The Incredibles

J’ai vu tout récemment le dernier gros film d’animation du genre (de la lignée des Toy Story, Bug’s Life, Monster Inc, etc.). C’est un de mes préférés. Quoique c’est souvent le cas pour ce genre de film: j’ai régulièrement un coup de foudre. Remarquez, j’ai vu y a pas très longtemps «Shark Tale/Gang de requins» et j’ai été déçue… mais passons! c’est une toute autre histoire!
«The Incredibles» porte très bien son titre. Ça l’est presque, incroyable! Tout en restant quand même «crédible», justement, puisque c’est en animation, c’est virtuel et donc «sky is the limit»! C’est ce qui m’a le plus accroché, je crois. Comme un «Spiderman» ou un «Superman», mais en tellement mieux, beaucoup plus beau aussi, et on ne risque pas de décrocher par l’invraisemblance puisque cette dimension n’y existe pas. J’ai vraiment embarqué dans l’histoire, qui est intéressante et je dirais même très élaborée pour ce genre de production.
Fait un peu bizarre aussi mais tout aussi positif: les personnages sont super bons (sans jeu de mots!), on croirait presque des comédiens qui tiennent des rôles, avec des personnages bien campés et assez définis. J’avoue que j’ai parfois eu la réelle impression qu’il s’agissait d’un «humain», comme dans le cas de la petit couturière haut de gamme, très technologique et assez basse sur pattes! Et l’ado frustré, même chose, on ne l’aime pas, on veut qu’il soit puni, faites-lui mal quelqu’un!. Aaaah! et puis tant pis!, je vous le dis, je vous fait un aveu: j’ai même trouvé Mr Incredible plutôt sexy! (quand il a retrouvé sa taille de super-héros, quand même!). Je suis incorrigible…
Cette fois-ci encore, j’ai été très impressionnée et presqu’éblouie par les «décors», l’animation, les couleurs. C’est tellement fascinant de voir le résultat et d’imaginer que tout ça a été créé de toutes pièces par de formidables imaginaires humains… wow! Et l’ouverture de la fin m’a fait très plaisir. J’ai déjà hâte!
The Incredibles, une production Disney/Pixar, 2004.

Run Lola run

Ce film-là a un peu transformé ma vision du cinéma, ou plutôt ma définition de celui-ci. Il a élargi mes frontières. Je me souviens d’être entrée dans la salle et d’en être ressortie un peu différente. C’est fou, hein?
Quel excellent film. Les comédiens sont vraiment crédibles (dont Franka Potente et Moritz Bleibtreu que nous avons revu plusieurs fois depuis). Le scénario est génial: une histoire assez simple (une jeune fille doit trouver beaucoup d’argent en quelques minutes pour aider son copain), mais que nous revoyons trois fois, avec trois différentes suites d’événements, de répercussions et donc trois différentes fins. C’est vraiment innovateur, avant-gardiste (en tous cas, ça l’était au moment de sa sortie!). Il y a également de formidables transitions de plans, parfois en dessins animés, parfois à l’aide de photos polaroid, etc. Le montage est tellement bon, très rythmé, électrisant. La trame musical se fond à merveille avec le film, en devient presque un personnage en soi, du moins un complément essentiel. C’est un mélange très éclectique de techno, de pop, de rock, etc.
Est-ce que j’ai dit que j’avais VRAIMENT BEAUCOUP aimé? (je voulais juste être sûre!).
Réal.: Tom Tykwer, Allemagne, 1998.

Le liseur

Un bon récit sur le surexploité sujet de la 2e guerre mondiale et tout ce qui s’y rattache de près ou de loin. Dans le cas présent, c’est bien écrit (ou en tous cas, si je me fie à la traduction -mea culpa!) et le récit est amené tout doucement, tout simplement, avec une force lente mais sûre. L’ensemble reste plutôt froid. Probablement à la façon d’un spectateur devant un tel récit. Et un peu à l’image des principaux personnages.
Le livre raconte l’histoire d’un jeune adolescent étudiant qui fait la rencontre (marquante) d’une femme dans la trentaine, en apparence plutôt banale. S’installe entre eux une drôle de relation, que le livre raconte. Et ils se perdent un bon jour pour se retrouver, plusieurs années plus tard, dans des circonstances pour le moins différentes. Et difficiles, tant pour l’un que pour l’autre. Une histoire de découverte, de sexualité, d’amour aussi. Qui parle des différences d’âge et de réalité sociale. De présent, mais aussi et surtout de passé… et de ses répercussions. Une histoire très touchante, on s’en doute un peu.
On entre dans le livre comme sur la pointe des pieds, on le traverse de la même façon, en s’attardant de plus en plus, et on en ressort les pieds biens à plat et la démarche un peu lourde. C’est la meilleure façon que j’ai trouvée pour l’expliquer (s’cusez-là!).
Et une fois de plus, je remercie Dr Sophie pour sa référence!
De Bernhard Schlink, aux éditions Gallimard, 1996.

The best of Vaya Con Dios

Bon! Comme je suis d’une honnêteté parfois déconcertante (ou alors que je manque totalement de respect humain, comme dirait ma maman chérie!), je me dois de vous raconter comment j’ai obtenu ce cd, non sans peine, non sans misère mais surtout… lors d’une fameuse «fois où j’ai eu l’air le plus fou!?!» (ne vous en faites pas, je n’en suis pas à une fois près, ma foi!).
Trève de préambule, donc! Je me rends chez Renaud-Bray, pour ne pas le nommer!, où je devais me procurer un dictionnaire et au passage, j’aperçois le département de la musique et me souviens alors que je cherche un cd. Je réfléchis donc: lequel?, et comme je ne suis pas trop sûre, je demande son aide à un jeune homme au comptoir: «Je cherche le cd d’un groupe espagnol, dont le nom commence par F», lui dis-je avec une assurance toute feinte mais non apparente -bien sûr!-, «et ils chantent principalement en français». «Hmmmmm!» me répond le jeune homme d’un air d’une grande perplexité -mêlée d’un certain agacement ou lassitude peut-être?, mais qui est tout à fait compréhensible dans les circonstances…
Après plusieurs recherches intenses, questions (de sa part) et absences de réponses (de ma part), l’incroyable jeune homme en vint MALGRÉ TOUT à trouver LA chose, d’une façon miraculeuse, et me dit avec un ton condescendant (mais justifié!) mêlé d’amusement (quand même!): «Alors voici, il s’agit d’UNE chanteuse, BELGE d’origine, qui chante PRINCIPALEMENT en anglais… et se nomme VAYA CON DIOS!» Et moi de lui répondre silencieusement de mon plus beau sourire. Plutôt gênée. Mais somme toute très satisfaite. C’est dans de tels moments que je remercie le ciel d’être d’un naturel aussi blême et de ne rougir qu’en de très très rares occasions.
Or donc, j’en viens au fait, au but même de ce billet: le cd en question. C’est vraiment un extraordinaire album. Un des rares où j’aime toutes les chansons et tous les arrangements. Il est si riche en rythmes de toutes sortes, plusieurs assez méditerranéens, tous très jazzés (petit clin d’oeil à mon frèrot en passant!), parfois mélancoliques («Johny»), parfois langoureux («What’s a woman?»)… avec même un petit côté «Gospel» fort agréable («Something’s got a hold on me»). Elle reprend donc plusieurs grands succès à sa manière, avec sa magnifique voix mi-claire mi-rauque, sensuelle, suave et très puissante. Un cd «passe-partout», qui s’écoute peu importe le contexte, le moment. J’a-do-re!
Je dédie d’ailleurs cette chronique à Julie L, qui me demande régulièrement le nom de cette artiste! hihihi!
Et un gros merci à ma bonne copine Dr Sophie pour m’avoir fait découvrir cette adorable espagnole qui commence par un F!(à noter: elle m’a seulement fait écouter la chose, c’est moi qui ai bien sûr inventé sa «fausse identité»).
Étiquette Ariola, 2001 (classé «Pop rock anglophone»!)

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

C’est par le livre portant ce très long titre plutôt surprenant et inhabituel que j’ai découvert celui qui allait devenir un de mes auteurs préférés (et qui nous a quittés l’an dernier, à mon très grand regret. J’attendais toujours son prochain livre… snif! snif! snif!): Jean-Baptiste Rossi, publié sous l’anagramme «Sébastien Japrisot» (merci papa!).
Et que j’ai lu d’une traite. Une nuit. Pour vrai! Je le juuuure! (comme dirait si bien ma nièce Justine). J’avoue qu’au début, j’étais perplexe, je trouvais le récit un peu difficile, un peu aride. Pas dans le sens de «langage inaccessible» ou de «descriptions lourdes et denses». Mais Japrisot (pour ceux et celles qui ne connaissent pas) a un style assez unique et original. Ses récits sont extrêment complexes, bien ficelés et toujours racontés de façon très spéciale. Par différents personnages. De différents points de vue, donc. De façon habile mais pas toujours évidente à suivre. Comme vous pouvez le constater, c’est un peu difficile à expliquer aussi! Dans «La dame…», il nous raconte l’histoire d’une femme qui arrive à une station-service pour utiliser les toilettes et qui soudainement s’effondre et au réveil, ne se souvient plus de rien. Ni qui elle est, ni pourquoi il lui arrive ce qui lui arrive et surtout pourquoi elle est dans cet état. Commence alors une longue quête (pour elle et nous) qui la mènera très loin et tout proche en meme temps.
C’est un roman policier. C’est tellement intéressant. Et mélangeant en même temps. Mais qu’est-ce que j’aime ça! Et on a l’impression à plusieurs endroits que l’auteur s’est trompé (ou peut-être suis-je la seule à oser le penser?) et on revient en arrière, on fouille, on constate qu’on s’est (bien sûr) trompée soi-même (et qu’on est donc un ti-peu NAÏVE, peut-être!?!), on continue, on veut savoir et on veut comprendre.
L’intérêt premier de ce livre (et de plusieurs de ses livres) est pour moi cette façon qu’il a de raconter l’histoire. La façon de bâtir son récit. Comme un casse-tête, mais toujours différent. J’aime aussi son style un peu froid.
Note: Je reviendrai sur d’autres de ses livres plus tard. En attendant, j’ajoute que plusieurs d’entre eux ont fait l’objet de films par la suite (dont «La dame…») et dont «Un long dimanche de fiançailles» qui prend l’affiche bientôt (réalisé par Jean-Pierre Jeunet, avec entre autres Audrey Tautou). Je vous en reparle…
Aux éditions Denoël, 1977.