité et de sécurité. Son tableau de bord si distinctif, au bel éclairage rouge et bleu. Sa fiabilité, aussi (qui en fera sourciller plus d’un, car elle a encore, malheureusement, souvent mauvaise presse – à tort, dois-je m’empresser d’ajouter!). C’est fou comme on peut s’habituer et se plaire à conduire un tel véhicule.
En fait, il ne faut pas tant y voir la plainte et la désolation actuelles, que le plaisir, la joie et l’appréciation… qui achèvent! La vie est ainsi faite. Certains plaisirs ont une fin. Ne serait-ce que temporairement, pour mieux y revenir, puis-je ajouter, tel que me l’a si bien exprimé mon ancien boss, pour me remonter le moral -ou me consoler?-, qu’importe! je le remercie encore, ses bonnes paroles m’ont fait du bien!
Attachez-moi, quelqu’un!!! (au sens noble de l’expression, bien sûr!) (quoique…!?!).
Familia
Ayant vu les bandes annonces depuis un bon moment déjà, j’avais hâte de voir ce film. Pour le sujet, qui m’apparaissait à tout le moins prometteur, ainsi que pour les formidables comédiennes et comédiens.
C’est, en très résumé, l’histoire de deux femmes et mères, des drames -très différents- qu’elles vivent chacune de leur côté, ainsi que de la relation qu’elles ont avec leurs filles mais aussi avec leurs propres mères. Lesquelles relations sont très représentatives de la nature même des personnes qui les vivent. Il y en a pour tous les goûts – et toutes les réalités (faut voir le film, quoi!). Les deux femmes se retrouvent tout à coup à partager leur quotidien à des moments charnières de leurs vies respectives. C’est tout sauf simple, c’est chargé de tension et de potentiel de problème.
Chose certaine, ce n’est pas une comédie. Un film sur le malaise, le vrai, celui qui se fout complètement des autres et de ce qu’ils vont penser. Un drame familial, je pense que c’est la meilleure façon de résumer la chose. On devine, petit à petit, les événements et la tournure qu’ils vont prendre. Mais en y réfléchissant, ça n’est pas grave car là n’est pas l’intérêt premier du film, à mon avis. Il est plutôt dans les réactions des personnages, dans leur façon d’agir, dans l’atmosphère créée par eux. C’est dérangeant, c’est très crédible et ça nous fait réfléchir sur la différence, le respect, l’intégrité et les choix. Ceux que l’on fait et ceux que l’on impose. Le tout, sans en rajouter ni en faire trop. Un très bon point, dans les circonstances.
Sylvie Moreau et Macha Grenon, dans les rôles titres (et diamétralement opposés), sont formidables. Je me suis amusée, par la suite, à me demander si elles auraient pu tenir respectivement le rôle de l’autre!?! Elles ont tellement le genre et le physique de leurs personnages. Ça parait presque impossible, même si ce sont de très bonnes comédiennes. Et puis en fait, ça n’est pas important, une question parmi tant d’autres que je me suis posée. Jacques L’Heureux (alias «Passe-Montagne» – vous comprendrez pourquoi je le mentionne si vous voyez le film) y tient un très improbable rôle, mais de très convaincante façon. Vraiment un rôle de composition, en tous cas en regard de ceux qu’ils a tenus jusqu’à maintenant. Les jeunes filles, Juliette Gosselin et Mylène St-Sauveur, sont également crédibles.
À la fin de la projection, j’avais un sentiment de déjà vu. Je n’arrive toujours pas à savoir si c’est effectivement le cas donc, et que j’ai vu un scénario semblable par le passé ou si, tout simplement, nous entrons tellement dans l’histoire qu’elle nous semble familière à ce point. En tous cas, il s’est passé ce qui se passe parfois quand j’écoute un film de ce genre, à savoir j’entre complètement dans l’histoire et, à un moment, je réalise que le grand sentiment de malaise que je ressens de façon très personnelle, ne s’applique pas à moi, en fait, mais bien aux protagonistes de l’histoire. Je suis toujours dérangée -mais fascinée- quand un film produit un tel effet sur moi. Habile.
Une cinéaste talentueuse, simple mais efficace. Qui a apparemment des choses à dire et n’a pas peur de le faire. Les images sont belles. La trame musicale est très appropriée.
Réal.: Louise Archambault, Québec, 2005. C’est elle qui a réalisé le (bon) court métrage «Atomic Sake», il y a quelques années.
Fête d’enfant
Le week-end dernier, c’était la fête d’un de mes neveux, le beau Julien. Il y avait donc «fête au village», comme dirait mon père.
Et qui dit fête d’enfant, maintenant, dit également -afin de combler ceux-ci sans épuiser ni rendre fous les parents- un après-midi bien rempli dans un centre d’amusement. Clown et goûter inclus!
C’est justement ce sujet qui, contre toute attente (du moins la mienne, puisque je hais et j’ai peur des clowns), m’a fait tellement rire.
Mon petit neveu Charles, le frère du jubilaire, partage ma peur et mon dégoût des clowns. Mais je le jure, je n’ai rien à voir avec ça! En tous cas. Charles, qui avait donc été briefé sur la chose, semblait -contre toute attente,- plutôt à l’aise avec la dite clown (c’était une clown).
Quand je lui ai demandé comment il aimait la fête et s’il trouvait la clown gentille?… il m’a regardée et m’a confié, tout sourire: «Oui, j’ai pas peur. C’est pas une vraie clown, c’est déguisée!».
In-cro-ya-ble. Moi qui pensait que c’étaient tous des vrais. Enfin, j’ai compris. Maintenant, je n’aurai qu’à vérifier leur authenticité avant d’avoir peur et/ou de m’énerver. Super! Une bonne chose de réglée. Je peux enfin reprendre une vie normale (en espérant ne rencontrer que des faux, bien sûr).
Trop, trop joli!
Merci, Charles! (j’ai presqu’envie d’ajouter «merci, clown!», mais bon! n’exagérons rien, quand même, rien à voir!).
La Neuvaine
Je savais le sujet difficile, j’en ai eu pour mon argent! Mais je m’attendais également à de très belles prestations et là aussi, j’ai été bien servie.
C’est l’histoire d’une femme médecin très humaine qui a vécu une perte tragique et un grand deuil, lui-même doublé, comme si ce n’était pas assez, d’une grande impuissance. Qui rencontre sur son chemin une autre femme, victime de violence conjugale, avec son enfant, et qui décide, certainement sans même réfléchir à deux fois au danger bien réel d’outrepasser son mandat, de les aider. Et qui en ressortira encore plus blessée et détruite qu’auparavant. Comme quoi, malheureusement, il est parfois vrai qu’un drame n’arrive pas seul. Ou comme quoi rien, finalement, puisqu’aucune logique ne peut expliquer de tels drames. C’est d’ailleurs une autre grande force de ce film, l’absence de jugement et de morale. Le constat, seul. Et les sentiments écorchés, à fleur de peau. Intenses et purs.
Un film sur la douleur, la grosse douleur lourde et insupportable. Celle qui enlève le goût de continuer et qui ne peut apparemment se surmonter seul… ce qui rend bien évidemment difficle, par conséquent, l’acceptation de l’aide, si nécessaire soit-elle. Cercle vicieux oblige. Mais c’est aussi et surtout un film sur la générosité pure, la gentillesse, le don de soi. Sans oublier la simplicité et la culpabilité. Rempli d’humanité, quoi. Avec toute la force dont elle est capable, mais toutes les faiblesses qu’elle comporte aussi.
Les comédiens sont étouffants de vérité et de crédibilité. Patrick Drolet et la formidable, que dis-je, l’immense comédienne Élise Guilbeault. Je pensais avoir vu sa plus belle prestation avec la «Femme qui boit» (du même réalisateur). Cette fois encore, elle nous jette à terre, littéralement. Je reste marquée et impressionnée par ses regards silencieux mais si complets, si remplis de sens, d’émotions et bien sûr, d’insoutenable douleur. En contrepartie, Patrick Drolet y est doux, sobre, si touchant et attachant. Un beau contraste avec son imposante carrure.
Un film lent, sobre, très contemplatif. Qui parle de religion sans en parler vraiment. Qui parle surtout d’amour, de déchirure et d’aide. Celle que l’on donne, gratuitement, et celle que l’on reçoit, tout aussi gratuitement mais parfois avec force difficulté, malgré nous.
Réal.: Bernard Émond, Québec, 2005.
FIFM
Bon! Par où commencer? Difficile car d’abord, beaucoup -sinon tout- a déjà été dit et que dans mon cas, je n’ai réussi à faire coïncider que quatre films, au total, dans mon horaire.
J’énoncerai donc brièvement quelques impressions générales et sommaires. Je pense que c’est la seule chose que je puisse faire, en toute humilité et surtout en toute honnêteté, dans les circonstances.
D’abord, l’ensemble du programme proposé, qui me semblait un peu mince. Je ne peux parler de la qualité de toutes les œuvres, mais en nombre à tout le moins, pas une très grosse cuvée pour une première. Les films qui m’ont semblé les plus intéressants sont des grosses productions qui vont toutes sortir sous peu.
J’imagine que c’est (souvent) normal pour une première édition, mais l’achalandage était vraiment très bas, voire triste. Les films que nous avons vus étaient projetés à la Cinémathèque, au Quartier Latin et au St-Denis. Je pense que la projection la plus «remplie» a du accueillir 50 spectateurs maximum. Bien peu et certainement très insuffisant monétairement?
Sur les quatre films visionnés, j’en ai vu un bon, un film bulgare qui parle de la vie et des rêves d’enfants orphelins qui ne connaissent pas la peur («Lady Zee»), puis un très bon, un film argentin sur le malaise au sein d’une famille bourgeoise très proche («Geminis») ainsi que, à vie, le pire film imaginable (qu’en fait, que je n’aurais jamais pu imaginer, MY GOD!), soit un film chinois («Colour Blossoms»). Je ne m’allongerai pas à nouveau sur ma déception, mon écoeurement aigu… mais vraiment, des acteurs tellement mauvais, une histoire quétaine à dormir debout, une crédibilité aussi solide que la colonne vertébrale d’un mollusque, une caméra plate et dérangeante, de la musique exagérée et complètement inadaptée. Finalement, nous avons assisté à un programme -inégal- de courts métrages, mais généralement intéressant. Mention spéciale pour le dernier film de Patrick Boivin, «Radio», celui qui nous avais donné «Phylactère Cola». À nouveau, j’ai bien aimé. Un cinéaste talentueux et prometteur.
L’horaire était également un peu mal fait, un peu difficile à suivre. Les carnets de billets n’étaient pas très intéressants pour les cinéphiles, car ne donnant pas droit aux films en compétition ni aux événements spéciaux et galas. Un peu discriminatoire, surtout en comparaison des autres festivals de Montréal. Il faut savoir soutenir la compétition, non?
Finalement, je vais faire preuve de beaucoup de mauvaise foi (mais tout plein d’honnêteté!) en concluant que j’ai très hâte au prochain… je veux dire le prochain en liste, mon formidable FCMM. Qui devient le FCN, je crois. Et qui arrive dans deux semaines à peine!