La pertinence du silence

Lu tout récemment (mais je ne sais vraiment plus où…):
«Si ce que tu as à dire est moins intéressant que le silence, abstiens-toi!»
Je ne sais donc pas non plus qui a écrit ça, mais j’ai trouvé la chose fort appropriée et pertinente. Sur le plan «pollution» sonore, disons, mais également en regard de toutes les bêtises, méchancetés, atrocités, mensonges et insignifiances qui sont -trop souvent- prononcées. Je trouve!
Là-dessus, je m’inclus bien entendu! Je ne suis pas au-dessus de tout cela, bien sûr que non! Et surtout avec toute la volubilité dont je fais (si souvent) preuve.
Et en même temps, loin de moi l’idée de condamner les blagues, les conneries, les futilités drôles que nous prononçons/entendons tous et qui rendent les relations, et la vie, plus légère et colorée.
Au contraire, tout cela est non seulement agréable, mais nécessaire. Du moins à mon (égoïste) plaisir!

Hang on little tomato

Qu’est-ce que j’aime leur dernier album (de Pink Martini), à la pochette aussi jolie et craquante que le contenu!
C’est tout bon, c’est rafraîchissant, ça fait du bien (surtout en ce moment, afin de stimuler artificiellement l’arrivée du printemps… et la fonte de cette &?%!$#@ de neige toute fraîche!!!).
Des rythmes latins, pop à l’occasion, très jazzés (petit clin d’oeil juste pour toi, Phil!), des voix suaves et chaudes, des mélodies parfois entraînantes, parfois plus langoureuses, toujours très rythmées et agréables.
Ça s’écoute tellement bien, comme musique de fond lors d’un souper, un moment de détente, et même en voiture.
Ça réchauffe la tête, le coeur (et le corps…) et nous donne un peu l’effet du soleil.
La photo sur la pochette est tellement belle, tout comme celles, noires et blanc, de l’intérieur.
C’est formidable! Pour sûr, je serai au prochain show!
Sur étiquette Audiogram, 2005.

Ellie Parker

Un film assez bizarre. Différent. Un peu l’équivalent d’assister à une projection dans une langue inconnue, certains passages avec sous-titres, et d’autres sans. Par moment, on est pas trop sûr d’avoir bien compris. En même temps, comme on a l’image pour guide, est-ce qu’il y avait tellement autre chose à comprendre??? Oui, je pense que la comparaison tient la route!
Un tout petit film (autour de 90 minutes, je crois), tourné avec très peu de moyen et de budget. Mettant en vedette l’excellente Naomi Watts. Qui est, comme toujours, très bonne. À mon avis, une très grande comédienne. Tout en subtilité, sensible, avec un grand registre et beaucoup de talent. Elle est également co-productrice du film.
Le film semble tourné en vidéo (ce qui m’apparait presque impensable, mais c’est vraiment l’effet que ça nous donne). Ce qui, à prime abord, dérange. Parce qu’il s’y émane un sentiment d’amateurisme, ou de manque de qualité, on dirait. Mais les plans, le montage, tout est bien fait.
Le sénario est intéressant. Une espèce de critique ou parodie du monde des acteurs/trices à Hollywood. Les auditions, les producteurs, les agents de castings, les relations superficielles. Les acteurs eux-mêmes, la difficulté de percer et d’y croire, les remises en question et le doute.
Un film plutôt drôle, très dérisoire, inattendu, parfois décousu.
Même Chevy Chase nous apparait à un moment, jouant l’agent de Ellie. Il est un peu déroutant, surprenant, mais assez crédible. Tellement drôle de le retrouver dans un tel film.
Au total, c’est quand même un peu trop long et le rythme est très inégal. Mais ça demeure un exercice, je l’ai dit, vraiment intéressant. Rafraîchissant, en tous cas.
Réal.: Scott Coffey, É.U., 2005.

Hosanna

D’entrée de jeu, la scène est intéressante. Très Michel Tremblay et son univers. Le décor un peu kitsch, vieillot, kétaine à souhait. Cette même scène, aux apparences un peu statiques, mais qui gagnera en intérêt -et même en déploiement- un peu plus tard.
Les deux comédiens, Benoît Brière et Normand D’Amour, sont très, très bons. Surtout dans de tels rôles de composition.
Le « vrai » Benoît Brière, on l’oublie complètement dès le départ, et on ne le verra apparaître que l’espace de quelques secondes, à un ou deux moments, pendant la pièce. Il créé et rend une magnifique Hosanna, dérisoire (et remplie d’auto-dérision), touchante, hautement et totalement quétaine. Formidable. Normand D’Amour nous livre un surprenant « Cuirette », vulnérable et dur à la fois, tendre et intransigeant.
C’est l’histoire de ces deux individus, en apparence si opposés par leurs natures respectives mais qui se rejoignent quand même et presque inévitablement dans la vie, dans leur relation si particulière et quasi « homme-femme ». Mais où l’homme n’est pas toujours celui que l’on pense, idem pour l’inverse. Beaucoup de nuances, de gris, de travers, aussi.
Mais c’est aussi beaucoup plus que ça. C’est une histoire d’amour, d’estime, de confiance, c’est une relation de couple à travers le temps et les événements. C’est une histoire de fragilité, d’acceptation de soi et de l’autre.
La mise en scène est simple et ingénieuse à la fois. De belles petites transitions, comme quand Hosanna est seule, au milieu de la nuit, et passe le temps. C’est habile et joli à la fois. L’utilisation de l’espace (dans ce petit décor presque clos) est bien faite. Des corps qui s’affrontent, s’opposent, se font face, au rythme des propos. Le ton, comme le rythme, est rapide, intense, souvent escessif, à l’image des personnages et de leur dynamique. Je pense que le mot est effectivement très approprié…
Il faut bien sûr aimer Michel Tremblay, pour apprécier.
Mon complice s’est demandé après coup si ce genre de pièce/sujet, ne contribuait pas encore et quelque part à maintenir un certain préjugé sur les couples homosexuels, de part son côté si gros, si caricatural, si excessif.
Moi, je préfère penser que non, puisqu’il s’agit de beaucoup plus que ça, d’abord, et qu’à mon sens ce couple n’est pas tant le symbole de l’homosexualité, que la représentation ou les témoins de la difficulté d’aimer, et d’être aimé en retour, à travers un couple.
au TNM, pièce de Michel Tremblay, mise en scène de Serge Denoncourt.

Gros bon sens

Misère que les gens en manquent souvent, et terriblement.
Autant je considère que les gens sont parfois bien cavaliers, trop peu gentils, polis et galants, cela dit, les uns envers les autres (hommes, femmes, enfant, etc.), tous genres confondus. Parce que ces critères ne sont pas réservés exclusivement aux hommes, malgré ce que certaines personnes peuvent penser.
Comme ce fut le cas ce midi…
Je suis allée porter un vêtement pour altération, dans un édifice à bureaux près du mien. Chose faite, je reprends l’ascenseur pour descendre.
Il y a déjà une femme qui s’y trouve, d’un certain âge, élégante, mais assez raide (qui ne répond pas à mon sourire). Et qui semble agacée. Un peu plus bas, deux hommes entrent également et nous nous dirigeons alors allègrement, tous quatre, vers le rez-de-chaussée.
Petites précisions qui s’imposent à ce stade:
1) L’ascenseur est minuscule, et à nous quatre, nous affichons déjà plus que complet, et sommes donc dans une proximité certaine et obligée.
2) Les deux hommes, qui nous ont saluées en entrant, sont tous deux de forte taille (ce qui, du reste, n’est pas plus de notre faute que de la leur, probablement), et se sont donc placés, tant bien que mal, devant/entre la dame et moi.
En arrivant en bas, les portes s’ouvrent et le premier homme, qui ne peut que sortir -sous peine de nous empêcher tous de le faire- s’exécute donc, puis le deuxième semble amorcer le même mouvement, tout à fait logique dans les circonstances, quand la femme, outrée et ma foi, prise d’une folie soudaine, le pousse (sur moi!), se taille avec force une place devant lui et sort en justifiant ainsi son geste: « LES FEMMES D’ABORD!», sur un ton incroyable de véhémence, d’agressivité et de … ri-di-cule.
J’étais dépassée. Dans tous les sens du terme.
Quel était donc le but ultime, la rationnalité et surtout la pertinence d’un tel geste??? (dois-je préciser que je parle de celui de la femme…!).
J’en fus, automatiquement, gênée. Pour moi, pour elle (surtout) mais aussi pour les femmes en général, puisque c’est en notre «nom» qu’elle a cautionné son attitude navrante.
J’ai ensuite esquissé un petit sourire mal à l’aise à l’intention des deux hommes, qui l’étaient tout autant et se confondaient maintenant en excuses et en explications maladroites, pour (tenter de) leur exprimer qu’ils n’avaient rien, absolument rien, à se reprocher. J’ai cru bon de leur confirmer en paroles, ce qui a semblé les rassurer un tant soit peu.
Puis je me suis demandé comment réagir avec la femme, qui me précédait jusqu’à la sortie de l’édifice. J’étais déchirée entre l’envie de lui cracher au visage (un trip «mental» que je n’aurais jamais osé faire et qui, du reste, n’aurait absolument rien arrangé, si ce n’est de me faire un peu plaisir!), celle de lui expliquer et condamner l’absurdité de son geste et finalement (l’option retenue), le regard ahuri et plein de mépris que je lui ai lancé quand elle s’est retournée.
Elle n’a probablement rien compris et considère peut-être même avoir bien agit. Moi, je me suis dit que c’était peine (et salive) perdues. Que quand on a ce genre de réaction, quelque chose ne tourne vraisemblablement pas rond, et que je n’avais vraiment pas envie qu’elle me le confirme davantage.
J’espère que j’ai bien fait. Des fois qu’elle récidiverait… et que ça nous passerait sur le dos, à nous toutes, les (autres) femmes. Quelle honte, vraiment!