Celui-là, je l’ai vu au FFM cet été, avec ma bonne copine Martine. On a passé un bon moment, on a bien rigolé! C’est le deuxième film de cette réalisatrice (elle a fait auparavant «Monique», que je ne connais pas), avec une impressionnante horde de comédien-nes: Miou-Miou, Mathilde Seigner, Jean Dujardin, Didier Bezace, Alexis Loret, Chloe Lambert, Lio, etc.
Un canevas de départ assez simple, mais déjà porteur de toute la complexité qu’il contient inévitablement (et telle une bombe à retardement): une journée, celle du mariage d’un tout jeune couple (dans la vingtaine), pendant lequel plusieurs autres couples explosent, se questionnent (dans la trentaine), se résignent ou tentent de se réconcilier (dans la quarantaine). Toute une journée, je vous le confirme! Prétexte aux règlements de compte, aux coups (en bas et en haut de la ceinture), aux bilans, aux changements de toutes sortes…
Les dialogues sont drôles et savoureux, avec plusieurs perles, dont une qui nous a fait vraiment rire (venant de Micky, jouée par Lio): «… Haaaa! la crise de la mi-trentaine: qui suis-je, où vais-je, qui suçais-je?»! Jean Dujardin est incroyable en trouble-fête désillusionné qui ne croit plus (ou n’a jamais osé croire?) à l’amour, avec ses maximes toutes plus grinçantes les unes que les autres. La bande-annonce et le générique d’ouverture en témoignent joliment. Mathilde Seigner (sa conjointe dans le film), lui donne solidement la réplique -et le change-.
Il y a beaucoup d’action dans la maison! (version internationale de «beaucoup de chicane dans la cabane»!) L’histoire se déroule principalement à la résidence de campagne de la mère de la mariée (jouée par Miou-Miou). C’est filmé de façon toute simple mais efficace. Tour à tour, on rit, on réfléchit, on compatit, on s’indigne (un peu!).
Seul (gros) bémol: la fin. En fait, l’avant-fin! Parce que la fin-fin, la dernière minute, c’est ok! Ouverture sur l’avenir, croisée des chemins, ça va. Mais les 10 minutes qui précèdent, ça dérape grave, c’est n’importe quoi! Comme le film sort cette semaine, je ne vous raconterai pas cette fin, mais quelle déception. Moi, j’aurais terminé le film avec l’aube, très simplement. Sans revirement de situation. Mais visiblement, la réalisatrice ne partage pas cet avis! Tant pis!
Réal.: Valérie Guignabodet, France, 2003.
Soiree C’est Extra
Oui, ça l’est! (encore et encore!!!). Les soirées de musique française au Cabaret du Musée Juste pour rire. Ça doit bien faire à peu près 7-8 ans que ça existe (?), que j’y vais (mais beaucoup moins régulièrement maintenant) et c’est toujours un grand plaisir. J’y suis retournée ce week-end avec des amis, et pour l’initiation en règle de deux Français, rien de moins!
C’est d’abord une très belle salle pour un événement du genre. Avec la scène au fond et le grand plancher de danse au mileu, entouré d’un bar et de petits accotoirs. Et un petit balcon qui fait le tour, avec tables et chaises. Quand il y a trop de monde, par contre, c’est un peu difficile de danser (parfois même déplaisant) par moment. Ça joue du coude, ça pousse! Et j’avoue que moi, devoir me battre pour avoir du plaisir et danser à mon aise, ce n’est pas mon fort. Samedi, sur ce point, c’était gé-nial. Peut-être à cause de la température? Qui sait! Mais il y avait juste assez de monde pour un gros party, tout en pouvant s’exécuter en paix et en harmonie!
Ce qui est vraiment formidable, c’est l’espèce de sentiment de joie et de bonheur qui émane de la foule et des chansons. Genre: tout le monde il est beau, tout le monde il est heureux! Ça fait du bien de se retrouver comme ça à danser entre amis. On peut aussi se défouler, y aller gaiement, l’ambiance porte définitivement à la fête. Il y a aussi quelques prestations de participants inspirés et engagés, c’est très drôle.
Certains détestent ce genre de musique, moi j’adore. C’est tellement vivant, emballant, stimulant! Les Françoise Hardy, Jacques Dutronc, Joe Dassin, Dalida, Aznavour, Michel Fuguain, même la Cie créole, je vous dis! Et plein d’autres. You-hou! Ils ont ajouté depuis un an ou deux, des chansons québécoises. Des vieilles tounes de Ginette Reno, de Nanette, de Boule Noire, de Renée Martel. C’est féérique! Jamais je n’aurais imaginé danser un jour sur ces chansons là… Eh bien c’est fait! Ce fut de plus un grand plaisir. Et une réussite: les deux Français -j’ai nommé Viet et Loïc- ont apparemment bien aimé leur expérience. Et je vous confirme qu’il s’agit également d’un plus pour la soirée et les habitué(e)s, car ce sont d’énergiques et formidables danseurs et participants!
Petit bémol: c’est un peu cher. 8$ l’entrée et presque 2$ le vestiaire, l’alcool au prix normal. Mais quand on y danse intensément quelques heures, ça vaut la peine!
Au Cabaret du Musée Juste pour rire, 2111 rue St-Laurent près de Sherbrooke. cabaretmusichall.com pour l’horaire.
La face cachée de la lune
J’ai vu ce film l’année dernière à Ex-Centris et j’avais (depuis) très envie de le revoir. Ce qui est déjà un très bon signe, non? (hihihi!)
Je me suis donc trouvé un petit moment en fin de semaine pour m’exécuter. Quel bon et surtout quel beau film. Les films de Robert Lepage sont toujours très élaborés et un peu complexes. Celui-ci (probablement mon préféré, mais j’aime pas mal tous ses films) est beaucoup plus qu’un film, c’est une œuvre. Du début à la fin.
Depuis le tout premier plan de l’intro, les images de la Lune, les parallèles avec l’homme et les repères historiques, j’étais sous son charme. Il y a une très belle histoire, celle de deux frères et de leur relation (ou plutôt manque de relation). Ça parle de contrastes, de recherche de soi, de mort, d’évolution, de différence, de rapprochement et d’acceptation. Et en même temps, de la Terre, de la Lune, de l’Univers, de la place que chacun occupe. Tout au long du film, les plans se succèdent, chaque fois différents, faisant le pont de façon magifique entre deux idées, deux séquences d’images. Le film est ainsi une suite de tableaux, tout en conservant le fil de l’histoire et nous guidant à travers elle. RL utilise tout plein d’icônes ou objets pour ce faire, comme la forme de la Lune, le hublot d’une fusée, celui d’une machine à laver, la lumière, les étoiles, etc. Il y a même plusieurs effets visuels assez réussis. C’est très beau et très recherché. Je suis convaincue que chaque plan a fait l’objet d’un grand travail, d’une recherche, du souci total du détail. Et le résultat est à la hauteur, tout comme la trame sonore qui complète bien le film.
C’est très drôle. Un humour tantôt absurde, souvent auto-dérisoire, caustique. RL joue les deux rôles principaux de façon magistrale. Je suis tellement impressionnée par tout le talent de cet artiste, c’est incroyable. Il campe aussi bien le frère aîné, éternel étudiant un peu déconnecté que son cadet, un homosexuel parvenu, égocentrique et menteur. Les dialogues, surtout ceux entre les deux frères, sont délicieux. Je n’ai pas vu la pièce de théâtre (malheureusement), mais je suis certaine que c’est une transposition vraiment réussie).
Les couleurs sont très belles, très vives. Et il joue à l’occasion avec le noir et blanc des (fausses) images d’archives versus la réalité. Mais chaque fois c’est pertinent, disons. Et c’est ce qui rend l’ensemble vraiment bon et intéressant.
Histoire apparemment en grande partie autobiographique. Je rie encore juste à penser au plus jeune frère, et sa célèbre «Je parle fort, et je ne suis pas ridicule»! (J’aimerais tellement que ça fasse partie des choses tirées de la réalité!!!).
Réal.: Robert Lepage, Canada, 2003.
Mensonges et trahisons (et plus si affinites)
J’ai tout de suite été charmée (tout comme ma copine cinéphile Julie), par le générique du début. Magnifique! Des illustrations animées très design, très stylisées, dans des teintes de rose, de blanc, de gris, de noir. Au look très urbain et branché (je sais, je sais, quel mot utilisé à toutes les sauces et un peu vide, finalement… mais je n’ai pas trouvé mieux, spontanément!). Avec les noms qui apparaissent et disparaissent à travers les images qui défilent. Belle entrée en matière.
La suite est à la hauteur! (je blague!). Je dirais que l’intérêt premier du film réside dans le sujet (les relations amoureuses d’hommes et femmes dans la trentaine, les remises en question professionnelles, leur définition du bonheur et leur quête pour y arriver -ou non-) mais surtout dans la façon dont il est traité. Faute d’être original, donc, le sujet est présenté avec tellement d’humour, d’auto-dérision, de simplicité (dans les plans, le discours), de savoureux dialogues, et à l’aide de démonstrations inventives et rafraîchissantes, je trouve.
Et le tout repose en énorme partie sur Édouard Baer et sa formidable prestation en écrivain qui ne s’assume pas. C’est plus qu’un rôle à sa mesure, on peut presque dire que le film a été conçu pour lui. Marie-Josée Croze est très crédible (en architecte intègre et intransigeante) et donne une performance somme toute assez sobre et terre à terre. Le duo Kevin et Claire (Clovis Cornillac et Alice Taglioni), qui partagent la vedette avec les deux premiers, est également drôle et convaincant. Campant des rôles beaucoup moins réfléchis et beaucoup plus «droits au but», aux coudées franches! Tout le monde s’y retrouvera un peu, quelque part, soit à travers un personnage ou un autre, dans les travers d’un ou de plusieurs d’entre eux. Tellement universel, et c’est ce qui est drôle et attachant, qui nous rejoint et nous touche vraiment.
On parle de problématiques très sérieuses, mais de façon vraiment intéressante, très drôle, agréable même. Ce qui n’est pas toujours le cas, ça peut facilement verser dans la lourdeur. Et encore mieux: on ne se prend pas au sérieux. L’histoire avance sans qu’on sache jamais trop ce qui va arriver, un peu à la manière d’Édouard Baer et surtout propre à son personnage. La fin m’a plu. Une belle tournure d’événements. Et un peu d’optimisme sur l’avenir, ce qui est bienvenue. Le bonheur, faute de le vivre parfois, on a tous envie et même besoin d’y croire, non? Surtout quand c’est appuyé par la jolie voix de Carla Bruni…
Je retiens tout particulièrement l’explication ou plutôt l’origine de l’amour et des relations amoureuses selon Raphaël (EB). Caustiquement drôle comme théorie!
P.S. Valérie: tu me croiras si tu veux!, mais malgré le tout petit nombre de personnes présentes dans la salle pour la projection, Jul et moi nous sommes retrouvées assises derrière 2 jaseur-euse en puissance!!! incroyable (et de plus en plus!) mais vrai! soupir!!!
Réal.: Laurent Tirard, France, 2004.
Le decor – Stefie Shock
Le 2e cd de ce chanteur, compositeur et musicien. J’ai vu, revu et re-revu son premier spectacle (dont celui en première partie de Jean Leloup – un grand moment) et j’avoue avoir eu de grandes attentes pour le second.
Qui ne furent pas déçues. Les chansons (quoique un peu plus «accessibles», peut-être) sont plus «achevées», il me semble. Ou peut-être un peu plus fignolées? Les rythmes plus harmonieux, plus marqués. J’aime beaucoup les morceaux aux accents latins («Un homme à la mer», «Le décor», «L’amour dans le désert»). Un bel album qui s’écoute bien. Plutôt court (11 titres), mais on ne peut plus agréable. Un savant mélange de pop, de rock et de syntétiseur à la Plastic Bertrand, parfois. Ses textes sont intéressants, avec une poésie (relationnelle et sexuelle) plus légère.
J’aime sa façon de prononcer les mots (surtout les «R»), sa voix grave et simple, profonde. J’aime son intensité, son énergie communicative. Est-ce qu’on doit dire qu’il charle ou qu’il pante??? Pas clair! En tous cas c’est définitivement à mi-chemin entre la parole et la chanson, dans un univers qui lui est (de plus en plus) propre, mais qui emprunte inévitablement un peu aux Gainsbourg et Dutronc. J’aime aussi son côté un peu solennel ou sérieux mais intimiste en même temps. J’ai souvent l’impression d’être seule à écouter ses chansons… un sentiment un peu privilégié, on dirait.
Il est entouré de très bons musiciens. J’aime particulièrement la trompette, le trombone (dans «L’amour dans le désert», «Tout le monde est triste», «Le mile high club») et les percussions.
Je trouve que son petit air de pseudo-triste, pseudo-révolté, pseudo-je-m’en-foutiste lui va très bien, vient compléter harmonieusement le tout!
Sur Étiquette Atlantis, 2003.