Un autre film issu de la cuvée 2004 du FCMM, maintenant disponible en location.
L’histoire de deux femmes à la croisée inverse de leurs chemins respectifs: la plus jeune, Claire (Lola Naymark), une toute jeune femme célibataire qui apprend qu’elle est enceinte et Mme Mélikian (Ariane Ascaride), une femme d’âge mûr qui vient de perdre son fils. L’une n’a plus rien à perdre et l’autre, pas très envie de gagner quoi que ce soit.
Malgré ces oppositions, plusieurs choses les rapprochent déjà. Leur passion commune pour la broderie, d’abord, mais aussi leur grand talent, leur force tranquille. Bientôt, naîtra entre elles une belle complicité, à l’image et au rythme des œuvres qu’elles confectionnent, d’abord en parallèle puis à quatre mains.
Les comédiennes sont un pur ravissement. Cousues de retenue, de nuances, de regards si intenses. De silence, aussi, ce qui n’est certes pas la chose la plus facile à rendre tout en les empreignant de sens.
La musique et leur art forment la trame sonore et la toile de fond de leurs échanges. C’est plein de sous-entendus, de tendresse, d’affection, malgré d’austères apparences.
Ce film m’a beaucoup charmée, tout comme les magnifiques œuvres des deux principales protagonistes, qui sont une réelle découverte sur l’évolution de ce métier artisanal et traditionnel.
Une très belle ode à la vie, l’amour et la filiation.
Et un bel exemple qu’on peut encore réaliser et produire de bons films, avec peu de moyens et sans artifice aucun.
Réal.: Éléonore Faucher, France, 2004.
Groundhog Day
Je commence donc l’année en grande, en kétainerie et en beauté!
J’ai toujours aimé Bill Murray. Je le trouve (dans l’ordre ou dans le désordre) drôle, attachant, sincère, émouvant, délirant. J’adore son air faussement blasé.
C’est lui qui fait -à lui seul, je veux dire- l’intérêt de ce classique qui repasse systématiquement à la télé chaque hiver (et plus spécialement dans le temps des Fêtes). Il joue Phil, un gars qui fait la météo pour une chaîne de télé, chiant et on-ne-peut-plus-prétentieux, qui se retrouve à revivre la même journée ad nauséam, en fait jusqu’à ce qu’il décide de devenir une personne plus intéressante, plus gentille et ouverte aux autres. Bon, c’est moralisateur à souhait, mais vous savez quoi? C’est quand même bien fait, touchant, drôle et ce n’est pas racoleur.
J’aime ce genre de film sans prétention, avec une histoire complètement farfelue, rempli d’humour, de charme simple, de folie douce. Phil passe par tous les spectres des émotions et des réactions, de l’hypocrisie à la mauvaise foi, la colère, la dépression, l’hystérie, la résignation, la folie, etc.
C’est certainement grâce à cette prestation de BM (tiens, c’est drôle, ça! je viens de réaliser que nous avons les mêmes initiales) que je me le retape presque chaque an. Et à ma grande suprise (je l’ai revu cette semaine), ça me fait encore sourire et même rire!
Quoi de plus agréable que de commencer l’année de façon rigolote et réconfortante.
D’ailleurs, à ce propos, je vous en souhaite une très belle… remplie de santé et de bonheur. L’essentiel, quoi.
Réalisateur: Harold Ramis (qui a notamment écrit les célèbres «Ghost Busters»), É.U., 1993.
Misto
J’y suis retournée tout récemment, après presqu’un an d’absence, si ma mémoire est bonne (et sans raison particulière, je précise).
Un classique du genre, pour moi (du genre italien un peu commercial et plutôt branché, disons). La bouffe est bonne, les serveurs sympathiques, le décor chaleureux et accueillant, les portions généreuses. C’est honnête, quoi!!! (je déconne, car je déteste ce mot, sur-utilisé à toutes les sauces, qui ne veut plus rien dire dans ce contexte, il me semble).
Nous avons commencé par partager une savoureuse -et toute simple- bruschetta aux poivrons rouges et fromage de chèvre.
Puis je me suis retenue à deux mains pour ne pas prendre mon éternel ravioli aux champignons avec sauce gorgonzola. En fait, comme l’amie qui m’accompagnait l’a commandé, elle, j’ai pu me contenter quand même en dégustant, très lentement, une belle grosse bouchée (merci encore!).
J’ai opté pour les pâtes avec crevettes marinées sur sauce rosée. Les crevettes éclataient de saveur sous la pression de mes dents. Une belle découverte. Nous avons arrosé le tout d’un bon rouge espagnol découvert récemment et que j’affectionne particulièrement, le «Mas Collet» (2002). Et comme le premier verre versé avait légèrement besoin de prendre l’air, notre serveur y est même allé (en bonus) d’un très joli spectacle de décanteur, de ses mains étonnamment habiles!
La clientèle a beaucoup rajeunie, par contre, il m’a semblé… et le niveau de la musique -et du bruit- se sont inversement élevés. Ou alors c’est moi qui vieillis!?!
Misto, 929 rue Mont-Royal est. Toujours préférable de réserver (même si on peut, comme nous, être chanceux à la dernière minute).
Si gentil Jonathan
Vendredi, c’était jour de grande neige et de grand vent. Et, malgré le fait qu’à chaque première tempête, année après année, les Montréalais (et plus particulièrement les automobilistes) semblent, contre toute attente -et toute logique?- avoir oublié la précédente, ce qui les amène alors à rendre cette journée encore plus difficile qu’elle ne devrait l’être, je dois avouer que c’était tout de même un fort beau spectacle à regarder, toute cette neige immaculée, venant recouvrir notre extérieur et l’habiller décemment pour Noël.
Wow! C’est certainement la plus longue phrase jamais écrite sur ce carnet. Un peu comme cette belle première tempête qui a presque accoté le record en centimètre qui remonte à 34 ans. Pas que je m’en rappelle! Non, moi, c’est Jonathan qui me l’a dit.
Je dois revenir un peu en arrière, soit à vendredi soir, sur le pas mal tard, quand je suis revenue chez moi, d’une soirée ayant très mal commencé mais qui, grâce à la magie de la bonne bouffe, du bon vin, des amaretto sour (c’est une longue histoire…!) et surtout, de la compagnie de ma super copine Pwune, s’est très très bien terminée. En débarquant du taxi, donc, je constate avec surprise -et une légère baisse d’enthousiasme- que mon véhicule est complètement entouré -que dis-je?- fortifié et «compacté» jusqu’aux fenêtres par de la belle grosse neige bien brune, dure et pleine de grumeaux, cadeau de l’efficace charrue, apparemment.
Je me suis donc dirigée vers mon grand lit si accueillant pour une beaucoup trop courte visite, je le savais déjà. Je devais me lever tôt, samedi, histoire de retirer toute cette formidable neige pour débloquer mon carosse et vaquer à mes divers occupations et engagements. Ce que je fis donc, l’enthousiasme de la veille en moins, et la fatigue en plus.
Je me suis attelée à la tâche, d’abord avec découragement, puis avec résignation et enfin, munie de l’énergie du désespoir. Bon, ok! J’exagère! Mais c’est toujours plus intéressant ainsi, non? Et en fait, je n’ai pas eu le temps de me rendre au désespoir car, tout à coup, j’entendis une jolie petite voix légèrement grave, sortie de nulle part, me demander calmement: «Voulez-vous que je vous aide, madame?»
Même si je ne m’habitue jamais au «madame», cette fois, c’est plutôt la question en soi qui a retenu mon attention -et mon intérêt-. «Euh… bien sûr! T’es sérieux? Tu veux m’aider à pelleter?», répondis-je, incrédule, tout en apercevant tout à coup une lumière au bout du tunnel (qui n’était plus un train en sens inverse!). Et donc, en échange d’une petite rémunération bien méritée, l’affaire fut conclue et Jonathan affairé, à mes côtés, à pelleter.
Je dois avouer très honnêtement avoir apprécié autant le coup de pelle que le geste, ou plutôt, la gentillesse derrière celui-ci. Jonathan est un charmant jeune homme de neuf ans, drôle, articulé, avec de bien belles valeurs, il m’a semblé. Il m’a présenté Félix, son petit frère, qu’il surveillait sans cesse du coin de l’oeil et dont il semble très bien s’occuper. Il m’a parlé de ce qu’il aime, de ce qui l’anime. Il était curieux, surprenament éveillé et mature, avec un niveau de langage qui m’a fait plaisir, et sourire. Sourire qui s’est ensuite transformé en un grand rire lorsque mon nouveau petit ami m’a regardé, les yeux tous grands écarquillés, la bouche ouverte, encore surpris d’apprende que j’étais en fait plus vieille que son père!!! Trop drôle!
Il a non seulement ainsi contribué à libérer ma voiture, permettre la reprise de mes activités mais également, du coup, à ensoleiller ma journée… et mon ptit coeur si épris d’entraide, de compassion et d’altruisme.
Je sais -et vous le savez vous aussi- je suis exaltée! Et puis tant mieux! Ça me permet de tout apprécier, au centuple.
A la petite semaine
L’histoire de Jacques (l’éternellement sexy Gérard Lanvin), qui, à sa sortie de prison, revient à son petit village pour retrouver sa vie et ses copains, dont Francis (touchant Jacques Gamblin) qui s’est lui-même fait un nouveau pote, l’excessif et bavard Didier (surprenant Clovis Cornillac). Sa tentative de mener maintenant une vie tranquille et normale, malgré son passé de malfaiteur. Le temps passe… mais est-ce que les gens changent -ou peuvent changer- vraiment?
Le film n’est pas mauvais, mais c’est loin d’en être un grand. Le scénario est un peu simpliste, décousu. Beaucoup de déjà-vu. Malgré l’intéressant découpage qui s’échelonne sur une semaine, divisé par journée, l’ensemble manque un fil conducteur solide. En fait, on a un peu l’impression de suivre plusieurs petites histoires en parallèle. Qui sont parfois jolie, parfois tristounette et parfois encore un peu quelconque.
Les acteurs sont tous très bons et portent, tour à tour, le film sur leurs épaules. Ils nous donnent quelques bons moments d’intensité, à travers leurs prestations, et nous font embarquer sporadiquement dans le récit. Malgré tout, on débarque ensuite presqu’aussi vite. Mais ce n’est pas de leur faute, je tiens à le souligner!
À regarder quand on a envie de tout sauf «se casser les nénettes». Et quand on veut un peu d’action, mais pas trop.
Réal.: Sam Karmann (qui a également réalisé «Kennedy et moi»), France, 2003.