Depuis quelques années que je le voyais annoncé, cet annuel week-end télé-rétro, et que je me disais que je devrais bien aller y faire un tour. Même si je ne suis pas une grande nostalgique, les émissions de ma jeunesse m’ont assez marquée (et intéressée) pour que j’aie envie de les revoir. Et c’est ce que j’ai fait, le week-end dernier, avec ma copine Julie.
C’était vraiment trop drôle de les revoir, les «Demetan et Renatan», les «Schtroumpfs», «Rémi» (que j’ai peu connu, par contre, c’était un peu après mon temps) et bien sûr, bien sûr, l’unique, coquine et rêveuse «Candy»!
Il y avait tout un horaire étalé sur deux jours, incluant également les célèbres «Goldorak», «Albator», «Chapi Chapo», «Petit Castor», «Vicky le Vicking», «Mini-fée», «Chaperonnette à pois» (etc.), de notre enfance.
À ma grande surprise, j’étais vraiment contente de les retrouver ainsi pendant un petit moment, dans le pittoresque (et quelque peu défraîchi) Théâtre National, rue Ste-Catherine, dans l’est. Lieu par excellence pour l’occasion, datant lui aussi. Et quoique l’on y soit très mal assis, le petit côté doublé-historique ajoutait à l’intérêt de la chose.
Ce n’est pas des blagues… je me souvenais intégralement des chansons du début ET de la fin de «Candy». On est kétaine ou on l’est pas!?! «Demetan», par contre, comme c’était en japonais (je crois!?!), c’est davantage l’air que j’avais retenu, avec sa petite mélodie à la flûte. Mais qu’est-ce que c’était triste, voire même tragique, cette émission! My god!!! Pauvre petite grenouille, qui se fait taper et insulter à qui mieux-mieux. J’avais quasiment le moton!
Malgré une technique très dépassée (vs les moyens d’aujourd’hui, s’entend), j’ai retrouvé avec émotion ces petits bouts d’émission pour ce qu’elles nous apportaient de mieux, je crois, à l’époque: des émotions, des vraies, de l’imagination et du rêve. Ce n’est probablement pas tout le monde qui a embarqué de la même façon, dans le temps, mais tous ceux qui ont écouté ces émissions s’en rappellent probablement encore.
À ma (2e) grande surprise, il y avait autant d’hommes que de femmes. Je ne sais pas pourquoi, en faisant la file, je me disais qu’il y aurait sûrement plus de femmes. Comme quoi les souvenirs n’ont pas de sexe! Ou le sexe n’a pas de souvenirs? Ou plus simplement, je suis remplie de préjugés, malgré moi!
Un petit moment très agréable, donc, qui a passé vraiment très vite. Je serais restée pour quelques autres présentations, finalement. Mais bon! Je pourrai toujours y retourner l’an prochain, si j’en ai toujours envie…
Week-end Télé-Rétro, présenté par «dep» et «Imavision distribution».
Vasco Da Gama
J’y suis allée récemment, pour la première fois, juste le temps de m’envoyer un bon ptit gueleton -plutôt chic- derrière la cravate. Un savant mélange entre l’épicerie fine, le bistro français, la cafétéria et le salon de thé. Avec service de traiteur, aussi, car on peut ramasser son butin et aller le manger au bureau (faute de pouvoir avoir le beurre ET l’argent du beurre!).
J’ai dégusté un délicieux sandwich style panini au confit de canard avec figues et mangues, accompagné d’une petite salade d’épinards, parmesan et tomates. Original et très savoureux. Présenté dans de la belle vaisselle épurée, aux formes carrées, immaculée. On a même arrosé le tout d’un bon café au lait (comme si nous avions encore faim!) et d’une SUC-CU-LEN-TE petite pâtisserie du genre flan-caramélisé.
Même les bouteilles d’eau sont belles et chics. Bizarrement et de façon assez contradictoire, donc, ils appellent ça «de l’eau plate». Quel qualificatif réducteur et inapproprié, non? C’est pas plate, de l’eau. C’est limpide, rafraîchissant, désaltérant. La prochaine fois, j’exigerai de l’eau pas plate! (mais pas gazéifiée non plus).
Un bel endroit. Avec jolies banquettes et petits «poufs», mais pas beaucoup de place à se partager à plusieurs. Apparemment toujours bondé de monde, un peu exigu comme local, clientèle d’affaires.
Seul bémol: le prix – 20$ pour une mini-salade, sandwich et petite pâtisserie… c’est bon, mais c’est pas donné!
Mais pour prendre une pause bien méritée, en agréable compagnie qui plus est, pendant une intense période au boulot, ça vaut peut-être le prix? Je pense que oui…!
1472, rue Peel, entre Ste-Catherine et Maisonneuve, (514) 286-2688.
La philosophe
Quitte à passer pour une tante-gâteau qui est en pâmoison devant ses neveux et nièces (puisque je le suis, de toute façon, pourquoi me gêner?), j’ai encore quelques petites perles à raconter et qui proviennent de ma seule et unique nièce, cette fois, la belle Justine (5 ans).
Entendu lors d’un souper en famille, ce week-end. Les enfants ont mangé rapidement puis se sont retirés en groupe pour jouer, pendant que nous, adultes (mettons!), dégustions tranquillement notre souper.
À un moment, Justine réapparait, apparemment très peinée, et explique ainsi la raison de son état: «J’avais un jeu très très très amusant à leur proposer (entendre aux trois garçons), mais il ne m’écoutaient pas, (…) et un tel m’a donné un coup et là, je ne voulais plus faire mon jeu, j’ai perdu ma confiance!». Trop cute! Moi, rien qu’à l’écouter, j’ai retrouvé la mienne! Une phrase à se rappeler, assurément, et à sortir au moment opportun, lors d’un meeting spécialement difficile au boulot, afin d’expliquer un projet qui bat de l’aile et où le client nous fait la vie dure, par exemple. J’ai déjà hâte!
Plus tard encore, en jouant -avec son enthousiasme naturel et débordant-, elle s’est fait mal à un œil, par inadvertance bien sûr. Elle a donc pleuré, elle était quelque peu agitée. Quelques minutes plus tard, le calme revenu, elle entre dans la cuisine et nous annonce, tout sereinement et même presque souverainement: «Grand-maman m’a donné une débarbouillette. Ça m’a fait beaucoup bien, ça m’a calmée!».
Too much! Elle est vraiment too much!
Mon seul regret c’est de ne pas avoir l’image qui va avec les propos, dans ce cas-ci. C’est que, voyez-vous (non, vous ne voyez pas, je sais!), la belle Justine est une comédienne-née, avec ses grands airs éplorés à la Sainte-Marie-des-douleurs-priez-pour-nous-et-grafignez-les-autres (tel que ma mère l’exprime si bien)!
Ils le sont tous les quatre, d’ailleurs – too much.
Et qu’on ne se méprenne pas: je suis TOUT À FAIT objective, puisque seulement la tante! Je n’ai donc rien à voir dans leur naissance, ni de près, ni de loin. J’ai alors toute la crédibilité nécessaire pour me prononcer, en toute légitimité et en tant qu’heureuse spectatrice.
Ce que je viens donc de faire!
Et j’ajoute que je les aime «jusqu’à la lune et retour», comme dirait Justine, ou encore «gros comme les États-Unis», selon la version géo-comparative de Julien…
La 4e
Quoi de plus agréable que de trouver, par un heureux hasard, un billet de 20$ dans une poche de manteau en y plongeant machinalement la main, quelques mois plus tard?
La réponse: constater, subitement et avec émerveillement, lors d’une visite au vidéo du coin, que la 4e saison de 6 FEET UNDER est déjà disponible!
Et encore plus, de réaliser qu’on le savait, en fait, mais que pour une raison aussi obscure qu’improbable, on l’avait oublié! (volontairement ou non, ça, l’histoire ne le dit pas…).
Définitivement le genre de trouble de mémoire que l’on se pardonne très facilement. Que l’on relègue même au rang des «choses positives», si ça se trouve…
Et ça se trouve!
Corpse Bride
Le dernier film de Tim Burton, dont j’affectionne particulièrement l’imagination débridée et l’immense talent de direction artistique (valant généralement, à lui seul, le déplacement).
Une histoire que j’ai suivie avec curiosité et intérêt, malgré le certain malaise ressenti au départ: quand, après le générique, les personnages se sont subitement mis à chanter, au lieu de parler! Je n’avais pas lu sur le sujet, comme je fais généralement avant de voir un film. Je ne savais donc pas qu’il s’agissait d’un film d’animation virtuelle avec, en prime, plusieurs chansons et un traitement de style comédie musicale. Mais finalement on s’habitue, et ce ne sont que des prestations ici et là. D’ailleurs, la trame musicale est très bonne et très variée.
Comme c’est souvent le cas pour des films d’animation (les bons, j’ajouterais), le «casting» est impeccable. On dirait même que les personnages finissent par ressembler aux comédiens qui les animent par leurs voix. Johnny Depp tient le rôle principal du fiancé, Victor, Helena Bonham Carter est Emily, la «mariée cadavérique» et Emily Watson, qui complète le tableau, dans celui de Victoria, la fiancée en titre, en chair et en os.
L’histoire est simple (quelque peu farfelue) et intéressante: un fiancé, à la maladresse aussi grande que le cœur (qui est énorme, je précise en passant), se retrouve tout à coup plusieurs pieds sous terre, après avoir malencontreusement pratiqué ses vœux de mariage et ayant, du même coup, réveillé les ardeurs (et aspirations déçues) d’une défunte et dévastée fiancée. Un scénario assez original, sympathique, malgré le macabre sujet apparent. Très bien produit et réalisé. C’est tellement bien fait. Les dessins, l’animation, le style si caractéristique de Burton, les couleurs. Vraiment très beau.
Bizarrement -et ça m’a intriguée tout au long du film-, j’ai trouvé que le personnage féminin principal, «la mariée», ressemblait comme deux gouttes d’eau à une actrice bien connue. Mais qui? MAIS QUI??? Finalement, j’ai trouvé: Émanuelle Béart!!! Bon, c’est peut-être mon imagination, mais vraiment, je lui trouve de grands airs de famille (surtout les yeux et la bouche).
Mine de rien, un sujet qui nous réconcilie un tout petit peu avec le difficile concept de la mort, qui en profite même pour nous causer d’amour, d’intégrité, de respect et donc aussi, à l’inverse, de sentiments beaucoup moins enlevants tels que la méchanceté, la trahison, etc.
Réal.: Tim Burton, U.K., 2005.