Dances with wolves

Cette fois-ci, je me paye la traite! Je vous offre, en version (très) intégrale et en hommage à Pierre Bourgault, la critique rédigée à l’époque. Parce qu’elle me rejoint encore et qu’elle avait fait le plus grand plaisir de PB. Un très beau souvenir et un professeur passionné et passionnant que je ne suis pas prête d’oublier.
SUPERMAN CHEZ LES SAUVAGES!
Enfin, je l’ai vu! Ce même film qui vient de faire couler tant d’encre, de paroles et d’Oscars à la cuvée américaine 1991. Sept, au total. Incluant ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur comédien. De quoi s’attendre à quelque chose de bien, disons. Mais là encore, je ne peux que m’en prendre qu’à moi-même et à mon extrême naïveté, semble-t-il. Car je les connais, les amerloques avec leurs beaux trophées dorés…
Trève de prélude. Le film se déroule en 1863, aux États-Unis (bien sûr) pendant la guerre de Sécession. Kevin Costner campe John Dunbar, soldat nordiste d’un courage à faire bailler d’invraisemblance. Le film débute sur ce beau jeune homme. Ça, il faut le lui laisser, même si ce n’est pas de sa faute: il est probablement né comme ça! Beau jeune homme blessé, donc, lors d’un affrontement guerrier. Les médecins viennent de réaliser en voyant la blessure à sa jambe qu’ils devront l’amputer. Lui a tout entendu et se refuse bien sûr à un tel carnage. Il se sauve de la boucherie, Dieu sait comment!, et part à cheval se jeter au beau millieu du champ entre les deux camps ennemis qui attendent apparemment la venue du Messie. Coup de chance ou pure coïncidence?, aucun des coups de fusil de l’ennemi ne l’atteint et il réussit ainsi un double exploit: il ouvre le terrain à ses co-équipiers et sauve sa jambe en ayant droit au médecin personnel du général lui-même, en récompense de sa bravoure. C’est comme ça qu’il obtient de se faire envoyer où il voudra, sur les territoires occupés. Dunbar choisit la frontière au Nord. Et personne ne sait pourquoi puisqu’elle est depuis longtemps abandonnée. Peu importe. C’est là que commence un belle histoire à l’eau… de vie et au calumet de paix!
Seul dans son campement, il côtoie un loup et des orignaux morts. La galère, quoi! Et il écrit quotidiennement son journal. C’est vrai que c’est très important, quand on est seul et qu’il n’y a rien à faire! Passons. Mais un beau matin, il part à la recherche d’âme qui vive et rencontre une sauvage au visage plutôt pâle. Ne vous inquiétez pas, je vous expliquerai plus loin. Elle est blessée et il la ramènera charitablement à son campement tout plein d’autres petits et grands sauvages, mais ceux-ci aux visages très foncés. Il n’est pas le bienvenu et est rapidement renvoyé chez lui. Ce n’est que partie remise puisqu’il recevra dès le lendemain la visite de trois messagers de cette tribu de Sioux. C’est ainsi que se développent des liens d’amitié, malgré la barrière linguistique qui de fait tombera très vite. C’est aussi comme ça que les Sauvages deviennent des Amérindiens. Je vous épargne les détails qui sont complètement tirés par les cheveux. Je sais, je sais, c’est facile comme jeu de mots.
Mais ce qu’il faut savoir, c’est que non seulement ce brave soldat deviendra ami des Sioux, mais son grand courage et sa grande facilité de communication l’amèneront à devenir un des leurs. Et ce n’est pas tout: il prendra également épouse dans cette tribu. C’est ici que je reviens à la femme au visage plutôt pâle. Voyez-vous, l’astuce, c’est que cette femme est en fin de compte une blanche. Qu’elle s’est faite adopter par les Sioux alors qu’elle était toute jeune et que sa famille s’est fait tuer au grand complet. C’est donc elle, qui s’est rapidement souvenue de la langue anglaise malgré 35 ans de communication exclusive en Sioux, qui a permis le rapprochement, tant du langage que des moeurs, entre Dunbar et les Amérindiens.
Maudits Américains! Il me semblait bien, aussi! Que malgré toute leur bonne volonté, ils n’accepteraient jamais qu’un des leurs tombe en amour avec une VRAIE indienne. Non seulement il a fallu qu’ils inventent une fausse indienne pour justifier l’amour de leur héros, mais leur célèbre bonne conscience va beaucoup plus loin. Car Dances with wolves, c’est l’histoire des bons et des méchants. Qui elle-même se subdivise encore plus hypocritement en deux autres clans: les bons et les mauvais blancs, les bons et les mauvais indiens. Eh oui! Il y a des bons même chez les indiens et surtout, des mauvais MÊME chez les blancs. C’est-tu assez beau, ça!?!
Pour votre seul intérêt (peut-être), je vous raconte la fin du film: Dunbar retourne à son campement, après x mois de vie chez les peaux-rouges, pour ramasser ses affaires et partir définitivement avec eux. Mais il se fait prendre par l’armée, qui le fait prisonnier. Ses amis amérindiens viendront le délivrer. Mais il devra les quitter eux aussi car il devient alors un traître pour l’armée américaine et donc activement recherché par elle. Il part donc, avec sa femme, et quitte le cœur gros tous ses petits amis. Le film conclut sur quelques lignes expliquant l’invasion de l’armée dans les territoires indiens et un peu plus tard, la disparition ou presque des Sioux… et les excuses sincères des Américains repentants.
Et merde. Et re-merde! J’aurais préféré que Dunbar demeure un Américain méchant et qu’il tue tous les indiens lui-même, je pense (presque)! La pilule aurait été un peu moins grosse à avaler. Mais non!, il fallait que les Américains, en se donnant le mauvais rôle (tout le monde est méchant – sauf Costner), se donnent finalement le beau jeu.
Le tout, dans un bel emballage: la musique est très bonne, les plans et la caméra à couper le souffle. Et beaucoup d’humour, quoique un peu gratuit. Et même des scènes de nudité. Chez les blancs ET chez les rouges. Au moins! Mais là encore, il en font trop, les Américains. Il vont apprendre, un jour, jamais j’croirai!…
Dances with wolves, c’est le gentil surnom donné à Costner par les Amérindiens, un jour où ils le virent s’amuser avec son ami le loup. C’est un film plein de clichés et de préjugés. Et ce n’est SURTOUT pas un film à Oscars, selon moi. Et encore moins à sept Oscars. Un très long métrage à saveur politique, hypocrite et amère, surtout en ces temps de simili-révolte autochtone à travers le monde.
-30-
Réal./co-Prod./Acteur principal: Kevin Costner, É.-U., 1990.

Quat’Sous – La cloche de verre

Définitivement un TRÈS grand moment de théâtre! Un gros merci d’abord à ma copine Dr. Sophie qui m’a proposé de l’y accompagner, m’a «briefée» sur la principale protagoniste (Sylvia Plath) et m’a même gentiment prêté le bouquin (qui fera l’objet d’un autre billet). Le théâtre de Quat’Sous semble avoir été conçu pour cette pièce, son décor, sa mise en scène et sa grande intimité. Céline Bonnier, seule sur scène avant même le début de la pièce et ce, jusqu’à la toute fin de celle-ci est tout simplement transcendante. À mon très humble avis un des plus beaux rôles dans lequel j’ai pu la voir. Elle passe et nous fait passer par toutes les émotions et les sentiments, à l’image de l’écrivaine tourmentée et avant-gardiste qu’elle incarne. Elle est drôle, triste, ironique, tout à tour si forte et si vulnérable, tellement touchante, et complètement crédible.
Le sujet est très difficile (vie agitée d’une toute jeune femme dans les années 50, la dépression, la folie et tout ce que cela engendre) et la pièce l’est aussi. Mais j’ai été hypnotisée du début à la fin. La mise en scène est vraiment géniale, l’utilisation de l’espace (même si restreint) est tellement bien faite, le décor est minimaliste et efficace. Jamais je n’ai débarqué ou je me suis désintéressée. J’étais captive. Et j’ai même versé quelques larmes plutôt douloureuses. Au théâtre, faut le faire! On reste un peu figé, déstabilisé par la suite et on y repense (et idéalement on en reparle) longuement… Un énorme MERCI et BRAVO à toute l’équipe de production et à la merveilleuse comédienne. Le genre de découverte qu’on fait parfois et qui nous amène complètement ailleurs…
Théâtre de Quat’Sous, 100 ave des Pins est.

Memoires affectives

Hmmm! Toujours un peu difficile de parler d’un tel film… Parce que vraiment plusieurs constats forts différents se sont imposés pour moi. D’abord, les comédiens sont très bons, avec une mention spéciale pour la policière (Rosa Zacharie). Les images et la caméra sont vraiment très belles: teintées bleu-vert-de-gris, ce qui est très esthétique et qui ajoute au climat de mystère et de froideur de l’ensemble. Au risque de passer pour une macho, c’est la première fois que je trouve Roy Dupuis aussi intéressant dans un rôle mais surtout, aussi beau! Qu’est-ce que la quarantaine et les cheveux poivre et sel lui vont bien! De façon générale, j’ai bien aimé ce film. J’ai trouvé le scénario très intéressant, bien ficelé, l’atmosphère de mystère y est très bien rendue et nous découvrons en même temps que le personnage principal (RD) la vraie histoire de celui-ci, qui est complètement amnésique au début du film.
Mais c’est la fin -comme c’est souvent le cas- qui m’a laissée un peu perplexe. En fait, je vais vous faire un aveu: je déteste ce genre de fin, tentant probablement de «laisser au spectacteur le soin de se faire sa propre version ou sa propre conclusion»…. mais moi, ça m’énerve! J’en ressors perplexe et avec le sentiment d’être un peu nouille, finalement. Comme si je n’étais pas assez intelligente ou perspicace pour VRAIMENT comprendre ou alors, que c’est trop évident et/ou trop simpliste pour moi. Ce que j’aime, c’est de ressortir d’une projection en ayant compris ce que le réalisateur a voulu nous dire, et en ayant toujours le choix d’aimer, d’y adhérer, d’y croire ou non. Mais ça, c’est moi! Et dans ce cas-ci… ben ce que j’ai compris me laisse un peu sur ma faim et surtout, prend des directions un peu trop ésotériques à mon goût…
Réal.: Francis Leclerc, Canada, 2004.

Festival du nouveau cinéma

À part le nom et l’abréviation qui sont un peu compliqués (pour rien?!?!) et qui changent de plus assez régulièrement, j’aime TOUT de ce festival (ou presque!). C’est vraiment mon préféré du genre. À Montréal. 10 jours de bonheur intense. Année après année. Et de plus en plus! Tous les fims présents ont un ou plusieurs intérêt(s) certain(s), une «qualité» garantie, disons, peu importe le genre ou le volet. Bien sûr plusieurs ne m’intéressent pas particulièrement mais peu me semblent dépourvus d’intérêt. J’y ai fait d’extraordinaires découvertes à travers les années. D’ailleurs, chaque année, j’assiste assurément à quelques bons films, généralement un ou deux excellents et plusieurs découvertes emballantes. Les déceptions seront faibles et rares.
Tout me plait aussi dans le déroulement de ce Festival, où le premier plaisir commence avec la sortie de la programmation dont je prends connaissance par leur formidable site internet. Tout y est: photos, synopsis, dates et heures de projections et nous avons même un ingénieux outil nous permettant de fabriquer notre propre horaire et de le sauver, le modifier, l’imprimer. Chapeau! C’est vraiment utile, pratique et apprécié! Parce que se démêler dans un horaire de festival et arriver à se monter un plan de match possible et clair tient parfois du miracle (ou de 3 semaines de travail assidû!) (j’exagère à peine…!). Ensuite, on se rend faire la LONGUE file à l’Ex-Centris pour acheter nos précieux billets, nos passeports pour l’aventure (à coût très avantageux, en plus)! Même si cette étape est inévitablement très longue, un plaisir certain y est associé pour moi: celui d’échanger longuement et énergiquement avec ma complice-cinéphile par excellence Julie (Pwune), le cœur battant, doutant jusqu’à la dernière minute des projections que j’obtiendrai -ou non-.
Et ensuite, le gros plaisir commence: on se rend à nos différents rendez-vous, avec une foule aussi éclectique que passionnée (généralement), aux cinémas du Parc ou Excentris. J’avoue que de me taper un Almodovar, au Festival, dans la salle Cassavetes de l’Ex-Centris… le bonheur n’est vraiment pas très loin! Et je l’ai donc vécu INTÉRGRALEMENT cette année! J’ai hâte à chaque projection, le rituel continue, est c’est fantastique. Et chaque année, j’en ressors fatiguée (parce que je m’y ambitionne régulièrement tant pour les heure des films que la quantité de ceux-ci vs le petit nombre de jours) et même triste. Une petite peine d’amour. Mais je me console vite… parce qu’après les films achetés vont sortir! You-hou! Et l’année suivante reviendra bien assez vite!

The Godfather (la trilogie)

Pour moi, un Grand moment de cinéma. De mémoire de femme, le seul cas où j’ai autant aimé –sinon plus!- la suite. Et un petit peu moins le dernier, mais comme la saga continue… j’ai craqué! Sûrement “ze next best thing to be in the mafia!”, non? Les acteurs sont tous tellement bons et crédibles, on embarque tellement dans l’histoire, on ressent une telle tension (oui, je l’avoue, j’ai même eu un peu peur, à l’occasion!) et on veut savoir à tout prix ce qui va se passer. On embarque complètement, on y croit. Et à mon grand dilemme, on prend même partie, des fois, dans toute cette vengeance et cette injustice. C’est dur et violent. Mais captivant. Et les bouts de gnoccis avec la cousine et le beau Andy viennent compenser pour toute cette violence, je trouve! (je déconne!). C’est l’atmosphère qui y règne du début à la fin -un savant mélange de non-dit/de tension/d’intensité/d’appartenance et de non-appartenance- qui font de ce film un incontournable pour moi. Bra-vo! Et à revoir, ce qui est une 2e chose très rare dans mon cas! Et je ne peux passer sous silence le magnifique Al Pacino. Magnifique au sens physique, j’entends. C’est aussi un acteur que j’aime, mais mon grand faible tout à fait avoué va pour son physique. Si la beauté et le charme masculin pouvaient tuer, il n’aurait pas pu faire cette trilogie! Et surtout les deux premiers… Du calme, du calme!!!
Réal.: Francis Ford Coppola, É.-U. 1972, 1974 et 1990.